Il y a 25 ans, je rapportais un Charango de Bolivie

En août 1997, au cours d’un voyage au Pérou et en Bolivie, j’achetais à La Paz cet instrument typique d’Amérique du Sud, et notamment de musique Andine.

Un instrument typique

Au cours de l’été 1997, j’ai visité quelques sites emblématiques du Pérou (Lima, Cuzco, Machu Picchu, lac Titicaca, Altiplano, lignes de Nazca) et de Bolivie (La Paz, Tiahuanaco, Mines de Potosi, Salaar d’Uyuni, Laguna Verde, Laguna Colorada, mont Chacaltaya). Dans la capitale bolivienne, j’ai acheté un charango, sorte de petite guitare dans la même famille que les ukulélés hawaïens ou les tiplés espagnols.

Le charango comporte 10 cordes en nylon, mais couplées par deux. En terme de doigtés, c’est comme s’il n’en comportait que cinq. Les cordes sont accordées le plus souvent en sol-sol, do-do, mi-MI, la-la, mi-mi, de la 5ème corde vers la 1ère corde, chaque duo étant accordé à l’unisson, à l’exception du mi des 3èmes cordes qui ont une octave de différence.

Pour la caisse, il existe soit des modèles en bois, soit en carapace de Tatou. Je pense qu’aujourd’hui je ne le referais pas, mais à l’époque j’avoue avoir été attiré par cette tradition ancestrale qui donnait à l’instrument un aspect authentique, et j’ai donc choisi cette version :

Mais bien que vendu dans une boutique tout ce qu’il y a de plus respectable et ayant pignon sur rue dans un quartier touristique de La Paz, il s’est avéré que l’instrument ne pouvait pas sortir du pays aussi facilement… justement à cause de la protection du tatou des Andes et de l’interdiction de son exportation. Je l’ai appris à mes dépens lorsque j’ai repassé la frontière pour rejoindre le Pérou avant de revenir en France…

Un scénario digne des films policiers

Quand les douaniers ont ouvert les sacs et ont trouvé le Charango, ils ont clairement indiqué que celui-ci ne pouvait pas sortir du pays… à moins qu’on puisse s’arranger… Après négociation avec la guide du groupe, cette dernière m’a confié qu’ils demandaient 50 $ pour que je puisse repartir avec l’objet. C’était à peu de chose près ce qu’il m’avait couté. Mais pour ce faire, il fallait donner le billet discrètement au douanier… la consigne était la suivante : aller aux toilettes, attendre l’employé des douanes venu uriner, et lui glisser le bakchich à l’abri des regards indiscrets comme on dirait aujourd’hui.

Je me suis exécuté, n’en menant pas large et ayant l’impression de me retrouver à la place de Brad Davis dans Midnight Express ! Oh bien sûr je ne cachais pas de drogue… encore que, les sacs de feuilles de coca ramenées des mines de Potosi me donneraient des sueurs froides quelques jours plus tard lors de l’arrivée à l’aéroport de Saint-Exupéry , mais finalement pas de quoi s’inquiéter.

Le portefeuille ainsi délesté du sésame, le charango a pu s’envoler pour la France et trône désormais parmi ma collection d’instruments à cordes. En revanche, je suis encore bien loin de savoir en jouer, comme l’atteste cette tentative désespérée de reproduire quelque chose qui ressemblerait de (très) loin à El Condor Pasa

Une méthode et de la pratique

Le vendeur du magasin m’avait conseillé une méthode pour apprendre l’instrument. J’ai bien essayé d’apprendre quelques accords, mais le manque de régularité dans la pratique, et la difficulté à accorder très justement les cordes m’a rapidement découragé. Le petit livre rédigé par le maitre Pedro Mar est pourtant bien conçu, avec des exercices, des indications très didactiques, et même une façon de jouer en le tenant à l’envers qu’il a lui-même inventée !

Peut-être qu’un jour je m’y remettrais sérieusement. Pour l’instant, ce Charango est surtout le souvenir d’une anecdote rocambolesque, et le témoin rapporté d’un voyage outre-Atlantique, au pays des Incas et du Temple du Soleil de Tintin ou Esteban, selon les références. C’était il y a un quart de siècle.

© Jean-François Convert – Août 2022

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