‘Machine Head’ de Deep Purple a 50 ans

Le 25 mars 1972 arrivait dans les bacs le sixième album studio de Deep Purple. Le disque de ‘Smoke on the water’, mais pas uniquement.

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Le riff le plus célèbre du rock ?

Smoke on the water… Qui n’a jamais entendu ces 4 notes ? Quel apprenti guitariste n’a pas cherché à reproduire ce riff iconique du hard-rock, et même du rock tout court ? Certains l’ont même qualifié de riff le plus célèbre de l’histoire de la musique… ce à quoi Joe Satriani répondait :

Le riff le plus connu de tous les temps ? Non ce n’est pas ‘Smoke on the water’, c’est la 5ème de Beethoven !

Quatre notes seulement là aussi… comme quoi l’adage « less is more » est souvent vérifié en musique. Mais d’où viennent-elles ces quatre notes ? Les histoires racontées par le groupe sont légion : le bassiste Roger Glover aurait eu l’inspiration divine en dormant, Ritchie Blackmore évoque les écarts de quarte chers à Bach… En fait il semblerait qu’un air de bossa-nova ait tout simplement donné des idées au groupe

Rien de condamnable à s’inspirer de quelque chose d’existant, aucun artiste n’invente à partir de rien. Mais ils auraient tout bonnement pu l’avouer au lieu de se perdre dans des considérations mystico-savantes. D’autant que pour Child in time sur In rock en 1970, Ian Gillan avait parfaitement reconnu en interview que le groupe l’avait composé en improvisant sur la base de Bombay Calling par It’s a Beautiful Day. Ils auraient pu faire de même pour Smoke on the water et sa similitude harmonique évidente avec le thème au piano de Maria Quiet.

Un morceau emblématique

Mais si Smoke on the water reste encore aujourd’hui comme le titre phare de Deep Purple et l’un des hymnes du hard-rock, c’est aussi à cause de son histoire. Le texte raconte l’incendie du casino de Montreux en Suisse, survenu le soir du 4 décembre 1971, lors d’un concert de Frank Zappa. Ian Gillan est dans le public, juste à côté du spectateur qui tire un coup de pistolet de détresse dans le plafond de bois et déclenche l’embrasement.

Le groupe de hard rock était justement arrivé la veille à Montreux pour enregistrer l’album Machine Head, dans le casino. Une manière pour eux de donner un son « live » à leur album, sans organiser un vrai concert. Cette idée se voit littéralement partir en fumée, puisque Deep Purple se retrouve assis sur le balcon de l’Eden Palace, pour regarder le Casino se consumer, laissant une épaisse fumée noire glisser sur le lac Léman.

© Denys Legros

Comme l’explique le claviériste Jon lord dans l’interview ci-dessous, les gens demandent souvent « de quoi parle exactement ‘Smoke on the water’ ? », alors qu’ils suffit d’écouter les paroles : elles relatent précisément la mésaventure de ce concert de Zappa du 4 décembre 1971. Et pourtant, Ian Gillan ne manquait pas de réexpliquer l’histoire avant chaque interprétation du morceau :

L’autre élément intéressant de cette interview est la différence de perception du groupe quant aux hits potentiels de l’album. Alors que la maison de disques ne jure que par Smoke on the water (et l’avenir lui donnera raison), les musiciens restent convaincus que le single doit être… Never before.

Le reste de l’album également incontournable

Peut-être le morceau qui sonne le moins hard-rock de l’album, et avec un pont central (« Middle eight » en V.O. dans l’interview de Jon Lord) très floydien à mon goût, Never before sort en single avec en face B When a Blind Man Cries. Ce dernier titre est écarté de l’album mais figure sur les différentes rééditions à partir de 1997.

Les autres chansons ne sont pas en reste. L’ouverture Highway star contient à la fois le chant suraigu de Ian Gillan, les arabesques néo-baroques de Jon Lord, les guitares harmonisées de Ritchie Blackmore et des triolets impressionnants de vélocité, une décennie avant l’apparition des shredders des eighties.

Maybe I’m a Leo constitue sans doute un cauchemar pour les jeunes musiciens qui cherchent à caler le riff sur les temps forts, tandis que Pictures of home et Space truckin’ offrent à respectivement Roger Glover et Ian Paice leur moment sous les feux de la rampe : solo de basse sur l’un, breaks rallongés de batterie sur l’autre.

Des musiciens hors-pair

Mais globalement, ce sont avant tout Gillan, Blackmore et Lord qui prennent la lumière tout au long des sept titres. Le chanteur pousse sa voix dans ses retranchements à plusieurs reprises (Highway star, Lazy, Space truckin’), le second fait sonner sa stratocaster comme une Les Paul (sonorité chaude et épaisse avec beaucoup de médiums), et le troisième utilise son orgue comme s’il s’agissait d’une guitare. Le clavier sur Smoke on the water et Space truckin est parfois dans les mêmes couleurs sonores que la six-cordes.

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Et le morceau sur lequel s’illustre le mieux la maitrise de Lord en matière de saturation et d’alternance entre son classique et distordu est Lazy. Une intro qui donne l’impression d’être dans une église avant un déferlement de déflagrations sonores, puis qui enchaine sur un shuffle ternaire. Ambiance bluesy renforcée par l’harmonica plus tard dans la chanson.

Comme on peut le voir sur ces images tournées le 1er mars 1972 à Copenhague, Deep Purple avait entamé sa tournée avant même la sortie de l’album. Cette tournée donnera lieu au fameux double live Made in Japan, enregistré lors de concerts en août et paru en décembre de la même année. Le groupe dans sa formation dite ‘Mark II’ était alors à son apogée, et ce Machine head sorti il y a tout juste 50 ans aujourd’hui constitue sans conteste leur album studio le plus abouti.

© Jean-François Convert – Mars 2022

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2 commentaires sur “‘Machine Head’ de Deep Purple a 50 ans

  1. ten years after !!!

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  2. Super groupe qui a fait de ma jeunesse une vie merveilleuse sans oublier led zeppelin thé who , t’en years acter etccc

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