“Rust never sleeps” de Neil Young fête ses 40 ans aujourd’hui

Rust Never Sleeps de Neil Young & Crazy Horse sortait il y a exactement 40 ans. Quel disque ! Une première face toute en douceur acoustique, suivie d’une deuxième portée par un véritable brulot électrique. Un folk sombre se disputait à ce qu’on pourrait appeler les prémices du grunge.

Même si Neil Young avait déjà un peu exploré cette dualité électrique/acoustique dans sa discographie jusque là, ce disque marque l’origine d’une rage, mêlée à la quête d’une grâce.
Faire cohabiter un Pocahontas aérien et bucolique avec un Powderfinger boueux et violent, relève du génie : les 2 faces d’une Amérique bicéphale. La légende mi-écolo mi-new age, confrontée à la véracité de la conquête du nouveau monde sans pitié, où la poudre parlait d’abord.

Sur la forme, cet album est assez singulier : enregistré live, il est édité et publié avec les sons du public effacés, comme pour en extraire la musique et les paroles, hors d’un concert, hors du temps.

Un album live sans vie ?

Sur scène, les musiciens sont perdus au milieu d’un décor qui semble les écraser : des reproductions d’énormes amplis et micros, un harmonica de la taille du chanteur….comme si la musique devait les submerger, les envelopper, les dépasser.

Et c’est bien la musique qui transperce le son de cet album : des solos déchirants comme si le groupe devait mourir le soir même, une façon de chanter et jouer les chansons comme si ça devait être la dernière représentation…
Tout donner, cracher ses tripes, « plutôt brûler franchement que s’éteindre à petit feu »….les paroles de Hey Hey My My, que ce soit en version acoustique, ou électrique, parlaient au départ de musique : produire toujours la même musique (« to rust », rouiller, ou « to fade away », disparaître) ou exploser en vol (« to burn out »), comme le fit John Lydon des Sex Pistols en abandonnant son personnage de Johnny Rotten, à qui la chanson est dédiée (« this is the story of Johnny Rotten »)

Mais depuis le 5 avril 1994, elles ont pris une autre dimension, bien plus tragique : Kurt Cobain a laissé cette phrase en guise d’épitaphe dans sa lettre d’adieu, avant de mettre fin à ses jours. Et Neil Young est devenu encore un peu plus le parrain du grunge, mais plus uniquement pour sa musique.

Neil Young sur scène en 1978

Vivre pleinement jusqu’à l’explosion, plutôt que crever lentement…tant de musiciens ont rendu cet adage si réel. De Hendrix à Morrison, de Joplin à Winehouse…le fameux club des 27, dont Cobain a voulu rejoindre le groupe…

Un rock sans concession, vivant, vibrant, mais qui brûle de l’intérieur…c’est ce que Neil Young exprimait avec Rust Never sleeps….il y a 40 ans

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