Une chanson à la loupe: “Knockin’ on heaven’s door” de Bob Dylan

Un des morceaux les plus connus du grand Zim, et repris un nombre incalculable de fois. Quelques versions parmi les plus connues.

La version originale

En 1973, Bob Dylan compose la musique du film Pat Garrett and Billy the Kid de Sam Peckinpah. Il apparaît même dans le rôle de Alias, personnage énigmatique et membre de la bande du Kid, incarné par Kris Kristofferson.

Le film accrédite la thèse selon laquelle il y aurait eu une relation d’amitié entre Pat Garrett et Billy le Kid. Or cette théorie est loin de faire l’unanimité chez les historiens de la conquête de l’ouest. (Wikipedia)

La chanson intervient quand meurt le shérif. Il sent qu’il est « en train de frapper aux portes du paradis ». Il dit qu’il n’aura plus besoin de ses revolvers ni de son étoile (« badge »), qu’il fait « trop noir pour voir » et qu’il sent arriver un « grand nuage noir » (deuxième couplet).

Cette version originale est très belle avec des chœurs aux légers accents gospel, pourtant bien avant que Dylan ne se convertisse au christianisme (à la fin des années 70 avec l’album Slow train coming).

Les versions live de Bob Dylan

Le chanteur l’a reprise en concert d’innombrables fois, souvent de façon différente. Quelques exemples :

1975

Pour la tournée Rolling Thunder Revue, Dylan change les paroles

1976

1986

Accompagné par Tom Petty and the Heartbreakers durant leur tournée australienne

Cette même année, Bob Dylan a également rejoint Dire Straits sur scène, aussi en Australie. Et ils ont bien sûr joué Knockin’ on heaven’s door, mais l’enregistrement pirate de très mauvaise qualité n’est pas disponible en streaming. Plus d’infos sur cet article.

1995

Pour la version MTV Unplugged, le chanteur apporte des variations dans la mélodie

Les reprises par Jerry Garcia / Grateful Dead

Jerry Garcia propose au fil des années différentes approches du morceau.

1976

Le Jerry Garcia Band est créé en 1975. Pour sa première tournée en 1976, le morceau est exécuté très lentement.

1977

L’année suivante il s’accélère légèrement

1978

En 1978, le groupe exécute une version entièrement basée sur un rythme reggae

Années 80

A partir de 1980, le guitariste propose une lecture plus classique, seul le refrain est exécuté avec une rythmique reggae.

1987-1990

Grateful Dead joue fréquemment ce morceau sur scène, à partir de l’été 1987, date de la tournée commune du groupe avec Bob Dylan.

Une version est publiée dans l’album Dylan and the Dead, puis, à partir de cette période, le morceau est fréquemment utilisé comme rappel par le groupe, comme lors du concert du 1er avril 1988,

ou lors du concert du 20 septembre 1990 (entre autres)

La reprise par Arthur Louis (1975)

En janvier 1975, le musicien jamaïcain Arthur Louis enregistre une version reggae, où il est accompagné par un certain Eric Clapton, qui s’est pris d’affection pour le reggae depuis sa reprise de I shot the sheriff de Bob Marley, 1 an plus tôt

La reprise par Eric Clapton (1975)

Ce même Eric Clapton reprend à son compte l’arrangement reggae, et sort sa propre version en single, seulement 2 semaines après la version d’Arthur Louis, en août 1975. Ce single accompagne la sortie de son album There’s one in every crowd, sorti quelques mois plus tôt, en mars ( Ma chronique de l’album)

Clapton joue la chanson en concert dans les années 70, comme par exemple lors de cette émission “Old Grey Whistle Test” sur la BBC en 1977 (concert entier ICI) :

La reprise par Randy Crawford (1989)

Pour la série des films L’Arme Fatale (Lethal weapon en VO), c’est encore ce même Eric Clapton qui signe la bande originale. Et sur l’opus 2 en 1989, il invite Randy Crawford à venir chanter une reprise de la chanson de Dylan. Il y tient la guitare, et dans le clip, on aperçoit juste ses mains sur le manche durant le solo.

C’est par cette version que j’ai découvert la chanson.

