Mark Knopfler à Lyon le 19 juin : ce n’était qu’un au revoir…?

Lyon, Halle Tony Garnier, 19 juin 2019. Mark Knopfler en concert, sans doute pour la dernière fois dans cette ville, et peut-être la dernière fois que j’ai pu le voir…retour sur un concert pas comme les autres.

Nostalgie quand tu nous tiens

Quand on écoute un artiste depuis ses années lycée, et qu’à l’approche de la cinquantaine, on va le voir sur scène pour ce qui est annoncé comme la dernière fois, alors forcément… l’émotion s’invite à la soirée. Non bien sûr, ce n’était pas le tout dernier concert de Mark Knopfler. Mais cette tournée, débutée le 25 avril à Barcelone, il l’a présentée comme étant sa dernière. C’est pourquoi hier soir je l’ai écouté avec un sentiment différent des années précédentes. Presque 10 ans que je ne l’avais pas vu (juillet 2010 au théâtre antique de Fourvière pour la tournée Get Lucky). Cela ne m’a pas empêché de suivre les tournées 2011, 2013 et 2015, grâce à cet outil merveilleux nommé Internet qui permet d’être au courant des setlists même si on ne le souhaite pas…..Mais le revoir en vrai une dernière fois c’était incontournable, et heureusement il a choisi de repasser par Lyon, quelque peu délaissée sur les tournées Privateering et Tracker.

Je dois l’avouer, depuis quelques jours je souffre d’un problème à une oreille qui m’empêche d’avoir une audition normale, et donc suffisamment acérée pour porter un jugement qualitatif sur le son, que ce soit le global de la salle (réputée justement pour sa mauvaise acoustique) ou les différents instruments, et le mix du groupe. Autant être honnête : hier, je me suis plus focalisé sur le ressenti, l’émotion de revoir (pour la dernière fois ?) mon idole de toujours, sa gestuelle, son langage non verbal, les regards….en somme l’aspect humain, presque plus que celui musical de la chose. Et sur ce plan là, l’après-midi avait déjà bien commencé…

Une rencontre ratée ? pas tant que ça…

Il parait qu’en vieillissant, on retrouve ses lubies d’ado, ces envies un peu dé-raisonnées, presque inavouables….Et alors quoi ? Espérer un autographe de son artiste favori c’est déplacé ? Ridicule ? Dérisoire peut-être, mais un sentiment juvénile qui fait du bien, surtout quand on se dit que c’est la dernière occasion…

Durant ces un peu plus de 30 ans, je ne l’ai jamais croisé. Pas une signature, pas un signe, pas une photo, rien. Je n’y croyais pas trop, mais ce qui est sûr, c’est que je ne voulais pas regretter de ne pas avoir essayé au moins une fois. Arrivé 2 minutes trop tard devant l’entrée backstage de la Halle, je n’ai même pas vu passer les voitures….et puis… qu’est-ce que j’ai raté ? un cortège de limousines au vitres fumées ? la possibilité de donner mon CD aux garde du corps pour qu’il l’emmène faire signer ?… je l’aurais envoyé par la poste que ça aurait eu à peu près le même effet…. Mais quel plaisir de voir venir Dany Cummings s’approcher du groupe que nous étions, à attendre avec un minuscule espoir….on ne sait pas trop quoi. Mark Knopfler est réputé pour être un ours, je le sais depuis bien longtemps, donc la probabilité était quasi nulle. En revanche, que l’ancien percussionniste de Dire Straits dernière période, et batteur de Mark durant plusieurs années, vienne taper la causette 5 minutes avec nous, et accepte de signer des autographes, j’ai trouvé ça cool. Il a même reconnu des fans, habitués aux nombreux concerts, et toujours fidèles au poste.

Danny Cummings sur scène avec Mark Knopfler © Jean-François Convert

Dans le moment, je suis resté maladroit, n’ai pas donné mon CD, et même pas pris de photo. Mais finalement, ça restera un petit souvenir sympa de cet avant-concert, tout comme la rencontre de nombreuses personnes, connues jusqu’alors uniquement “virtuellement”.

