Mes impressions sur le ‘Rooftop concert’ des Beatles au cinéma

Ce dimanche 27 février je suis allé voir le fameux ‘Concert sur le toit’ des Beatles, extrait du film ‘Get Back’ de Peter Jackson. Une séance de pur bonheur.

© Jean-François Convert / Cinéma Pathé, Lyon – Carré de Soie

Un concert mythique, le dernier des Beatles

Quel plaisir d’avoir enfin pu voir ce concert mutique dans son intégralité. J’avoue ne pas avoir encore eu l’occasion de visionner le film de Peter Jackson (près de 8 heures tout de même !), mais cette séance au cinéma pour 1 heure de Fab Four m’a déjà bien comblé.

Le film se concentre sur le dernier concert public des Beatles, donné sur le toit de leur maison de disques Apple, le 30 janvier 1969, durant les Get back sessions, qui donneront un an plus tard l’album testament Let it be. En préambule, un rapide résumé retrace l’ascension fulgurante des 4 liverpuldiens au sommet du monde, avec les débuts à Hambourg, l’apogée de la Beatlemania, l’arrêt des tournées, pour aboutir enfin à ce show improvisé et finalement interrompu rapidement par la police londonienne.

La carrière des Beatles résumée en quelques minutes

Parmi les archives s’étalant de 1956 à 1969, le tatillon que je suis n’a pas pu s’empêcher de relever 3 petites « erreurs » (sans qu’aucune ne prête à controverse ou polémique stérile, mais juste pour le fun) :

  1. La chanson Yellow submarine est sous-titrée par l’année 1966, ce qui est tout à fait exact puisqu’elle figure sur l’album Revolver, mais est illustrée par les images du dessin animé qui lui date de 1969
  2. La chanson Sgt. Pepper’s lonely hearts club band est illustrée par le clip de Hello Goodbye, ce qui donne une impression de mauvais playback, notamment lors d’un plan serré sur Paul en train de chanter au piano
  3. Le passage spécifiant les innovations sonores des Beatles, en matière par exemple de bandes lues à l’envers, est illustré par des images de sessions d’enregistrement de l’Album blanc, alors que les premières expérimentations techniques des Fab Four datent de Revolver, deux ans auparavant.

Passée cette introduction qui plante le décor, on rentre dans le vif du sujet : un événement spontané, devant servir pour le projet alors en cours, un film et un album.

L’intégralité d’un show qu’on ne connaissait que par bribes

Jusqu’à présent, ce moment culte de la fin de carrière des Beatles n’était connu qu’à travers de rares extraits visibles dans le film Let it be de Michael Lindsay-Hogg. Et 3 morceaux joués ce jour-là, Dig a pony, I’ve got a feelin et One after 909, figurent sur l’album sorti en avril 1970, et remixé par Phil Spector. Mais hormis ces passages (coupés pour certains) et quelques photos, on n’avait pas de témoignage complet de ce qui reste la dernière apparition publique du groupe le plus célèbre de l’histoire de la musique moderne. Et pourtant, on savait bien qu’il avait été filmé et enregistré en intégralité (mis à part I Want You (She’s So Heavy) car Alan Parsons était en train de changer de bande).

Il aura fallu attendre plus d’un demi-siècle et toute la ténacité du réalisateur Peter Jackson pour assister enfin à ce concert en entier. Un peu plus de 40 minutes de musique brute, live, sans filet, par 4 garçons dans le vent (et dans le froid) qui ont révolutionné le rock et la musique en général.

La playlist complète est disponible sur la chaine YouTube officielle des Beatles :

Image et son au top

La projection en IMAX nous plonge dans l’ambiance sonore de l’époque. Le mixage fait ressentir les différents angles auditifs, selon qu’on entendait la musique depuis le toit, depuis la rue, depuis l’immeuble d’en face, ou depuis le hall de l’immeuble. Un gros travail audio a permis de restituer ce que percevaient les passants londoniens, aussi bien que les agents de police pénétrant dans les bureaux, ou les opérateurs de prises de vues situés sur le toit de l’autre côté de la rue.

Côté image, l’utilisation régulière du split-screen (mais pas en permanence) offre une vison multiple et riche de l’événement. On peut tout aussi bien observer les musiciens, le dispositif technique, les mines atterrées des « bobbies », que le public répondant aux questions.

Une performance unique

La question n’est pas tant de savoir si les Beatles donnent leur meilleure prestation ou pas, mais plutôt d’être témoin d’un moment de camaraderie bon enfant. Quelques fausses notes ou faux départs par-ci par-là, mais on sent la complicité retrouvée et le plaisir de jouer.

Des instruments mythiques : l’Epiphone Casino poncée en finition naturelle de John, la Telecaster Roswood de George, la basse Hofner de Paul, et la batterie Ludwig de Ringo. Auxquels on ajoute le piano électrique de Billy Preston. Tous les instruments visiblement branchés dans des amplis Fender type silver face, directement, sans effets. Une pédale qui ressemble à une wah-wah est posée devant un ampli mais sans être branchée, et peut-être un switch (tremolo ?) pour George qu’on le voit actionner vers la fin.

Et ce même George qui alterne jeu au mediator et jeu aux doigts, une particularité que je n’avais jamais notée jusqu’à présent.

