Todd Sharpville, héritier des guitar-heroes blues-rock

Avec son nouvel album ‘Medication Time‘ à paraitre le 8 juillet, Todd Sharpville confirme sa position d’héritier des grandes références de la guitare blues-rock.

Un parcours déjà riche

Enfant, Todd Sharpville découvre le blues en écoutant Freddie King mais son style s’avère plus proche de celui de T-Bone Walker, BB King, Buddy Guy, Albert King ou encore Magic Sam. Durant son adolescence, le bluesman californien Joe Louis Walker fut son mentor. Dans les années 90, Todd tourne avec Hubert Summon, Ike Turner et Byther Smith et joue aussi avec Taj Mahal, Peter Green, Little Milton, Lonnie Brooks, Duke Robillard et Derek Trucks & Susan Tedeschi.

Son 1er album Touch Of Your Love sorti en 1992 chez Red Lightin Records remporte les prix du “Meilleur Album” et “Meilleur Guitariste” au British Blues Awards, marquant ainsi le début de sa carrière internationale. Meaning Of Life paru en 2001 avec des invités tels que Snowy White et Mick Taylor reçoit aussi un bel accueil médiatique. L’album Diary of a Drowning Man qui contient un duo avec l’artiste britannique Sam Brown (Sweet Redemption) fait aussi l’unanimité. Entre 2005 et 2007, Todd assure les premières parties sur les tournées européennes de Joe Cocker et Pink. En 2010 son album Porchlight produit par Duke Robillard avec des invités comme Kim Wilson (Fabulous Thunderbirds) et Joe Louis Walker lui valent encore les honneurs.

Sous la bienveillance d’Eric Clapton…

Pour la sortie de ce nouvel album Medication Time, Todd Sharpville se produit en première partie de la tournée anglaise d’Eric Clapton en mai 2022 ainsi que sur la scène du prestigieux Royal Albert Hall. Quoi de plus naturel pour celui qui ouvre son album avec Walk Out In The Rain, morceau de Clapton et Helena Springs qui ouvrait l’album Backless du dieu de la guitare en 1978. Mais Todd Sharpville la transfigure totalement, et la gentille ballade country devient un blues lourd et puissant. Et dans le jeu de guitare on entend des influences claires de Clapton.

…et d’autres influences bien marquées

À l’écoute de chaque morceau, on croit entendre le style d’un guitariste connu. Get outta my way et God loves a loser ont des airs de Popa Chubby, tandis que John Mayer n’aurait sans doute pas renié le final I don’t need to know your name. Et la façon de jouer de Stevie Ray Vaughan s’entend dans Tangled up in thought, la chanson-titre Medication Time ou dans le duel de six-cordes avec Larry McCray sur Brothers from another mother :

On navigue entre blues, soul et rock, avec une guitare omniprésente, bien soutenue par des claviers, parfois des cuivres (qui sonnent presque New Orleans dans Stand your grown), et une section rythmique sans faille. Le magnifique Silhouettes offre une ambiance crépusculaire jazzy. Et on a même droit à une incursion dans le pur rockabilly avec Red Headed Woman de Springsteen. Une chanson que Todd Sharpville reprenait déjà en 2020 lors de ses vidéos à l’ambiance humoristique pendant le confinement :

En revanche la reprise de Money for nothing n’est pas très réussie (forcément je suis exigeant en tant que fan de Dire Straits…). Si l’idée de transposer le morceau en ternaire et de jouer le fameux riff à l’harmonica est plutôt intéressante, le reste du morceau ne parvient pas à convaincre, et dommage que les accords du refrain soient mal retranscrits. On a du mal à retrouver l’esprit du morceau. Quite à adapter la chanson dans le style blues, autant aller jusqu’au bout dans l’esprit deep-south-delta comme Mark Knopfler l’avait fait lui-même, et de façon magistrale lors de sa tournée en 2001.

Mis à part ce petit bémol, Medication Time est un excellent album, et Todd Sharpville ravira les fans de blues anglais qu’il incarne depuis 30 ans déjà.

© Jean-François Convert – Mai 2022

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