Le concert : serein et jovial

En rentrant dans l’immense Halle Tony Garnier (anciens abattoirs de Lyon), c’est sans surprise qu’on côtoie une moyenne d’âge forcément plutôt élevée. Mais on croise quand même ci et là quelques jeunes pousses, pour assurer la relève et transmettre la musique de Mark Knopfler aux générations futures.

La Halle Tony Garnier, environ une demi-heure avant le début du concert © Jean-François Convert

Après Dire Straits en avril 1992 dans cette même salle, puis Mark Knopfler en solo en 1996 au théâtre romain de Fourvière, en 2001 et 2005 encore ici, et enfin en 2010 à nouveau à Fourvière, c’est le premier concert du chanteur-guitariste que je fais assis. Place numérotée, zéro stress, pas de bousculade, pas d’attente. Même si c’est devenu complètement banal pour de nombreux fans depuis plusieurs années, c’est bien une nouveauté pour moi. Deuxième rang, impeccable pour apprécier le spectacle, et tenter quelques photos, certes au smartphone, avec peu de définition, mais capter l’instant et garder quelques souvenirs…

Pas de première partie comme ça a été le cas sur plusieurs concerts depuis quelques semaines. On rentre tout de suite dans le vif du sujet avec l’inusable Paul Crockford et son costume découpé dans le drapeau Union Jack, qui déclame tel Monsieur Loyal l’arrivée de notre héros, tant attendu.

Would you please welcome, from England, Mister…. Maaark…..Knopfler !

Paul Crockford

01. Why Aye Man

La grosse caisse de Ian “Ianto” Thomas installe le beat, le bouzouki de Richard Benett plaque les accords, la basse de Glenn Worf se fait vrombissante, et les cuivres entament le riff, au diapason avec la Les Paul du maestro. Une entrée en matière puissante et pêchue. Bien que concentré, Mark est souriant et ne cache pas son plaisir.

De gauche à droite : Glenn Worf (Basse), Ian Thomas (Batterie), Danny Cummings (Percussions), Graeme Blevins (Saxophone), MK, Tom Walsh (Trompette), Guy Fletcher (claviers, guitare, chœurs) © Jean-François Convert

02. Corned Beef City

Oui les mains semblent parfois un peu hésitantes, et on n’est pas dans des démonstrations de vélocité, ni ces fameux staccato ou chicken picking qui ont fait la renommée du guitariste. Mais est-ce vraiment ce qu’on lui demande à bientôt 70 ans ? Certains le trouvent un peu fatigué ? Et alors ? Qui ne le serait pas à son âge, et au rythme d’une tournée qui enchaîne les dates ? D’où ce morceau. Rien de tel que le jeu en slide pour reposer les doigts et le poignet, mais sans faire retomber le tempo. Un bon vieux country-rock classique et sans surprise, mais le groupe montre un plaisir évident à jouer.

Mark et sa Danelectro au bottleneck © Jean-François Convert

03. Sailing to Philadelphia

Un des plus beaux morceaux de la carrière solo de Mark. En tout cas l’un de mes préférés sans hésitation.

Glenn Worf (Basse), Ian Thomas (Batterie), Danny Cummings (Percussions), MK, Guy Fletcher (claviers, chœurs), Richard Bennett (guitare) © Jean-François Convert

Si les deux premiers titres l’ont laissé se reposer un peu sur le Band, là il est en première ligne, et peut difficilement tricher. Il n’a d’autre choix que d’offrir son jeu si reconnaissable, sur sa non moins mythique Stratocaster rouge (modèle signature depuis la tournée 2005). Un toucher magique, à la fois feutré et lumineux. Je note d’ailleurs que c’est la première tournée depuis 1996 où il ne joue aucun titre au médiator. Depuis 2001, il y avait toujours au moins un morceau (voire plus) qui n’était pas joué avec son style légendaire et si particulier. Ce soir ce sera exclusivement les doigts, du début à la fin, comme une façon de revenir aux origines d’il y a un peu plus de 40 ans, et de boucler la boucle.

Mark et sa guitare iconique : une Stratocaster rouge (modèle signature) © Jean-François Convert

Le dialogue à trois avec le violon et le saxophone sur le solo de fin est tout simplement magique. Un des meilleurs moments du concert pour moi.

