‘Love over gold’ de Dire Straits sortait il y a 40 ans

Le 24 septembre 1982 arrivait dans les bacs ce quatrième album de Dire Straits. Le plus abouti de toute la carrière du groupe.

N.B. la page française Wikipedia donne le 20 septembre 1982 comme date de sortie. Mais le 24 septembre indiqué sur la page anglophone me semble plus probable, d’autant que le 24/09/1982 était un vendredi, jour de sortie des disques.

Un album né en partie sur scène

Avant d’arriver à l’aboutissement de ce disque en 1982, Dire Straits a fortement évolué depuis ses débuts à la fin des années 70. D’un quatuor de pub-rock inspiré par le blues, la country et le laid-back de JJ Cale au mastodonte pop-rock-eighties qui remplira bientôt les stades avec son best-seller Brothers in Arms en 1985, il y a un gouffre qui n’a pas été franchi en un jour. Sur le plan musical, beaucoup (dont l’auteur de ces lignes) situent l’apogée du groupe sur la tournée 1982-83, immortalisée par le live Alchemy, sorti en 1984. Et cette tournée fait suite à l’album Love over Gold, sans aucun doute le plus travaillé de toute la carrière de Dire Straits et peut-être même de Mark Knopfler. Il le disait d’ailleurs lui-même déjà à l’époque de sa sortie :

« un album un peu trop travaillé »

Mark Knopfler
Mark Knopfler aux studios Power Station à New York lors des sessions de l’album Love over Gold

Cette façon de concevoir la musique, élaborée, complexe, avec des arrangements à tiroirs, est en fait apparue sur la tournée précédant l’enregistrement de l’album. En 1980-81, le On Location Tour qui suit la sortie de Making Movies est un terrain d’expérimentations musicales quasiment sans limites (sur l’échelle musicale de Dire Straits s’entend). Aidé d’Alan Clark aux claviers, Mark Knopfler teste toutes les idées qui lui passent par la tête : des rajouts d’intros qui sont de véritables petits morceaux en eux-mêmes, des ponts entre les chansons avec des suites d’accords composées spécialement pour l’occasion, des changements de rythmes, d’harmonies… cette tournée est souvent qualifiée de « chainon manquant » entre le Dire Straits des débuts et celui de Love over Gold / Alchemy.

En écoutant des bootlegs de 1980-81, on a parfois l’impression d’entendre une sorte de répétition pour l’avènement de ce qui va suivre. Et ce n’est pas un hasard si Telegraph Road nait à ce moment-là. De même que la seconde partie de Private Investigations. Mais plus que des morceaux, c’est un état d’esprit qui se crée sur le On Location Tour : sortir du schéma classique couplet-refrain-solo pour aller vers des pièces plus élaborées. Un style qui rappellerait presque le rock progressif.

Presque du prog-rock mais pas tout à fait

Le rock progressif au début des années 1980, autant dire que c’est passé de mode depuis un moment. Le mouvement punk est passé par là depuis 1976-77 et l’heure n’est plus aux longues symphonies rock. Il faudra attendre quelques années plus tard pour voir le « neo-prog » avec par exemple Marillion ou dans un registre lorgnant plus vers le metal, Dream Theater. Mais pour l’heure, le post-punk et la New Wave occupent les ondes. Les synthétiseurs et boites à rythmes sont souvent plus présents que les guitares, et à part quelques exceptions, la majeure partie de la production musicale qui se vend en masse est sur du format court avec mélodies pop et refrains « catchy » qui trottent dans la tête.

Mark Knopfler aux studios Power Station à New York lors des sessions de l’album Love over Gold

Dans ce paysage des eighties, Dire Straits va une nouvelle s’afficher à contre-courant. Le groupe, qui s’était déjà illustré comme atypique en jouant des mélodies ciselées et des guitares cristallines en plein mouvement punk, prend les années 80 à contre-pied en proposant un album avec seulement 5 morceaux dont le plus court dure près de 6 minutes ! Knopfler fait fi du courant dominant qui pousse aux chansons formatées pour les radios libres émergentes, et produit des morceaux qu’on pourrait presque apparenter à ce qui se faisait 10 ans auparavant, lorsque le prog-rock était à son apogée.

