Mark Knopfler : 70 ans et toutes ses… grattes

Le guitar-hero fête ses 7 décennies aujourd’hui. Plutôt que de retracer sa carrière bien remplie, et l’ayant déjà fait en partie il y a 2 ans pour franceinfo, j’ai préféré m’attarder sur les différentes guitares qu’il a utilisées au cours de sa vie. Nulle prétention d’être exhaustif, seulement un aperçu des plus emblématiques.

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Les guitares de Mark Knopfler en studio en 2014 © Guy Fletcher

Introduction

Impossible pour ma part de dresser un listing complet et détaillé de toutes les guitares utilisées par Mark Knopfler. Surtout que cela n’offrirait que peu d’intérêt, car au moins deux sites l’ont déjà fait, et très bien :

C’est pourquoi j’ai choisi de présenter une vue globale de la carrière du guitariste, pour en dégager les grandes périodes en matière de choix d’instruments, qui d’ailleurs sont allés de paire avec la direction musicale prise à chacun de ces grands chapitres d’une discographie foisonnante. Il s’agit donc d’un coup de projecteur sur les guitares principales de Mark Knopfler, en laissant volontairement de côté les plus anecdotiques.

1960-1976 : Les jeunes années, avant Dire Straits

Adolescent, Mark Knopfler a pour idole BB King, Elvis, Chet Atkins ou encore Hank Marvin. C’est d’ailleurs en référence à ce dernier qu’il veut à tout prix une Stratocaster rouge.

« It had to be red »

Son père ne peut lui offrir qu’une réplique Hofner Super Solid V2, et encore, en contrepartie de ne pas partir en croisière scolaire. On peut voir cette guitare dans le livret de l’album Kill to get Crimson, sorti en 2007, et dont le thème central des chansons évoque beaucoup les années 60.

C’est la première guitare présentée dans le documentaire “Guitar Stories”, diffusé sur Sky Arts en 2012 (cliquez ici pour voir le documentaire en entier) :

Bien que gaucher, Mark apprend à jouer de la guitare en droitier, un peu sous la pression des professeurs de musique, ou de sport (l’apprentissage académique du tennis se fait également en droitier), et aussi un peu parce que sa sœur Ruth lui a fait remarquer plus jeune, qu’il tenait sa guitare fictive (une raquette de tennis justement) à l’envers.

Au début des années 1970, Mark fait l’acquisition de 2 guitares National. Elles le suivront tout au long de sa carrière. Plus d’explications dans cet article détaillé, entièrement consacré à cette guitare devenue plus que célèbre.

Sa guitare électrique suivante, avec laquelle il commence réellement à jouer dans des groupes, est une Gibson Les Paul Special de 1959, rouge toujours. Il l’utilise notamment avec Brewers Droop en 1973 ou les Café Racers en 1976 :

Mais un an plus tard, alors qu’il vient de fonder Dire Straits avec son frère David, John Illsley et Pick Withers, bien qu’il va essentiellement jouer sur Stratocaster comme on va le voir, la Les Paul Special est encore de la partie, notamment sur scène, comme par exemple lors du tout premier concert du groupe derrière Farrer House à Depford, en juillet 1977 :

Ou pour le concert au Clapham Common bandstand, le 10 septembre 1977 :

On dispose de peu d’infos sur cette période, mais la guitare était jouée en live a priori sur Setting me up. La version studio de l’album ressemble plus à une Telecaster. En revanche, la version demo (automne 77), pourrait bien être la Les Paul Special :

1977-1980 : Débuts de la célébrité, avec les Fender

Après ces prémices, Mark Knopfler démarre vraiment sa carrière musicale en 1977 avec Dire Straits. Et la guitare qui va lui être associée, autant sur le plan visuel que sonore, est une Stratocaster, et bien évidemment, de couleur rouge.

Mais pour être tout à fait exact, il s’agit en fait de deux Stratocasters, et qui plus est, dont l’une n’est pas rouge à l’origine !