La guitare de Mark dialogue avec le saxophone de Graeme Blevins © Jean-François Convert

04. Once Upon A Time In The West

LA Surprise de cette tournée. Le morceau qui n’avait plus été joué depuis plus de 35 ans sur Alchemy ! Mark a-t-il pensé aux 40 ans de l’album Communiqué en choisissant cette chanson ? En tout cas le moins que l’on puisse dire c’est que l’intro suscite la clameur du public. Les flûtes et cuivres reprennent la mélodie caractéristique qui était jouée à l’époque par Alan Clark sur son clavier Prophet.

© Jean-François Convert

Mark quant à lui, a remplacé la Stratocaster Schecter des années 80 par sa Les Paul MK58 signature, fraîchement sortie de chez Gibson l’année dernière. Le morceau en obtient une couleur encore plus laidback qu’à l’origine, la guitare se ferait presque nonchalante. Mais quel beau cadeau fait aux auditeurs qui n’espéraient plus le retour de telles chansons mythiques.

© Jean-François Convert


05. Romeo and Juliet

A nouveau clameur de l’audience. Certains diront l’avoir trop entendu. Certes, c’est sans doute le morceau le plus joué dans la carrière de Mark Knopfler, toutes tournées confondues. Mais comment pourrait-il en être autrement ? Comment dire au revoir à son public sans cette magnifique ballade, qui reprend ici quelques touches de saxo, clin d’œil aux versions épiques des eighties.

© Jean-François Convert

En revanche, l’emblématique guitare National a cédé la place à une Beard Deco Phone Model 27 (offerte par Jerry Douglas) qu’on avait déjà pu voir lors des promo télé à l’automne. Sans doute pour un confort de jeu, cette nouvelle guitare disposant d’un manche bien plus fin que la National.

© Jean-François Convert


06. My Bacon Roll

Arrive le mini-discours qui dès le premier concert de la tournée avait donné le ton : il s’agissait bien de sa dernière tournée, confirmant ce qu’il avait évoqué en interview quelques mois plus tôt. Mais depuis quelques dates, les mots se font moins catégoriques…Mark Knopfler laisserait-il une porte ouverte ?….

“Je suis vieux, j’ai peur de m’écrouler comme un arbre mort. Je vais devoir me retirer…. mais… j’aime trop ça !”

Mark Knopfler

Et c’est le premier des deux seuls titres du nouvel album, joués lors de ce concert (d’autres dates ont eu droit à Nobody does that). Comme à chacune de ses tournées, Mark Knopfler a le don de faire des choix, disons…surprenants. Qui aurait parié à la sortie du dernier album entendre ces morceaux, plutôt que Trapper man, Back on the dance floor, ou One song at the time ?

© Jean-François Convert

L’occasion pour Richard Bennett de passer une première fois à la Pedal Steel, Mark de sortir une de ses dernières favorites, la Pensa MK90, et pour le public de reprendre en chœur “have you got my roll ? my bacon roll”, paroles, comme souvent chez l’auteur, dont on ne sait si elles sont à double sens ou non, et auxquelles certains exégètes anglophones ont prêté des allusions au brexit.


07. Matchstick Man

après le speech de (peut-être) départ à la retraite, c’est l’anecdote de jeunesse qui resurgit : les années de musicien amateur à parcourir l’Angleterre en long et en large, et en stop.

“Quand vous vous retrouvez seul, le jour de noël, à marcher dans la neige, en espérant être pris en stop, avec comme seul bagage votre sac et votre guitare, c’est que vraiment, vous voulez dédier votre vie à la musique”

Mark Knopfler

Le morceau épuré sur l’album, en duo guitare-voix, se voit ici enrichi des cuivres et violon qui reprennent le thème musical, “so scottish”, qui rappelle les origines de Mark Knopfler, né à Glasgow.