Il faut insister sur le « presque ». Même si de longues pièces instrumentales et des morceaux qui dépassent le quart d’heure évoquent inévitablement le rock progressif et que Knopfler s’est indubitablement inspiré de ce courant, il n’en demeure pas moins que la musique de Dire Straits ne va pas aussi loin que celle de Genesis, Yes, King Crimson ou Pink Floyd. On reste dans des mélodies et harmonies « classiques », on ne s’aventure pas sur des métriques biscornues ou des consonnances jazz-rock et encore moins contemporaines.

Mais c’est justement tout le talent de Mark Knopfler et son groupe : nous faire ressentir une ambiance épique semblable à une musique de film tout en restant dans des sonorités familières pour l’auditeur lambda. À l’inverse de certaines œuvres des groupes précédemment cités qui pouvaient aller dans des contrées musicales ardues, nul besoin d’être érudit en musicologie pour apprécier la musique de Dire Straits. Un album comme Love over Gold semble avoir réussi la synthèse d’une œuvre exigeante et en même temps accessible pour le public de masse.

Cette couleur cinématographique de la musique donnera une expression que les critiques musicaux vont utiliser de plus en plus : le « rock atmosphérique ». Voilà le style souvent évoqué pour cet album. Et pour retranscrire ce genre d’ambiance, difficile de se passer des nouvelles technologies.

À la pointe de la technique

1982 est l’année officielle de la naissance du CD. Dire Straits en deviendra un des meilleurs promoteurs trois ans ans plus tard avec l’album Brothers in Arms et la tournée sponsorisée par Philips. Mais déjà sur Love over Gold, le groupe utilise les équipements dernier cri afin de restituer ce son enveloppant, digne d’une bande originale de film qui aurait été enregistrée par un orchestre philarmonique. Dès l’ouverture, des bruitages d’orage et des synthétiseurs nous immergent totalement dans un espace autant sonore que visuel. On n’est plus en présence de simples claviers, orgue ou piano, comme c’était le cas sur Making Movies. Alan Clark est même secondé par Ed Walsh crédité à la programmation des synthétiseurs :

Aujourd’hui, l’image du verso de la pochette peut nous paraitre bien désuète avec son écran type MS-DOS évoquant des souvenirs de premiers jeux vidéo ATARI, mais à l’époque c’était sans doute le nec plus ultra de la technologie en studio. Il est amusant de noter que les rééditons CD chez Warner Bros. (distribution sur le marché américain) ont rajouté un petit laïus sur les musiciens :

Un album au son « pur » qui vaudra à Dire Straits et Mark Knopfler une image de perfectionniste : la batterie de Telegraph Road est par exemple enregistrée en deux fois, car Pick Withers ne parvenait pas à garder la même intensité sur la caisse claire tout le long du morceau, selon les dires de John Illsley. Une image confortée par la production numérique de Brothers in Arms. En matière de production, Love over Gold est d’ailleurs le premier album entièrement produit par Knopfler seul (Making Movies avait été co-produit avec Jimmy Lovine).

Enfin seul aux commandes, le songwriter-guitariste peut laisser libre cours à toute sa créativité et inscrire totalement sa vision musicale à travers les cinq morceaux qui constituent le disque.

L’album chanson par chanson

Comme d’habitude, vous pouvez retrouver la liste de toutes les parties de guitares, que j’ai rédigée sur le site d’Ingo Raven

Telegraph Road

Le morceau le plus complexe de toute la carrière de Mark Knopfler. Et mon préféré.

► Retrouvez ma chronique détaillée « à la loupe » sur cette chanson

© Denys Legros

Private Investigations

La seule chanson de l’album à bénéficier d’un clip.

► Retrouvez ma chronique détaillée « à la loupe » sur cette chanson

Industrial Disease

En 1982, on ne parlait pas encore de « burn-out » dans le milieu professionnel. Knopfler pointe du doigt cette « maladie industrielle » qui touche les employés exploités par les tenants d’une productivité exacerbée en ces années de l’ère Reagan et Thatcher. Avec son écriture jamais directe mais toujours par allusions parfois à double sens, le songwriter nous évoque également les dangers d’une industrialisation exponentielle et cette « maladie industrielle » pourrait tout aussi bien être un écho aux dangers du nucléaire… quatre ans avant la catastrophe de Tchernobyl.