  • La première sans doute acquise fin 76 ou début 77 est un modèle fiesta red de 1961, à touche palissandre, finition naturelle. Elle est repeinte en rouge à l’été 1978.
  • La deuxième, que Mark n’achète que vers fin 77 est un modèle hot red de 1962, à touche érable (manche deux pièces : érable + touche érable, pas un manche une pièce). Il semble que cette guitare a été customisée et ré-assemblée à partir de différents éléments, avant que Mark ne se la procure. Le luthier John Suhr emmétra plus tard des doutes quant à l’authenticité de certaines parties de la guitare, suspectant que quelques composants auraient pu être de copie japonaise. Mark en sera très déçu et s’en séparera à la fin des années 80, pour une vente aux enchères à but caritatif.

La particularité de ces 2 Stratos est que Mark échangeait régulièrement la plaque avec les micros, de l’une à l’autre. Ce qui explique que parfois on y voit le bouton de volume noir, et parfois non. Pour plus de détails sur cet aspect, l’article d’Ingo Raven examine en profondeur les différents mois de la période 77-80, et dresse un agenda d’utilisation de l’une ou l’autre de ces 2 Stratocasters, suivant les concerts. J’avais déjà évoqué ceci dans mon article sur Sultans of swing.

Deux vidéos emblématiques de cette période :

  • L’émission “Chorus” sur Antenne 2, en octobre 1978, avec la palissandre 1961 :
  • L’émission “Rockpalast” sur la WDR (télé allemande) en février 1979, avec la 1962 érable :

1980-1983 : Envol au firmament, guitares “de rêve”

Au printemps 1980, Mark s’installe à New York, y rencontre Rudy Pensa, et s’équipe en guitares Schecter dites “dream machine”. Au départ dans les années 70, la firme Schecter ne proposait que des pièces détachées pour instruments Fender. Puis elle s’est mise à fabriquer ses propres guitares, basées sur des spécifications de haute qualité : le bois, les mécaniques, l’électronique, etc…

Les années 80 sont devenues les années des “super strats”, et les modèles Schecter font partie de cette mouvance tendant à rejeter le vintage, pour privilégier une vision plus moderne de la guitare électrique en général, et des Stratocasters et Telecasters en particulier.

C’est ainsi que Mark fait l’acquisition de plusieurs Straocasters et Telecasters Schecter

Les micros F500T offrent un gain supérieur à celui des Fender, et la Strato Sunburst va lui donner ce son légèrement plus épais, plus rond, qui sied parfaitement aux couleurs de Tunnel of love et Telegraph road. La direction plus rock de Making Movies par rapport aux deux premiers opus n’est pas étrangère au changement de guitares, et les Schecter font entrer Mark et Dire Straits de plein pied dans l’ère des années 80, au son taillé pour les concerts en stades bondés.

Parmi la panoplie qu’il se confectionne en 1980, deux Stratocasters vont plus particulièrement occuper le devant de la scène, jusqu’en 1986 :

La Sunburst “Tobacco”

volée avant le début de la tournée On location qui débute à l’automne 80, elle est remplacée quelques semaines plus tard par un modèle quasi-similaire, avec 2 petits détails différents : pas de repère sur le manche (alors que l’originale en avait) et la prise jack sur la tranche (comme sur une Telecaster)

La “Candy apple red”

parce qu’il fallait bien garder la tradition de la Strato rouge. Au départ équipée de ses micros d’origine F500T (noirs), elle reçoit des Seymour Duncan, sans doute au printemps 81. Au concert de Dortmund en décembre 80, on peut voir encore les micros noirs, à celui de Werchter en juin 81, ils sont blancs.

La photo ci-dessous montre les guitares lors des sessions d’enregistrement de l’album Love over gold (1982). On note que les 2 Fender des débuts, ainsi que la Les Paul Special sont toujours présentes. Cela ne signifie pas pour autant qu’elles aient été utilisées sur l’album.

