Il y a 15 ans Mark Knopfler jouait à Lyon

Le 5 avril 2005, je voyais Mark Knopfler en concert pour la 4ème fois.

Un concert sans infos préalables

Printemps 2005, je vais sur mes 34 ans, je suis papa pour la troisième fois depuis 7 mois. Et depuis la naissance de ma troisième fille, à quelques semaines près, j’écoute en boucle le dernier album de mon idole Mark Knopfler : Shangri-La ( Ma chronique de l’album).

Mark Knopfler Shangri-La

Et ce soir du 5 avril, je retourne le voir sur scène. Je ne l’ai pas revu depuis la tournée 2001, la tournée de 2003 ayant été annulée suite à son accident de moto, et de toute façon il ne prévoyait pas de passer par Lyon. Là, il revient dans ma ville, à la Halle Tony Garnier, et j’abandonne ma petite famille pour un soir pour aller voir et écouter mon artiste favori.

Mark Knopfler par © Denys Legros

En 2005 il y a bien sûr déjà Internet, les forums, et le site de Guy Fletcher qui répond aux questions des internautes. Mais pas encore l’abondance des réseaux sociaux et leurs fils d’actualité intrusifs qui vous jettent les infos à la figure, même si vous ne les voulez pas. Pour la précédente tournée en 2001, j’ai fait l’erreur de consulter quotidiennement le site MKNews qui n’avait rien trouvé de mieux que de divulguer la setlist, le lendemain de chaque concert. Alors oui, je garde quand même un bon souvenir du 27 juin 2001, mais cela aurait été tellement plus jouissif avec la surprise des morceaux joués.

Là je ne vais pas me faire avoir une deuxième fois, et j’ai décidé de me couper des forums depuis le début de la tournée, qui a débuté en Afrique du Sud un mois plus tôt. Heureusement, étant en début de tournée, et seulement deuxième date française (après Bordeaux la veille), je n’ai pas eu trop longtemps à attendre…

halle_tony_garnier
La Halle Tony Garnier

J’arrive assez tard, à peine 1h avant le début du concert. En 2005 il n’y a pas encore le système des “Fair admissions” réservant les meilleures places aux fans, et puis de toute façon c’est fosse debout… je me faufile un peu… pas tout devant certes, mais pas trop loin non plus, compte-tenu de l’heure d’arrivée.

Première partie : William Topley

Aujourd’hui je m’en souviens à peine, mais le chanteur folk William Topley joue en première partie, accompagné de deux musiciens, dont Luke Brighty à la guitare. Ce dernier assurera par la suite la deuxième guitare de Mark Knopfler sur plusieurs promos télé et radio.

William Topley et ses musiciens sur la scène de la Halle Tony Garnier à Lyon, le 5 avril 2005 © Guy Fletcher

William Topley a invité Mark Knopfler à enregistrer sur le morceau-titre de son album Sea Fever qui sort le 21 juin 2005, pendant la tournée. Et il avait même partagé la scène avec lui en 2001 pour chanter le duo sur Sailing to Philadelphia, par exemple à San Francisco ou à la Nouvelle Orléans. Bizarrement, il ne rejoindra pas Mark ce soir pour ce même morceau.

Et justement, l’ex-leader de Dire Straits se fait attendre… j’avoue, cette première partie ne m’a pas marqué outre mesure. Je suis venu avant tout pour voir et entendre mon idole.

Allez c’est parti… par quel morceau va-t-il commencer ?…

Et dès le début, grosse surprise pour moi ! Pour une tournée promotionnelle de l’album Shangri-La, je m’attendais plutôt au single Boom like that… mais javais oublié l’annulation de 2003, et donc les titres de l’album The Ragpicker’s dream !

La Setlist

  1. Why aye man
  2. Walk of life
  3. What it is
  4. Sailing to Philadelphia
  5. Romeo and Juliet
  6. Sultans of swing
  7. Done with Bonaparte
  8. Song for Sonny Liston
  9. Donegan’s gone
  10. Boom, like that
  11. Speedway at Nazareth
  12. Telegraph road
  13. Brothers in arms
  14. Money for nothing
  15. So far away
  16. The mist covered mountains / Wild theme

Le lot de surprises sera toutefois limité, le reste de la setlist restant assez standard, surtout dans le dernier tiers. Le choix étonnant du traditionnel The mist covered moutains en intro du final Wild Theme, seulement 3 titres du dernier album, un Walk of life considérablement ralenti (et dont ce sera la dernière tournée), et le reste de classiques incontournables, ou en tout cas jugés comme tels à l’époque.

Pour la tournée suivante, à laquelle je n’aurai pas la chance d’assister, notre songwriter-guitar-hero chamboulera la setlist en y introduisant bizarrement beaucoup plus de morceaux de The Ragpicker’s dream… pourquoi en 2008, et pas en 2005, alors plus proche de la sortie de l’album ? Mystère… les décisions de mister Knopfler en matière de setlist resteront toujours assez obscures à mes yeux, et à ceux de nombreux fans.