Sur ce playback à la télévision allemande, Mark arbore sa Schecter Stratocaster Candy Apple Red mais sur l’enregistrement studio il s’agit de L’ Erlewine Automatic surnomée « The Pig » par le guitariste. Il s’agit d’une guitare fabriquée à la main par Mark Erlewine d’Austin au Texas, qui a également construit la guitare « Lazer » pour Johnny Winter, ou des modèles pour Billy Gibbons de ZZ Top (notamment la fameuse Chiquita). Les effets sont sans doute une Wah-wah et un phaser. Mark joue également une autre guitare sur le canal gauche.

Une photo de la guitare, dédicacée par Mark © erlewineguitars.com

Love Over Gold

La chanson-titre est un petit bijou mélodique avec des arrangements taillés au cordeau. Mark joue vraisemblablement sur une Ovation à cordes nylon tout comme sur Private Investigations (en concert ce sera la Gibson Chet Atkins pour ces morceaux). Mike Mainieri apporte sa touche au vibraphone et marimba, notamment sur le final qui ne sera pas reproduit en concert.

Les paroles quelque peu déchirantes font suite à la fin de la relation amoureuse entre Mark et Holly Vincent. Cette histoire avait déjà inspiré au songwriter la chanson Romeo and Juliet. Tandis que cette dernière décrivait un éternel romantique ne pouvant se résigner à la séparation, Love over Gold au contraire accepte enfin la réalité et referme le rideau sur cet amour impossible. Ce morceau semble clore une trilogie qui passe au milieu par un état d’amertume avec It Never Rains et ses paroles aigries.

It Never Rains

Même si Knopfler a toujours prétendu que It Never Rains était un « brouillon parti de rien », on ne peut s’empêcher d’y voir l’élément central d’une trilogie au sujet de sa relation amoureuse avec Holly Vincent. Rarement le parolier a été aussi virulent et cynique dans ses textes. À la différence de Romeo and Juliet, il n’y a ici aucune sympathie pour la personne à qui s’adresse la chanson : « tu n’en as jamais rien eu à foutre de qui tu ramasses / Et laisses allongé à saigner par terre / Tu plumes les gens en pleine montée / Car tu croyais ne jamais descendre »

Holly Vincent

Musicalement c’est un véritable tourbillon qui débute sur un air presque badin, se prolonge par une ballade allant crescendo et se termine dans une noirceur tourmentée. On y entend un riff voisin du Peter Gunn theme et un des plus beaux solos de Mark Knopfler, sans aucun doute un de mes préférés. À la première écoute on pense immédiatement à une Wah-Wah. Cependant, après de très nombreuses (euphémisme !) écoutes, j’ai encore aujourd’hui un léger doute : un phaser peut reproduire ce type de sonorité, et même si la guitare a cette couleur « vocale », il n’y a quasiment aucun passage où la fréquence module. C’est comme s’il y avait une Wah enclenchée mais presque tout le temps en position fixe. Les versions live, elles, ne laisseront aucune ambiguïté : il y a bien une wah-wah en concert (voir plus bas). Pour la guitare, difficile de savoir : la Schecter Sunburst ? La Fernandes ?

Quoiqu’il en soit, l’album se clôt sur un solo épique et offre une fin magistrale à cet opus qu’on peut qualifier comme l’apogée en studio de Dire Straits.

Les guitares aux studios Power Station à New York lors des sessions de l’album Love over Gold. De gauche à droite : Les Paul (Hal Lindes?), National Style O, blue Schecter Strat, black Schecter Tele, blue Fernandez Strat with Seymour Duncans, Fender Telecaster Custom sunburst, Fender Stratocaster red 68354, Schecter Strat red#2, Schecter Strat sunburst, Schecter Strat red#1, Gibson jazz guitar, Fender Stratocaster red 80470, Les Paul Special, Erlewine Automatic, Ovation Adamas 12 string, white Fender Stratocaster 1959 (Hal Lindes), Ovation Adamas

Morceaux « mis de côté »

Comme quasiment à chaque fois, Mark Knopfler a composé plus de chansons qu’il n’en faut pour faire un disque. Au départ, il souhaite même que Love over Gold soit un double album, mais la maison de disques n’aime pas l’idée, craignant de voir chuter les ventes.