De gauche à droite : Les Paul (Hal Lindes?), National Style O, blue Schecter Strat, black Schecter Tele, blue Fernandez Strat with Seymour Duncans, Fender Telecaster Custom sunburst, Fender Stratocaster red 68354, Schecter Strat red#2, Schecter Strat sunburst, Schecter Strat red#1, Gibson jazz guitar, Fender Stratocaster red 80470, Les Paul Special, Erlewine Automatic, Ovation Adamas 12 string, white Fender Stratocaster 1959 (Hal Lindes), Ovation Adamas

Sur cette photo, on aperçoit 2 Stratos Schecter rouges, l’une avec des micros noirs, l’autre avec des micros blancs. Il y a fort à parier que Mark avait acheté 2 exemplaires pour en avoir une de secours, et qu’il n’a fait changer les micros que sur l’une. Et d’ailleurs, Hal Lindes joue celle avec les micros noirs sur Alchemy (plus de précisions dans cet article d’Ingo Raven). Mais il est certain que c’est bien la même guitare qu’on voit au concert de Dortmund ou sur le clip de Tunnel et love, et au concert de Werchter et bien sûr d’Alchemy.

En effet, c’est LA guitare emblématique d’Alchemy. Celle qui illumine Once upon a time in the west, Expresso love, Sultans of swing, Going home, et sans doute Twisting by the pool (même si ce morceau n’apparaît pas dans la vidéo du concert). Avec la Sunburst, ce sont les 2 guitares stars de ce live mythique, et qui restent encore aujourd’hui, associées à l’apogée musicale de Dire Straits.

Enfin, la Telecaster noire, elle aussi Schecter, est jouée sur Solid Rock, depuis 1980. Elle a également été utilisée sur les premières versions de Telegraph Road en 1981, et sera accordée en open de sol pour Two young lovers sur la tournée australienne de 1986.

A cette même époque, une autre guitare qui reçoit également les faveurs de Mark est la Gibson Chet Atkins à cordes nylon, guitare très présente sur la tournée Love over gold, ainsi que sur la tournée suivante, Brothers in arms.

1985-1986 : La quintessence des eighties

En 1984, les 2 petites nouvelles qui arrivent en tête de gondole sont :

  • Une Les Paul 1984 reissue 59 (avec le numéro de série à sa date de naissance : 12849), utilisée sur Brothers in arms et Money for nothing (avant d’être remplacée par la Steinberger)
  • Une Telecaster rouge vermillon, emblématique de Walk of life (elle figurera aussi sur Cannibals durant la tournée 2008, et on peut l’entendre également sur la B.O. du film Cal en 1984)

La Les Paul au Live Aid en juillet 85 :

Si Brothers in arms reste encore aujourd’hui un album emblématique des eighties, les guitares qui ont servi sur l’album, puis qu’on voit sur les clips, et ensuite en tournée, sont dans la lignée de ce son résolument “moderne” (à l’époque), qui tourne le dos à l’analogique et au vintage, pour aller vers encore plus de précision, de “propreté”, certains diront de “froideur”.

Sur la tournée Brothers in arms, outre les Schecter encore très présentes, on voit apparaître des guitares typiques des années 80 : Une Steinberger GL-2, sa première Pensa R-Custom contrôlant le synclavier, une nouvelle Strato blanche Schecter assemblée par John Suhr, mais arborant le logo Fender sur la tête, …

Le concert de charité du Prince Trust de 1986 va marquer la fin de cette ère en matière de choix de guitares.

1988-1993 : Parenthèse et come-back, guitare de luthier

Après la tournée 85-86, Mark Knopfler s’offre une parenthèse musicale en collaborant avec divers artistes, et reviendra avec Dire Straits pour un ultime album et une dernière tournée en 1991-1992. Question guitare, c’est sa période “Pensa-Suhr

La quête du son parfait et sans aspérités culmine avec cette guitare, mythique pour beaucoup de fans, et associée à l’image de Knopfler, par son caractère unique : La Pensa-Suhr MKI qui tire son nom du fait qu’elle a été dessinée et assemblée par le luthier John Suhr, et fabriquée dans l’atelier de Rudy Pensa, vendeur de guitares new-yorkais avec qui Knopfler s’est lié d’amitié aux cours des années 80.

« The best guitar I ever played »

Pendant longtemps, Knopfler a clamé haut et fort que c’était “la meilleure guitare sur laquelle [il] ait jamais joué”. Elle fait sa toute première apparition le 5 juin 1988 au concert de charité du Prince’s trust

Mais c’est quelques jours plus tard, le 11 juin pour les 70 ans de Neslon Mandela (l’âge de Knopfler aujourd’hui), qu’elle va devenir l’instrument star du guitariste, et ce pour plusieurs années.