Mark avec une nouvelle guitare folk : Sobell Martin Simpson © Jean-François Convert

08. Done With Bonaparte

© Jean-François Convert

Sketch récurrent depuis 1996 : la présentation des musiciens, chacun étant affublé d’un surnom affectif, ou ironique, c’est selon. Même si on se doute que le texte est huilé et bien rodé, les “deux Mac” (John McCusker et Mike McGoldrick) se voient ce soir désignés comme grands amateurs de Guinness.

le groupe au grand complet : John Mc Cusker (violon) Mike McGoldrick (cornemuse), Jim Cox (accordéon), Glenn Worf (Basse), Ian Thomas (Batterie), Danny Cummings (Percussions), MK, Graeme Blevins (Saxophone), Tom Walsh (Trompette), Richard Bennett (bouzouki), Guy Fletcher (guitare) © Jean-François Convert

Toujours dans un style folklore-irlando-écossais, la chanson gagne les faveurs du public, qui ne manque pas de relever “Ma belle France” dans les paroles, retraçant l’histoire d’un soldat de la grande armée napoléonienne. Pendant des années, Mark a joué ce morceau sur sa guitare National de 1937, mais ici c’est un modèle de 1933, avec une rosace de type Duolian (même motif que la célèbre “Hard Rock” de Bukka White) qu’il arbore, jouant avec toujours de superbes effets de reflets lumineux.

© Jean-François Convert

09. Heart Full of Holes

Une autre guitare à résonateur arrive pour le morceau suivant : il s’agit de sa Beltona, équipée d’un micro qui ressemblerait presque à un P90.

Mark et sa Beltona © Jean-François Convert

Là aussi, curieux choix que cette chanson, issue de Kill to get crimson (2007). Les passages “polka” fonctionnent bien avec la complémentarité cuivres/cordes/percussions.


10. She’s Gone

Mark Knopfler a quasiment toujours tenu à faire figurer des extraits des bandes originales de films lors de ses concerts, depuis la plus célèbre, Local hero, en 1983. Ici c’est un des morceaux illustrant le méconnu Metroland (1998), qui met à l’honneur la trompette et le saxophone. Le guitariste reste en retrait, pour ce qui s’avère être une intro à l’un des grands tubes de Dire Straits :


11. Your Latest Trick

A peine les premières notes du sax démarrent que toute la salle résonne d’une même voix : nous voilà replongés près de 30 ans en arrière, et je ne peux m’empêcher de penser à ce soir d’avril 1992, où j’entendais ces mêmes notes, au sein d’un foule en délire, venue voir l’un des plus grands groupes du moment.


12. Postcards from Paraguay

Il existe depuis plusieurs années, une tradition aux concerts de Mark Knopfler, surnommée par les fans le “run of the bulls” (littéralement : “lâcher de taureaux”). Le principe est simple : les personnes du public au courant de la manœuvre, s’extraient le plus rapidement de leur place, et courent jusqu’au devant de la scène. Pour les autres, il leur reste éventuellement la possibilité de finir le concert debout sur les chaises.

Je connaissais ce baroud de fin de concert pour l’avoir régulièrement lu sur des forums, ou vu sur YouTube. Mais je ne l’avais jamais réellement vécu. Et toute la question est de savoir sur quel morceau cela va se produire. Au fur et à mesure des dates, il semble qu’on soit passer de Speedway at Nazareth à Postcards from Paraguay, comme c’était le cas ce soir. Je dois dire que pour mon premier (et dernier ?), je ne me suis pas trop mal débrouillé, puisque je me suis retrouvé au pied de Mark. D’aucuns diront que je n’avais guère de mérite, étant assis au deuxième rang, mais j’ai quand même dû “enjamber” mes 3 voisins de gauche…j’espère ne pas les avoir trop bousculés, qu’ils m’en excusent s’ils me lisent maintenant.

Tout près du maître © Jean-François Convert

A l’origine sur Shangri-La (2004), ce fameux Postcards from Paraguay est devenu encore un peu plus sud-américain, voire andin, lors de la tournée 2008. Mais cette année, il est clairement remonté en Amérique centrale, à mi-chemin entre mariachi mexicanos, et son de Cuba. Encore une fois, les cuivres et les percussions sont à l’honneur, pour une ambiance festive. Mark ne chante plus le “Paraguayyyyy” au micro, mais on l’aperçoit le susurrer sur scène, surtout quand on a la chance d’être à quelques mètres de lui.


13. On Every Street

Il arrive parfois que Mark Knopfler suive le public, et reprenne avec lui le fameux “oe oe”. Ce fut le cas ce soir. Bref certes, mais rigolo, et un petit “bonus” qui n’apparaît pas à chaque concert, loin de là.