Badges, Posters, Stickers, T-Shirts

Apparaissant en face B du single Private Investigations (puis plus tard sur les rééditions de l’ExtendeDancEPlay), ce petit morceau sarcastique est sans aucun doute le plus jazzy de toute la discographie de Dire Straits.

Private Dancer

Un des graals de collectionneurs : il existe une version de Private Dancer enregistrée par Dire Straits durant ces sessions de Love over Gold, Hal Lindes l’a confirmé. Mais jusqu’à présent, cet enregistrement n’a encore jamais fait surface, même en pirate. Un jour peut-être… Trouvant que ça lui faisait bizarre de chanter ce texte, notamment le deuxième vers « And the men are all the same », Knopfler l’offre à Tina Turner qui va en faire le succès que l’on connait. L’album éponyme relance la carrière de la chanteuse, et les deux artistes auront l’occasion de se croiser lors de concrets de charité dans les années 80.

On aurait pu imaginer que le guitariste joue sur l’interprétation de Tina Turner, mais c’est finalement Jeff Beck qui y délivre un solo que Mark qualifiera de « deuxième pire solo du monde » (on ne sait pas lequel il estime être le premier…)

The Way It Always Starts

Cette chanson a été composée et écrite durant les sessions de Love over Gold. mais elle n’apparaitra que l’année suivante sur la Bande originale du film Local hero. Gerry Rafferty est au chant, Neil Jason à la basse (il reviendra sur Why Worry) et Steve Jordan à la batterie (futur batteur de Keith Richards en solo, et batteur actuel des Rolling Stones).

ExtendeDancEPlay

En octobre 1982, juste avant de partir en tournée, Dire Straits enregistre 3 titres en studio avec le nouveau batteur Terry Williams venu remplacer Pick Withers parti à la fin des sessions en juin (c’est bien lui qui joue sur Badges, Posters, Stickers, T-Shirts qui a donc été enregistré avant). Après le « sérieux » de l’album Love over Gold, Mark a envie de légèreté et propose des morceaux dans un style rockabilly et ballade bucolique. Le fameux ExtendeDancEPlay sortira en janvier 1983.

Twisting by the Pool

Twisting by the Pool a été composé en 1979 et était déjà joué lors de la tournée Communiqué. Il a été envisagé pour Making Movies comme on peut le voir dans le documentaire BBC Arena, mais n’a pas été retenu. Il ouvre cet EP, et un clip lui est même consacré avec des images sans doute filmées pendant des balances de la tournée.

Two Young Lovers

Avec cet hommage au rock’n’roll de Chuck Berry, Mark Knopfler donne l’impression de vouloir « oublier » son « album un peu trop travaillé ». Sa remarque à propos de la soi-disante « froideur » de Telegraph Road qu’il dit avoir entendu un jour juste avant Rave On de Buddy Holly symbolisant pour lui la « vraie musique » est ici concrétisée : le guitariste veut revenir à du rock basique et entrainant. Ce type de morceau était aussi l’occasion d’une parfaite mise en jambe pour la nouvelle formation avec Terry Williams, avant de débuter la tournée mondiale.

If I Had You

Cette très jolie ballade est plus dans l’esprit de l’album Love over Gold et n’aurait pas démérité aux côtés d’Industrial Disease. Le son typiquement knopflerien est là et l’ensemble est plaisant à écouter. Pas de doute on est bien en présence d’un morceau de Dire Straits.

Après cet enregistrement, Dire Straits part en tournée mondiale pour 93 dates (du 1er décembre 1982 au 27 juillet 1983), avec l’apport d’un deuxième clavier (Tommy Mandel), un saxophoniste (Mel Collins, déjà présent à l’enregistrement studio de Two Young Lovers) et un percussionniste (Joop De Korte, également technicien batterie).

L’album en tournée

Avec le premier album éponyme et Brothers in Arms, Love Over Gold complète le trio des albums de Dire Straits à avoir été joués intégralement en live. Telegraph Road est une des chansons les plus jouées dans toute la carrière de Mark Knopfler.