Knebworth en 1990 :

Le rack des guitares de Mark Knopfler pendant la tournée On every Street (1991-1992) :

De gauche à droite : Godin L.R. Baggs Tele E/Acoustic, Ramirez classical guitar, National Style O, Pensa-Suhr flamed, Pensa with three single-coils, Schecter Tele, Schecter Strat red, Schecter Strat white

En 1991, l’album On every Street et la tournée mondiale qui suit font encore la part belle à cette guitare. Elle est de quasiment tous les titres, aussi bien en son clair que saturé. C’est la guitare polyvalente par excellence, et à ce stade-là, on imagine mal Mark s’en séparer.

1994-2002 : Débuts en solo, retour au vintage

En 1993, Mark Knopfler décide une bonne fois pour toutes que la grosse machinerie Dire Straits ce n’est définitivement pas fait pour lui. Il aspire à une carrière solo tranquille, loin des sunlights, et souhaite se consacrer à ce qu’il sait faire le mieux : écrire des chansons. Ce besoin d’authenticité, de sincérité artistique, s’accompagne d’un retour à des instruments vintage. Il faut dire qu’en cette moitié des années 90, la mode du grunge bat son plein, et on voit de nombreux artistes en quête d’un retour aux sources, ainsi que plusieurs guitaristes “old school” revenir à leur matos d’avant : Gilmour ressort sa big muff et met au placard ses distos boss des eighties, Lenny Kravitz enregistre sur des veilles consoles, beaucoup de musiciens louent à nouveau le fait de jouer “live” en studio… les boites à rythmes et synthétiseurs ont fait leur temps et un peu lassé le public. L’enregistrement entièrement numérique n’est plus forcément la norme, et on se remet à jouer ensemble dans la même pièce en studio.

Mark Knopfler s’inscrit totalement dans cette direction, et débute sa carrière solo avec des couleurs sonores plutôt éloignées de la perfection de Brothers in arms : Des instruments celtiques, des rythmiques enregistrées en analogique, et des guitares dont le bois a vieilli, mûri, et s’est bonifié comme du bon vin.

Les Paul 58 & 59

En 1994, il fait l’acquisition de 2 Les Paul : une de 58, l’autre de 59. Des guitares qui valent une fortune, car elles font partie de l’âge d’or de Gibson. Depuis Jimmy Page en 69 sur l’album Led Zepellin II, une Les Paul standard 1959 dite “burst” (pour qualifier le sunburt original qui a vieilli) est devenu l’instrument rock par excellence, et le Graal de nombreux collectionneurs. Aussi bien pour la qualité des bois, que les fameux micros PAF, ce sont des instruments d’exception qui ont fait la renommée de la marque Gibson, à travers des artistes comme Peter Green, Gary Moore, Mick Taylor, Keith Richards, Paul Kossof…Mark Knopfler vient se rajouter à la liste prestigieuse des guitaristes jouant sur une Les Paul de ces années d’excellence (58, 59 et 60). Cette guitare devient sa préférée sur sa première tournée solo, au point qu’il en joue sur presque tous les titres et même des anciens qu’il jouait auparavant sur Stratocaster, comme The bug ou Going Home, et même Wild Theme.

Stratocaster 1954

Une guitare encore plus ancienne vient s’ajouter au cheptel : une Stratocaster sunburst de 1954, la première année de fabrication de cette guitare révolutionnaire. Mark la surnomme la “jurassic strat”. On l’entend sur I’m the fool. Elle deviendra sa guitare fétiche pour son jeu au mediator, dans le plus pur style Hank Marvin (lire mon article détaillé sur le sujet) : Camerado, You don’t know you’re born, Our Shangri-La, Everybody Pays, Summer of love…et également So far away sur certaines tournées.