La reprise par Eric Clapton, en live avec Phil Collins (1990)

Durant sa tournée qui suit Journeyman ( Ma chronique de l’album), Eric Clapton reprend le morceau en concert, notamment lors des fameuses 24 dates au Royal Alert Hall en 1990 (qui donneront lieu à l’album live 24 Nights), ici avec Phil Collins (qui lui aussi la reprend en solo dans les années 90) :

La reprise par Guns N’ Roses (1991)

Un énorme tube pour les Guns en 1991 sur leur opus Use your illusions II. En concert, Slash jouait une longue intro en solo et utilisait une Gibson SG double manche. Ce même type de guitare avait été rendu célèbre par Jimmy Page sur Stairway to heaven, et Don Felder sur Hotel California. On a également pu voir le bluesman canadien Paul DesLauriers l’utiliser plus récemment.

La reprise par Ted Christopher & Mark Knopfler pour les victimes de Dunblane (1996)

En 1996 sort cette version dont les bénéfices vont au soutient des familles des victimes du massacre perpétré à l’école de Dunblane le 13 mars 96, ayant coûté la vie à 16 enfants. Les paroles sont modifiées pour s’adapter au contexte.

Le chant est assuré par Ted Christopher, et Mark Knopfler fait pleurer sa guitare, sa principale à cette époque : La Les Paul 58

La reprise par U2 en live avec un fan (2001)

En 2001, pendant leur tournée Elevation, le quatuor irlandais invite un fan à monter sur scène, pour jouer la chanson de Dylan

La reprise par Bryan Ferry (2007)

En 2007, l’ex-leader de Roxy Music sort Dylanesque, un album entièrement constitué de reprises de Bob Dylan. Knockin on heaven’s door en fait partie, dans un arrangement pop feutrée à la rythmique chaloupée, avec quand même un soupçon d’harmonica.

La reprise par Josh Turner & Carson McKee (2013)

Le duo de Youtubeurs, connu sous le nom de The Other Favorites, excelle dans les reprises de standards, toujours en simplicité et sobriété, et celle-ci ne déroge pas à la règle. Josh Turner a sorti un disque As good a place as any l’année dernière ( Ma chronique de l’album).

Il ne s’agit bien sûr que de quelques exemples, la liste entière des reprises est interminable : Nick Cave, Aerosmith, Nina Hagen, Roger Waters, Bon Jovi, Avril Lavigne, Bruce Springsteen, Rory Gallagher, Lana Del Rey, CharlÉlie Couture, Louis Bertignac… et bien d’autres.

Une chanson mondialement connue, qui a traversé les époques et les modes, et a été adaptée dans différents styles. Une fois de plus, Bob Dylan a frappé fort, et a su écrire et composer un hymne universel. Quand un morceau fonctionne dans tous les genres musicaux, il n’y a pas de secret, c’est que c’est un sacré bon morceau.

Bientôt un demi-siècle qu’on entend “frapper aux portes du paradis”, et la magie opère toujours.

© Jean-François Convert – Mars 2020

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5 commentaires sur “Une chanson à la loupe: “Knockin’ on heaven’s door” de Bob Dylan

  1. Magnifique liste de reprises ! Il en est une une par Kuku, musicien américain vivant de nos jours à Paris, que je propose dans ma traduction de la chanson, où l’on perçoit une touche baudelairienne :

    http://www.rocktranslation.fr/2018/11/bob-dylan-knockin-on-heaven-s-door.html

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    1. merci pour le lien

  2. Super, il y en a plein que je ne connaissais pas !
    Et parmi les reprises , il y a en deux différentes par la chanteuse folk britannique Sandy Denny (Fairport Convention, Fotheringay) , décédée en 1978, complètement époustouflantes.
    Elles sont sur You Tube.

    Merci !

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  3. Merci pour cet article et pour les vidéos du Grateful. Je te conseille, si tu ne l’as pas vu, le documentaire en 6 parties disponible sur Amazon Prime : The Long Strange Trip.

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  4. Même quand on croit connaitre, ce qui est super avec toi, Jeff, c’est qu’on apprend encore . découverte des covers d’Arthur Louis, de Brian Ferry et de Turner & MCkee. Merci l’ami

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