1982-1983 L’album en entier

Sur les premières dates de la tournée en décembre 1982, tous les titres de l’album sont joués. La setlist du concert d’ouverture le 1er décembre à Sheffield est la suivante :

  1. Once upon a time in the west
  2. Industrial disease
  3. Expresso love
  4. It never rains
  5. Romeo and Juliet
  6. Love over gold
  7. Private investigations
  8. Sultans of swing
  9. Twisting by the pool
  10. Two young lovers
  11. Portobello belle
  12. Tunnel of love
  13. Telegraph road
  14. Solid rock
  15. Going home

Même en qualité sonore « audience », les enregistrements pirates de It never rains ne laissent aucun doute quant à la présence d’une wah comme je peux l’avoir sur la version studio :

De plus, cet article paru dans Guitar World en juillet 1983 mentionne bien un wah (merci à Brunno Nunes pour l’article) . Et cette photo du concert à Paris en juin 1983 montre bien une wah derrière la pédale de volume Ernie Ball, à côté du pedalboard fabriqué par Pete Cornish (bien qu’en juin, It never rains n’était plus joué) :

Malheureusement, It never rains n’est joué que durant le mois de décembre 82, et abandonné dès la reprise des dates au début de l’année 83. Les autres morceaux de l’album subissent peu de modifications dan les arrangements si ce n’est que le final d’Industrial disease est directement enchainé avec le riff d’Expresso Love, et que Love Over Gold est raccourci, sans doute parce que la partie de Mike Manieri était difficile à reproduire en live, même avec deux claviers.

Pour les soucieux de détails, on remarque que lors de cette tournée, Hal Lindes utilise la fameuse Stratocaster Fernandes de Mark, notamment sur Romeo and Juliet, Love over Gold et Private Investigations :

Sachant qu’en concert Hal joue la partie solo électrique de Mark sur Love over Gold, le fait qu’il utilise cette guitare serait-il un indice indiquant que c’est celle utilisée par Mark en studio ?

1985-1986 Côte Maltaillée

Sur la tournée Brothers in Arms, Telegraph Road est abandonné (hormis une ou deux dates en Nouvelle Zélande) ainsi que Love over Gold. Private Investigations est présent tout au long de la tournée, et Industrial Disease refait son apparition sur les dates australiennes et néo-zélandaises. Durant l’intro on peut entendre Mark jouer le riff de Day Tripper (à 00:44 dans la vidéo) :

1991-1992 Deux morceaux emblématiques

Pour la tournée On every street, Telegraph Road fait son grand retour avec de nouveaux arrangements, de même que Private Investigations, également revisité.

1996-2019 Un seul titre pour la carrière solo

À partir de sa première tournée solo, et jusqu’à sa dernière (à ce jour), Mark Knopfler aura joué inlassablement ce chef-d’œuvre qu’est Telegraph Road. J’avoue qu’en 1996, lors du concert à Fourvière (Lyon) je ne m’attendais vraiment pas à entendre ce morceau. Le souhait du songwriter de s’orienter vers un musique plus calme, plus centrée sur l’écriture, moins sur la guitare, ne le prédestinait pas à conserver cette longue pièce épique dans son répertoire de scène. C’est pourtant devenu un incontournable des setlists, au même titre que Romeo and Juliet. Même Sultans of swing ou Brothers in arms ont été parfois écartés des concerts, alors que jusqu’à la date du 30 avril 2019 à Lisbonne, Telegraph Road a été immuablement joué en fin de set, juste avant les rappels.

Et puis les doigts fatigués du guitariste ont choisi d’abandonner le titre phare de Love over Gold. Mais sa longévité sur scène durant la carrière de Mark Knopfler témoignent indubitablement de l’affection que porte l’artiste à son album « un peu trop travaillé ». Un album sorti il y a tout juste 40 ans aujourd’hui.

© Jean-François Convert – Septembre 2022

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1 commentaire sur “‘Love over gold’ de Dire Straits sortait il y a 40 ans

  1. « It never rains » est le morceau que je préfère de l’album , j’y retrouve le son de Making movies avec cet orgue très présent. Le solo final (sublime) clôture ce 4ème opus qui annonce à mon sens un départ sans retour vers d’autres horizons musicaux bien loin de l’originalité et de la qualité de composition des 3 albums précédents Merci pour cet article passionnant .
    DS

    5

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