Stratocaster 1964

Ce retour au vintage se poursuit en 2000 avec une nouvelle Stratocaster Fender : un modèle de 1964, de couleur blanche, avec la plaque à la teinte verte assez marquée. Cette guitare est utilisée sur Sailing to Philadephia et The last laugh. Plus récemment elle est devenue la guitare dédiée au slide (Gater blood, Mighty man, Lights of Taormina, Just a boy away from home…)

Stratocaster 1961

Enfin, même si la Pensa-Suhr MKI est encore présente en 1996 sur Sultans of swing et Telegraph road, et même si une nouvelle Pensa (avec 3 micros simples) vient la rejoindre, le désir de Mark de revenir aux origines ne fait plus aucun doute, lorsqu’on assiste au comeback de la Stratocaster Fender de 1961 sur What it is, ainsi que sur Wild theme sur la tournée 2001. Elle a été repeinte, et le bouton de volume noir a disparu. La guitare iconique de Mark Knopfler / Dire Straits a repris ses atours originels.

On peut noter qu’elle apparaissait déjà en 1996 sur A night in London, mais seulement sur un pied au fond de la scène…en élément de “décoration”…. preuve en tout cas qu’elle avait repris une place de choix dans le cœur de Mark. Il semblerait même, d’après l’ouvrage tutoriel MK guitar styles que ce soit elle qu’on entend sur la version studio de On every street, mais il n’est pas précisé si c’est sur les phrases solistes, ou les arpèges de fin.

Un fait assez particulier dans l’histoire des guitares de Mark : pour le clip vidéo de Golden Heart, il semble que ce soit la Strato Schecter Candy Apple Red (corps + manche) mais avec une plaque Fender ! Il se pourrait que ce soit justement la plaque de la Strato Fender de 1961. On peut émettre l’hypothèse qu’aux alentours de 1996, Mark a l’idée de revenir à une “ancienne” guitare de sa collection, et comme il le faisait en 78-79, il mixe la plaque de l’une (la fender 61) avec le corps et le manche d’une autre (en l’occurrence la schecter 80).

A noter que sur A night in London, il joue Going Home sur la Schecter, et que la Fender est visible sur l’arrière de la scène. Sans doute que son cœur balance entre les 2, de même que pour le clip de Golden Heart. Finalement, il fera le choix d’abandonner la Schecter (qui reviendra dans les mains de Richard Bennett sur The fish and the Bird en 2008) en jouant Going Home sur la Les Paul pour le reste de la tournée, et il offre à la Fender 61 son grand retour sur la tournée 2001, pour What it is et Wild Theme.Mais cette guitare ne va pas rester en l’état. C’est elle qui va servir d’étalon référence pour le modèle signature de chez Fender.

2003 : La consécration, le modèle signature Fender

Lorsqu’en en 2003, Fender sort la “Stratocaster Mark Knopfler Signature”, notre homme n’en est pas à sa première guitare portant son nom. Deux ans plus tôt, la firme Martin, spécialisée dans les guitares acoustiques, lui a confectionné un modèle personnalisé, la MKHD40, qui a servi d’inspiration principale pour l’album The Ragpicker’s dream. C’est par exemple cet instrument qu’on entend sur, entre autres, Marbletown.Mais la Stratocaster représente vraiment la consécration pour Mark : lui qui enfant “respirait” le catalogue Fender, ou léchait les vitrines à Newcastle, rêvant devant des Stratos rouges… voit dorénavant une de ces guitares portant son nom. On ne peut espérer plus bel accomplissement pour un guitariste.

Promo Fender de 2005

2005-2015 : Mélange de modèle Signature, guitares vintage, et de luthier

Dès lors, ce modèle signature devient sa Stratocaster principale à partir de la tournée 2005, jusqu’à encore aujourd’hui. Pendant la première moitié de la tournée Shangri-La, il l’utilise même sur Telegraph Road, avant de passer à une nouvelle Pensa Custom MK2 Plus à partir du concert de Milan.

Parallèlement, il continue de jouer sur des guitares vintage comme la Les Paul 58, et la “jurassic Strat” de 54. Côté Pensa, encore un nouveau modèle qui voit le jour sur la tournée 2013 : La Pensa MKD, qu’on peut voir sur Kingdom of gold. Sur la tournée actuelle, elle est jouée sur My bacon roll et Nobody does that.

