Il y a 45 ans sortait ‘Love You live’ des Rolling Stones

Le 23 septembre 1977 arrivait dans les bacs ce troisième album live dans la discographie des Rolling Stones.

Plusieurs concerts

C’est le premier album live que j’ai entendu des Stones. Il a ensuite vite été détrôné dans mon panthéon musical personnel par l’énorme Get Yer Ya-Ya’s out ! dès que je l’ai découvert. Mais au départ, ma toute première expérience live des pierres qui roulent a été cet enregistrement issu de la première tournée du groupe avec Ronnie Wood comme membre officiel.

Les Rolling Stones (Charlie Watts, Mick Jagger, Ronnie Wood, Bill Wyman et Keith Richards) en 1977 à New York © Ken Regan / Getty Images

C’est un assemblage de plusieurs concerts de 1975 (Los Angeles et Toronto), 1976 (Paris et Londres) et 1977 (Toronto au club El Mocambo) :

Side one

  1. Intro: Excerpt from Fanfare for the Common Man – 1:24
  2. Honky Tonk Women – 3:19 (5 June 1976: Les Abattoirs, Paris)
  3. If You Can’t Rock Me / Get Off of My Cloud – 5:00 (27 May 1976: Earls Court, London)
  4. Happy – 2:55 (5 June 1976: Les Abattoirs, Paris)
  5. Hot Stuff – 4:35 (6 June 1976: Les Abattoirs, Paris)
  6. Star Star – 4:10 (6 June 1976: Les Abattoirs, Paris)

Side two

  1. Tumbling Dice – 4:00 (7 June 1976: Les Abattoirs, Paris)
  2. Fingerprint File – 5:17 (17 June 1975: Maple Leaf Gardens, Toronto)
  3. You Gotta Move – 4:19 (5 June 1976: Les Abattoirs, Paris)
  4. You Can’t Always Get What You Want – 7:42 (7 June 1976: Les Abattoirs, Paris)

Side three

  1. Mannish Boy – 6:28 (5 March 1977: El Mocambo Tavern, Toronto)
  2. Crackin’ Up – 5:40 (5 March 1977: El Mocambo Tavern, Toronto)
  3. Little Red Rooster – 4:39 (4 March 1977: El Mocambo Tavern, Toronto)
  4. Around and Around – 4:09 (5 March 1977: El Mocambo Tavern, Toronto)

Side four

  1. It’s Only Rock ‘n’ Roll (But I Like It) – 4:31 (17 June 1975: Maple Leaf Gardens, Toronto)
  2. Brown Sugar – 3:11 (6 June 1976: Les Abattoirs, Paris)
  3. Jumpin’ Jack Flash – 4:03 (6 June 1976: Les Abattoirs, Paris)
  4. Sympathy for the Devil – 7:51 (9 July 1975: Inglewood Forum, Los Angeles)

Ces différents concerts sont pour la plupart disponibles en intégralité sur YouTube, en bootlegs ou rééditions From The Vault

Cliquez ici pour accéder à la playlist des VIDEOS du concert de 1975 à Los Angeles

Et surtout, le concert mythique donné au club El Mocambo de Toronto le 5 Mars 1977, dont seulement quatre titres figurent sur la troisième face (indiquée ‘El Mocambo Side’ sur la pochette), a été réédité en intégralité au printemps : 23 morceaux qui ont été joués devant un parterre de 300 spectateurs chanceux.

Un live inégal mais avec de bons moments

Quand on a goûté au chef-d’œuvre Get Yer Ya-Ya’s out ! mais aussi au concert de 1971 au Marquee, à la tournée 1972 Ladies & Gentlemen ou encore le mythique Brussels Affair, forcément, réécouter ce Love You Live aujourd’hui ne donne pas les mêmes frissons. Le jeu sonne parfois brouillon, on attend souvent en vain l’envolée lumineuse ou l’instant de grâce pure qui ne vient pas. Ron Wood ne remplacera jamais Mick Taylor, et on sent que les grandes heures du plus grand groupe de rock’n’roll du monde sont derrière lui.

Fingerprint File et If You Can’t Rock Me par exemple soufrent mal la comparaison avec même leurs versions studio. Jumpin’ Jack Flash et Brown Sugar ont quelques passages intéressants, mais manquent de cohésion sur la durée à mon goût.

Néanmoins, j’aime beaucoup l’interprétation de You Can’t Always Get What You Want et surtout You Gotta Move. Keith Richards démontre si besoin en était qu’il sait jouer autre chose que des riffs et Mick Jagger rivalise de voix soul avec Billy Preston.

N.B. cette version n’est pas exactement la même que sur le disque (aussi à Paris mais un autre soir) mais dans le même esprit

Un Jagger très en forme sur la majorité des titres. Il transpose Honkytonk Women dans la capitale française « in Paris » pour le concert aux Abattoirs parisiens. Rien de nouveau, mais on le sent heureux d’être là et en communion avec son public qu’il invite à chanter avec lui dans un français impeccable sur You Can’t Always Get What You Want.

Autre bon moment : lors du concert au El Mocambo, les Stones semblent renouer avec leurs origines. Une petite audience (300 personnes) et beaucoup de reprises blues et rhythm and blues comme à leurs débuts.

Il faut cependant rappeler que plusieurs pistes ont été réenregistrées en studio notamment des guitares, des chœurs de Keith et Ron ou l’harmonica de Mick sur Mannish Boy. A priori, seul Around and Around n’aurait aps été retouché…(source Wikipedia)

Une pochette iconique de plus

Andy Warhol avait créé la pochette légendaire de Sticky Fingers. Mais l’Espagne franquiste lui avait préféré une photo étonnamment plus glauque représentant une boite de conserve remplie de doigts féminins coupés. On peut imaginer que l’artiste pop a voulu lui rendre un clin d’œil avec cette peinture pour Love You Live.

Warhol signe ainsi une nouvelle pochette emblématique dans l’histoire du rock. Mais Les titres dessinés à la main par-dessus ont été ajoutés par Mick Jagger, au grand dam du designer. Une preuve supplémentaire que le groupe tenait à garder la maitrise jusqu’au bout de son image. Les photos à l’intérieur du disque montre les Stones en train de se mordiller les uns le autres.

Pour les amateurs de détails, Love You Live est le dernier album où le nom de Keith Richards est orthographié « Keith Richard ». Il a recommencé à épeler son nom de famille « Richards » à partir de l’album Some Girls en 1978. La pochette de la plupart des CD de Love You Live, mais pas tous, a été modifiée pour montrer l’orthographe « Richards ».

Au final, un album live qui n’atteint pas les sommets de ses prédécesseurs mais qui retranscrit ce qu’étaient les Stones dans la deuxième moitié des seventies. Et quand on voit la carrière parcourue avant et depuis, et quand on pense qu’ils sont encore là ! Les Rolling Stones semblent à jamais immortels, et on ne peut que s’en persuader en se disant que cet album qui sortait 15 ans après leurs débuts a déjà 45 ans aujourd’hui…

© Jean-François Convert – Septembre 2022

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