Red Beans & Pepper Sauce à La Vache Rouge

Jeudi soir, j’ai enfin pu voir en live le groupe originaire de Béziers que je suis depuis cinq ans. Et c’est encore mieux en vrai !

© Jean-François Convert

J’ai découvert Red Beans & Pepper Sauce en 2017 à l’occasion de la sortie de leur album Red que j’avais chroniqué sur franceinfoculture (à l’époque culturebox). Puis j’ai suivi leurs albums suivants : Mechaninc Marmalade en 2019, et cette année, leur septième opus, tout simplement appelé 7. Mais je ne les avais encore jamais vus en concert. C’est chose faite depuis ce jeudi 10 novembre puisqu’ils ont joué à la Vache Rouge, lieu où je participe régulièrement aux « Bœufs », et où j’avais vu Gaëlle Buswel en mars.

Je connaissais donc déjà leur musique pour l’écouter régulièrement, mais rien ne vaut le live. Surtout que « les morceaux évoluent au cours de la tournée » précise Laurent galichon, guitariste et auteur de la plupart des chansons. « il y a des parties de guitare que je ne joue plus du tout comme sur le disque ». Même si ce n’est pas le détail le plus représentatif, j’ai par exemple noté que Half world Changeling était sur Stratocaster au lieu de la Les Paul comme la version studio. La musique c’est vivant et c’est fait pour évoluer.

Même réflexion en échangeant avec le claviériste Serge Auzier : « Chaque soir est différent. On joue rarement la même chose selon les concerts ». Je lui posais justement la question au sujet d’un instrumental avec des nappes planantes qui m’avaient fait penser à Nucleus d’Alan Parsons. Ce jeudi soir c’est tombé comme ça, mais de façon tout à fait involontaire. « Un autre jour donnera quelque chose de différent ». Il s’agit tout bonnement d’une improvisation en duo avec le batteur Niko Sarran.

En plus d’être aux manettes pour la réalisation des albums, Niko assure les baguettes avec un jeu parfois jazzy sur un set à la fois restreint et imposant : peu de toms, mais une grosse caisse énorme de 26 puces, comme un certain… John Bonham. Niko me confirme d’ailleurs qu’il joue sur la même marque (Ludwig) que le batteur de Led Zeppelin, hormis les cymbales.

© Jean-François Convert

On ne verra pas Niko jouer avec les mains comme Bonham dans Moby Dick, mais le riff du morceau sera repris à la fin de cette impro où Serge envoie parfois des sonorités hallucinantes, notamment à l’aide de ses pédales d’effets situées… juste sous son clavier, pour les avoir à portée de main !

© Jean-François Convert

Et question citations musicales, après un concert débuté par Going Blind dont l’intro se prête bien à une ouverture, et où ensuite les morceaux se sont enchainés sans temps mort, on a eu droit à un petit florilège sur le final : on se souvient de entre autres le riff wah-wah de Voodoo Child (rien de surprenant pour un guitariste qui a Jimi tatoué sur l’avant-bras gauche), le gimmick de Thunderstruck, mais sur un tempo différent, le solo de Whole Lotta Love, le solo clavier de Highway Star, et l’incontournable intro batterie de Rock’n’Roll, morceau qui termine le set.

Vous allez me dire que je parle beaucoup de Led Zep ? « c’est mon groupe préféré » avoue Laurent Galichon. Normal qu’on entende donc des influences zeppeliniennes (entre autres) dans la musique de Red Beans And Pepper Sauce. Le groupe a d’ailleurs eu la chance d’aller enregistrer en Angleterre aux Studios Rockfield, célèbres notamment parce que Queen y a enregistré A Night At The Opera, mais aussi parce que Robert Plant et Jimmy Page y ont composé plusieurs morceaux du troisième album de Led Zeppelin. Laurent raconte : « quand j’ai vu la brume au petit matin sur la campagne anglaise verdoyante, j’ai compris pourquoi Led Zeppelin III ». Serge de son côté confirme que « dans ce paysage on aurait pu croiser Frodon et Bilbon Sacquet ! »

En tout cas, difficile de savoir si c’était une elfe ou une apparition qui chantait sur scène, mais Jessyka Aké a captivé l’audience. « Une présence hypnotique » selon le caméraman… Autant à l’aise quand il faut donner de la puissance que sur les passages plus lancinants comme par exemple l’excellent My holy guest, la chanteuse sait aussi insuffler des couleurs soul et funky.

Plusieurs titres surfent sur un groove propice au déhanché, et la rythmique formée par Niko Sarran et le bassiste Pierre Cordier prouve que le hard-rock ça peut aussi parfois swinguer. D’ailleurs, le public n’a pas hésité à se laisser porter par les rythmes à la fois énergiques et dansants, qui dans le même temps côtoyaient des atmosphères très psyche-hard-seventies. L’influence de couleurs pourpres profondes n’était pas très loin non plus…

Groove pour danser ou déflagration sonore psychédélique, l’ambiance était bien là. Et la Vache Rouge qui a l’habitude de programmer de la musique qui envoie du steak, avait en plus ce soir-là les saveurs pimentées de Red Beans & Pepper Sauce. Un concert comme on les aime : saignant et bien assaisonné.

© Jean-François Convert – Novembre 2022

merci à Pascal Sauriat pour ses photos

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