Un baroud d’honneur

George qui d’ailleurs à la toute fin du concert s’agace du fait que les amplis soient éteints par le manager Mal Evans, à la demande de la police. Le guitariste le rallume intempestivement pour relancer une dernière reprise de Get back, sur laquelle Paul va broder des paroles directement adressées aux bobbies.

Cette dernière apparition publique des Beatles donne un peu l’impression d’un ultime pied de nez à l’establishment. La police reproche aux 4 musiciens de troubler l’ordre public en faisant trop de bruit ! Mais à part une ou deux exceptions parmi les badauds, la majorité des passants se réjouit d’un tel brouhaha. On les entend dans tout le quartier ? Tout le monde en semble ravit, quelque soit l’âge ou le milieu social.

C’est tout simplement parce que le maitre-mot de ce concert est la bonne humeur et la spontanéité. John demande même à un assistant de lui tenir les paroles de Dig a pony car il ne les connait pas par cœur ! On dirait les Fab Four revenus au temps des Quarrymen, de Hambourg, ou du club The Cavern. Pas un hasard d’ailleurs s’ils jouent un des morceaux de leurs débuts One after 909.

Un générique dans l’esprit du film ‘Get back’

Après les fameuse phrases finales de Paul et John (« thanks Mo ! » et « I hope we passed the audition ! » ), cette bonne ambiance se poursuit dans le studio où les musiciens écoutent leur prestation enregistrée. John, Paul et Ringo sont avec leurs compagnes, respectivement Yoko, Linda et Maureen, tandis que George apparait comme le seul célibataire du jour. Patti Boyd ne semblait pas présente à ce moment-là.

S’ensuit le générique de fin, où bizarrement Billy Preston est mentionné assez tardivement à mon goût. On assiste à plusieurs extraits des sessions d’enregistrement de entre autres Two of us, The long and winding road et Let it be. Pour cette dernière chanson, les sous-titres indiquent qu’il s’agit de la version figurant sur l’album, tout comme ils l’avaient indiqué pour les morceaux retenus du concert (Dig a pony, I’ve got a feelin et One after 909).

John fait l’imbécile en mimant les paroles de Let it be, et plusieurs sourires sont échangées entre George, Paul, Ringo et Billy Preston. On ressent vraiment une atmosphère détendue, à l’opposé de ce qu’on a cru pendant des années. Même si je n’ai pas encore vu le film de Peter Jackson, je sais déjà qu’il montre des sessions au climat bien moins délétère que ce que la légende a bien voulu diffuser depuis 50 ans. Et ces images de générique de fin, un peu à la mode bêtiser, sont clairement dans cet esprit.

Oui les Beatles ont fini par se séparer, mais ils ne se détestaient pas tant que ça. Et ce concert sur le toit donne à voir des musiciens heureux de jouer ensemble. Un bonheur qu’on ne peut que partager en regardant et écoutant ce moment culte de l’histoire du rock.

© Jean-François Convert – Février 2022

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7 commentaires sur “Mes impressions sur le ‘Rooftop concert’ des Beatles au cinéma

  1. Bonjour,
    Je suis très en retard pour découvrir ce superbe témoignage du concert version IMAX, que j’ai trouvé dans sa version « ordinaire ». Très bel article, fouillé et très bien documenté avec les vidéos. Du beau travail.
    Etant également fan des BEATLES, je peux aisément partager mes trouvailles…

    A bientôt peut-être,
    A splendid time is garanteed for all!
    Régis

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  2. J’ai vu les Fab 4 à l’Olympia en 64 et au Palais des sports en 65 +Hendrix en 67 à l’Olympia – Les seuls mots dont je dispose pour décrire ce que j’ai ressenti sont : Joie intense et créativité fulgurante. J’ai acquis la certitude que le monde changera à cause de ces deux mots en actes : Joie et Créativité envahissant le monde partout à la fois en un seul coup de façon irréversible –

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    1. merci pour ce témoignage

  3. Pour ma part j’ai regardé les 8h de la série diffusée sur Disney.
    Outre tout l’intérêt de voir en immersion ce groupe de légende construire peu à peu ses chansons et son album c’est une surprise de taille qui m’attendait.
    On y découvre tout du long un John Lennon adorable, drôle, patient et empathique à côté d’un Paul McCartney charmeur et charmant certes, mais parfois autoritaire et souvent tourmenté, passant bien souvent du péremptoire au doute…
    Bref exactement le contraire de ce que la légende veux bien nous dire !

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    1. merci. ça donne encore plus envie de voir le film

    2. Pas étonnant c était le seul’a bosser et tout créer john toujours aussi fainéant ….. sans paul il n y aurait pas eu cet album car lui seul a pousse les autre à travailler et surtout à créer get back et un album exceptionnel

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  4. Un très bon résumé de ce que j’ai regardé ému à la sortie sur la plateforme Disney.
    J’avais 8 ans en 69 et je me souviens de cette époque magique de mon enfance et déjà fan de ce groupe. Je les ai suivi dans leurs productions solo avec toujours le regret de ne pas les avoir vu rassemblé sur une scène.
    Il y a une semaine je suis passé à Londres en famille et je n’est pu m’empêcher d’aller au 3 Savil row….

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