2016 : Le modèle signature Gibson

Après avoir eu son modèle signature chez Martin et Fender, Mark Knopfler voit en 2018 le deuxième grand nom de la guitare électrique lui offrir une guitare avec son patronyme : la Les Paul MK58, basée sur son exemplaire de 1958. Il l’utilise pour la première fois lors du gala donné en l’honneur des 80 ans de Bill Wyman, fin 2016, où il joue un morceau inédit, Playtime deluxe :

Pour celui qui disait que “Fender et Gibson sont les deux plus beaux mots de la langue anglaise”, quoi de plus honorant que d’avoir un modèle de guitare signature pour chacune de ces marques légendaires ? Il nous la présente dans cette interview, en deux parties :

2019 : Efficacité et pragmatisme, plus de vintage en tournée

Sur la tournée actuelle, le moins que l’on puisse dire est que Mark Knopfler ne fait plus dans le vintage… Uniquement pour le côté pratique ? Outre le fait d’être passé sur l’émulateur Kemper en remplacement de véritables amplis, il joue exclusivement sur des guitares “récentes” : Strat signature, Les Paul signature, Pensa… même la mythique National a été remplacée par une Dobro, plus légère et sans doute plus facile à jouer. Seule exception, une autre National, de type Duolian, sur Done with Bonaparte

D’aucuns diront que l’important n’est pas l’instrument mais le musicien, que ce n’est pas la guitare qui fait le son, mais les doigts du guitariste… Certes (et encore que, le débat est plus complexe que cela), mais pour une tournée annoncée comme une révérence, on était en droit d’attendre de voir monsieur Knopfler jouer avec les véritables guitares qui ont construit sa légende. Espérons que justement cette tournée n’est pas vraiment la toute dernière, et qu’on reverra un jour dans les mains du guitar-hero, un de ces instruments mythiques qui ont contribué à forger ce son, ce touché, ce style, que nous aimons tant.

En résumé, les guitares principales de Mark Knopfler

  1. Fin années 70, débuts de Dire Straits : Stratocasters et Telecasters Fender
  2. Années 80, Dire Straits au firmament : Stratocasters et Telecasters Schecter, et Les Paul
  3. Fin années 80, début années 90 : Pensa-Suhr MKI
  4. Seconde moitié années 90, débuts en solo : Les Paul 58, puis retour de la Fender originale
  5. Années 2000 : Stratocaster Fender modèle signature, Les Paul 58, et Pensa
  6. Seconde moitié années 2010 : Stratocaster signature, Les Paul signature, et Pensa

Parallèlement à ces guitares électriques, Mark Knopfler est resté fidèle à la guitare National … jusqu’en 2015 … mais pas pour sa dernière tournée de 2019

Photo en-tête

Sessions d’enregistrement de l’album Tracker, février 2014 © Guy Fletcher

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Les guitares de Mark Knopfler en studio en 2014 © Guy Fletcher

Légende, de gauche à droite (à noter que la photo date de 2014, et par conséquent ne prend pas en compte les enregistrements ultérieurs) :

  • 1964 Fender Stratocaster : Sailing to Philadelphia
  • 1954 Fender Stratocaster : Heart full of holes/Fish and the bird/Punish the monkey/Behind with the rent/Let it all go/We can get wild/Remembrance day/The car was the one/I used to could/A quality shoe/Two skinny kids/Everybody pays/Summer of love/Shangri-la
  • Mark Knopfler Signature Stratocaster : Redbud tree/Occupation blues
  • Pensa MK ‘D’: live on Kingdom of Gold
  • Grosh Electrajet : Yon two crows/Piper to the end
  • Gibson ES330 : Madam Geneva’s/Behind with the rent (année précise inconnue, car pas de numéro de série)
  • 1959 Gibson ES 335 : Baloney again/One more matinee/Wag the Dog
  • 1959 Gibson Les Paul Standard : The scaffolders wife/Let’s see you
  • 1958 Gibson Les Paul Standard : So far from the Clyde/Before gas and Tv/Cleaning my gun/You can’t beat the house/Remembrance day/Dream of the drowned submariner/Yon two crows/Follow the ribbon/Today is OK/Hot or what/Why aye man/You don’t know your born/Speedway at Nazareth/5:15am/Back to Tupelo/Whoop de doo/The trawlerman’s song
  • Gretsch 6120 : In the sky/Punish the Monkey/The fizzy and the still/Hard shoulder/Yon two crows/Seattle

Sources

© Jean-François Convert – Août 2019

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