Un deuxième “Retour vers le futur” avec cet autre tube de Dire Straits, titre éponyme de leur dernier album, et qui lui aussi m’a ramené 27 ans en arrière. Richard joue de la Pedal Steel pour la seconde fois, avant de rejoindre Mark, pour un duo de Stratocasters rouges, auquel le sax vient apporter son parfum “so eighties”.


14. Speedway at Nazareth

Et on enchaîne avec ce que beaucoup qualifient de “Telegraph road de la période solo”. Dans son livre, Michael Oldfield parle de Telegraph Road comme un morceau qui “démarre comme un agneau, et finit comme un lion”. Une description qui pourrait bien s’appliquer à Speedway at Nazareth, et son final tout en puissance.

Publiée par Textes Blog and Rock'n'Roll sur Mercredi 19 juin 2019

Rappels


15. Money For Nothing

Question puissance, il en est encore question avec LE tube. L’intro qui avait disparue depuis 1988 est de retour ! Même s’il n’est pas Sting, Guy Fletcher s’en sort très bien, et Ianto à la batterie était déchaîné ! De l’avis de ceux qui ont assisté à plusieurs concerts précédents, c’était ce soir l’une des meilleures impros sur cette intro culte. Quant à Mark, il a joué le riff de la façon la plus “powerful” qui soit, et selon l’expression consacrée, ça envoyait du bois !

Publiée par Textes Blog and Rock'n'Roll sur Mercredi 19 juin 2019

16. Piper to the End

Pour faire retomber la pression et se quitter sur une note mélancolique et touchante, Mark nous livre ce qu’aurait pu chanter son oncle, joueur de cornemuse au front de guerre, et mort au combat. C’est la Don Grosh Electrajet qui répond aux flûtes et violon (mais bizarrement, pas de cornemuse comme sur les tournées précédentes).

On croirait presque que c’est fini, tant ce morceau avait pris la position de clôture en 2010… Mais non, on a droit à l’ultime final, qui, ironie du sort, va nous rappeler un passage célèbre et culte dans l’histoire de Dire Straits


17. Going Home

Le 23 juillet 1983, à l’Hammersmith Odeon à Londres, le dernier concert de la tournée “Love over gold” est filmé en vue de sortir un album live. Ce sera le chef d’oeuvre Alchemy, qui occupe depuis toujours une place de choix dans le cœur des fans du groupe.

Le dernier morceau de ce concert est Going Home. Durant l’intro, Mark s’interrompt en pointant du doigt le cameraman qui le filme (vers 2:15 sur la vidéo). Clin d’œil ? poussière ou cheveu sur l’objectif ? effet de mise en scène ?

Quoiqu’il en soit, ce soir à Lyon, ce n’était pas prévu, mais on a pu assister à quelque chose de similaire : Mark joue la première note de l’intro, puis s’arrête….il lui manque un truc….effectivement, il a oublié de remettre ses oreillettes et par conséquent n’entend pas les retours.

Sourire, regards au reste du groupe qui maintient l’ambiance musicale comme si de rien n’était, rires amusés du public, et le maestro reprend, imperturbable. Le genre de petite anecdote qui singularise chaque concert.

Tout comme en 1996, Going Home est joué à la Les Paul, et l’ambiance résolument rock finit dans un mélange d’euphorie et de nostalgie…on sait que le concert est cette fois bien fini, et peut-être même que sa présence sur scène, ici à Lyon, aussi…On ose espérer que les paroles de tout à l’heure ne sont pas suffisamment tranchées pour laisser ne serait-ce qu’une minuscule porte ouverte…

En tout cas, point de pathos de la part des musiciens, et Mark nous surprend même à un léger déhanché, en réponse à Jim Cox. Accolades entre les membres du groupe, quelques regards en direction du public, des signes d’au revoir à défaut d’adieu ?

© Jean-François Convert

Quelque soit sa décision pour la suite, je garde une sensation de plénitude et de sérénité. J’ai pu le revoir et l’entendre (même de façon altérée) une dernière fois. Sa musique ne m’a jamais quitté et ne me quittera jamais. Merci pour tout Mark.

© Jean-François Convert – Juin 2019

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