Le concert en entier

Mais peu importe, ne boudons pas notre plaisir. Le maestro est en forme, et à cette époque encore à un grand niveau de jeu guitaristique. C’est la première tournée qui voit apparaître les amplis Komet avec enceintes Marshall.

Le son se fait encore plus rugueux, et les soli sont plutôt nerveux. La guitare de Mark est bien présente comme on peut l’entendre sur cet enregistrement console du concert (c’est la première tournée où chaque concert pouvait être téléchargé sur le site officiel) :

Ouvrez la vidéo sur YouTube afin d’avoir la playlist avec accès direct aux morceaux

PLUSIEURS GRANDS MOMENTS : Le dialogue guitare/orgue à la fin de Why Aye Man, un What it is plein d’énergie, une très belle intro au piano sur Romeo and Juliet, qui préfigure celle de la tournée 2006 (version sur Real Live Roadrunning), Song for Sonny Liston qui sort de sa monotonie en studio pour devenir un blues âpre avec son solo abrasif, Mark prenant un plaisir évident sur Donegan’s gone avec ce slide et ces petits effets de picking, un Boom like that avec une guitare qui déchire, un Money for nothing surprenant avec Richard Bennett jouant de la Cow Bell (!), et surtout un Telegraph road d’anthologie, la dernière tournée où il a été joué de cette façon, avant qu’il ne s’adoucisse et perde un peu de son éclat dans les années suivantes.

Trois morceaux en vidéos (extraits)

What it is

Cette fois, plus d’intro celtique comme en 2001, car pas de violon. On rentre tout de suite dans le vif de sujet, et ça dépote !

Telegraph Road

Sur les premiers concerts de 2005, jusqu’à celui de Leipzig le 8 juin, c’est la Stratocaster rouge sur ce morceau. C’est la seule tournée où Telegraph road a été jouée sur une Fender Stratocaster. Pendant le show, j’ai cru que Mark jouait sur l’authentique modèle de 1961, et ça m’avait beaucoup surpris. Ce n’est que le lendemain que j’ai réalisé qu’il s’agissait en fait du modèle signature. Sorti en 2003, c’était en effet la première tournée où Mark Knopfler utilisait cette guitare, en laissant l’originale à la maison.

A partir du 10 juin à Milan, Mark jouera sur sa nouvelle Pensa Custom MK2-Plus, que Rudy Pensa lui apporte dans la ville italienne le jour même.

Mark et Rudy Pensa le 10 juin à Milan, avant le concert (Merci à Jeroen Van Tol pour la photo)

So far away

Détail pour les guitar-freaks : sur cette tournée, Mark jouait ce morceau en fingerpicking, et non pas au mediator comme d’autres années. ► Plus de détails dans cette chronique

Les musiciens

  • Mark Knopfler Chant, guitare
  • Guy Fletcher Claviers, chœurs
  • Richard Bennett guitare
  • Glenn Worf Basse, chœurs
  • Danny Cummings Batterie
  • Matt Rollings Claviers, accordéon

Un nouveau venu : Matt Rollings remplace Geraint Watkins aux claviers, qui lui-même avait succédé à Jim Cox en 2001. Matt Rollings avait cependant déjà joué avec le groupe, lors des One take Radio Sessions, ainsi que sur 2 morceaux de l’album Golden Heart en 1996 : Vic and Ray et Rüdiger.

Le 1er avril 2005, alors que la tournée vient juste de commencer, le batteur Chad Cromwell, membre de l’équipe depuis 1996, doit quitter le groupe pour « raisons personnelles ». C’est Danny Cummings, ancien percussionniste de la dernière tournée de Dire Straits en 1991-1992, qui est appelé à la rescousse en remplacement derrière les fûts.

Plusieurs spéculations ont circulé sur ce départ abrupt, et une mésentente entre Chad et Mark n’est pas exclue. Mais bien évidemment, la communication officielle n’en a jamais fait part, et on ne saura jamais vraiment les véritables raisons de cette séparation. Depuis, Chad Cromwell n’a jamais rejoué avec Mark Knopfler, ni aucun autre membre du groupe. Dès 2005, il retourne en studio avec Neil Young qu’il avait déjà accompagné sur Freedom en 1989 ( Ma chronique de l’album).

Ce soir-là j’ai donc eu droit au groupe avec Danny Cummings. Je ne me souviens même plus si ça m’avait marqué ou pas.

Mark-Knopfler-Lyon2005

Je me souviens surtout d’un Mark en grande forme, qui, malgré ses lunettes le vieillissant légèrement, continuait de délivrer un jeu de guitare de grande qualité. Et même si je dois avouer que ce n’est pas le meilleur de ses concerts auquel j’ai assisté (celui de 1996 restant mon préféré), j’en garde 15 ans après un très bon souvenir, et les enregistrements de cette tournée sont toujours agréables à réécouter.

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© Jean-François Convert – Avril 2020

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