Les Beatles donnaient leur dernier concert il y a 50 ans aujourd’hui

Il y a tout juste 50 ans aujourd’hui, le 30 janvier 1969, les Beatles donnaient un concert improvisé sur le toit de l’immeuble “Apple Corps”, leur maison de disques récemment créée, 1 an auparavant.

En ce mois de janvier, les Fab Four sont en pleines sessions d’enregistrement de ce qui devait être leur nouvel album, à la suite du double blanc paru en novembre 1968. Ils ont délaissé les mythiques studios d’Abbey Road, pour aller à ceux de Twickenham, habituellement réservés au cinéma. Leur projet est de combiner un film avec l’album. Les répétitions sont filmées et on peut y voir en direct la dislocation du groupe, notamment cet échange mémorable entre George et Paul, où le guitariste excédé, finit par dire à celui qui tente de tenir tant bien que mal les rênes du groupe :

« je jouerai ce que tu me diras de jouer, ou je ne jouerai pas du tout si tu ne veux pas que je joue ».

George Harrison à Paul McCartney

L’ambiance est exécrable. La tension se ressent dans le moindre plan, le moindre dialogue. Et la présence de Yoko Ono finit d’exacerber les rancœurs accumulées au cours des années.
Le groupe se déchire et le projet de l’album sera abandonné, jusqu’à ce qu’un an plus tard, Lennon le ressorte des cartons, et demande à Phil Spector d’y apporter sa touche personnelle. Les bandes sortiront sous le nom « Let it be » en mai 1970, contre l’avis de McCartney.
Ce dernier retravaillera les bandes, et sortira Let it be naked en 2003, épuré, et débarrassé des arrangements boursouflés de Spector.
C’est donc bien le dernier album sorti du vivant du groupe, mais pas leur chant du cygne, puisque Abbey Road a été enregistré à l’été 1969, dans un moment de complicité retrouvée provisoirement, et reste donc leur ultime chef d’œuvre, publié en septembre 1969, presqu’un an avant la sortie de Let it be.
Abbey Road qui fêtera cette année son cinquantenaire.

Mi-janvier 1969 Le groupe quitte les studios Twickenham et se rabat sur son propre studio, dans le sous-sol du bâtiment de leur compagnie Apple, au 3 Saville Row, en plein cœur de Londres.
George Harrison qui avait quitté le groupe pendant une dizaine de jours, revient avec Billy Preston dans ses bagages. Ce dernier accompagne les Fab Four au piano électrique et à l’orgue. Sa présence apaise les tensions, et l’ambiance redevient un peu plus respirable.
Les Beatles racontent que le même phénomène s’était produit lorsqu’Eric Clapton était venu enregistrer son mythique solo sur While my guitar gently weeps, lors des sessions du non moins mythique album blanc. La présence d’une personne extérieure au quatuor avait pour effet de recentrer les sessions sur la musique et la création, en mettant de côté les problèmes relationnels.

Le 30 janvier, après de nombreuses tergiversations sur la forme que doit prendre le premier concert depuis leur dernière tournée, (le 29 aout 66 à San Francisco), ils décident de jouer un concert “privé ” sur le toit de l’immeuble Apple. Ils s’y produisent avec Billy Preston, pendant 42 minutes, et jouent 5 titres différents :


Get Back (trois fois)


Don’t Let Me Down (deux fois)


I’ve Got a Feeling (deux fois)

One After 909

Dig a Pony


– une brève version de God Save the Queen

– Ils abordent rapidement I Want You (She’s So Heavy), que l’on retrouve sur l’album Abbey Road, et qui ne sera pas enregistré ce jour-là, le second ingénieur du son Alan Parsons étant en train de changer de bande.

Après la dernière chanson, on entend McCartney dire : «Thanks Mo’! » («merci Mo’ !»), saluant ainsi les applaudissements enthousiastes et les encouragements de Maureen Starkey, la femme de Ringo.

Le concert est interrompu par la Police. C’est également cette intervention qui clôt le film.

Lennon conclut avec sa célèbre remarque :

« I’d like to say ‘thank you’ on behalf of the group and ourselves, and I hope we passed the audition! »

(« Je voudrais vous remercier au nom du groupe et de nous-mêmes, et j’espère que nous avons réussi l’audition ! »)


Cette phrase sera insérée dans l’album, juste après la version réenregistrée en studio de Get Back.

Une phrase qui apparaîtra à la fin du disque sortant en 1970, et signant ainsi la fin officielle d’un groupe ayant révolutionné la musique du 20ème siècle, et même la musique en général.

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