Le Bœuf de la Vache Rouge côté animateur

Ce mercredi 20 décembre j’ai animé pour la première fois le bœuf à la Vache Rouge. Une chouette expérience.

En mars prochain, cela fera deux ans que je participe régulièrement au Bœuf mensuel de la Vache Rouge qui se tient chaque dernier mercredi du mois à Vénissieux, dans l’agglomération lyonnaise. Une ambiance toujours conviviale, détendue, où la musique et la bonne humeur font bon ménage. Des musicien-nes régulier-es qui sont devenu-es au fil des mois des ami-es avec qui on rigole autant qu’on joue. Mais cette semaine, j’étais chargé d’animer la soirée et l’expérience change légèrement le ressenti quand on se retrouve de ce côté-ci du micro.

Les dilemmes de la setlist

Tout d’abord, il a fallu concocter la setlist. 15 morceaux, pas un de plus, c’est la règle. Choix difficile voire cornélien. Des chansons qu’on aime jouer ? qu’on aime entendre ?…certes, mais il faut aussi prendre en compte des styles musicaux qui s’adaptent au lieu et à la configuration (on ne va pas proposer un duo guitare-voix ou piano-voix par exemple), essayer de faire intervenir le maximum d’instruments, de registres vocaux divers… bref ça se réfléchit. Pour ma part, je voulais également trouver des titres qui n’avaient pas été joués précédemment.

Mais surtout, la contrainte qui s’est révélée au cours des inscriptions pendant les 4 semaines précédant le bœuf, c’est que jusqu’au dernier moment on n’est jamais sûr que tous les postes seront comblés. Il faut donc anticiper, et prévoir des morceaux qu’on sache soi-même jouer… à n’importe quelle place dans le groupe ! Là où je suis le plus à l’aise c’est la guitare, il me reste encore quelques notions de piano, et je peux faire un semblant de ligne de basse (primaire hein, en gros enchainer les toniques de chaque accord), comme par exemple sur le titre d’ouverture Moonlight Shadow :

Mais en revanche incapable d’assurer la batterie… de ce côté là, même si certaines cases n’étaient pas remplies, je savais qu’il y avait toujours moyen de trouver des batteurs sur place. Non, le plus embêtant c’était d’avoir à éventuellement prendre le chant au pied levé !

« Quand j’étais chanteur… »

Je chantonne dans un registre très moyen, mais ça s’arrête là. Oui j’arrive à baragouiner Sultans of swing, mais je ne risque pas d’interpréter du AC/DC, Led Zeppelin ou Queen ! C’est pour ça qu’au début j’ai plutôt misé sur des morceaux que je pouvais éventuellement interpréter le cas échéant, comme par exemple Sarbacane :

YouTube a cru reconnaitre une version live de Cabrel au palais des Sports de Toulouse en décembre 1989…

De la même façon, j’avais mis par exemple Banlieue Rouge de Renaud dans ma première setlist, parce que je savais que je pouvais le chanter. Sauf que ça n’a inspiré personne… Pas plus L’Aigle noir de Barbara, Woman de John Lennon, ou Asimbonanga de Johnny Clegg qui avaient bien des chanteuses et chanteurs, mais au mieux une basse et une batterie pour accompagner… Quant à l’idée de jouer Jingle Bells Rock, quelques jours avant noël, ça n’a pas suscité un enthousiasme délirant…

Bref, j’ai changé en proposant cette fois Come Together, Cocaine, Up around the bend, et retenté le clin d’œil aux fêtes de fin d’année avec Please come home for Christmas version Eagles.

Noël n’a visiblement pas inspiré plus que ça, Come Together a été sauvé par Franck et Mary qui l’ont assuré à deux voix, et pour Cocaine, je savais que je pouvais le passer à peu près au chant. JC s’est invité au saxo (comme sur d’autres titres n’en comportant pas à l’origine dont Sarbacane, I’ll stand by you, Piece of my heart) et j’ai essayé d’insérer des citations musicales dans mon solo en glissant les riffs de Satisfaction et Day Tripper et en ironisant « ah non c’est pas le bon morceau », mais pas sûr que ma boutade ait été perçue par tout le monde :

Quant à Up around the bend dont je pensais qu’il aurait attiré plus de monde que ça, on s’est retrouvé en trio avec Bolec à la basse et Mickael à la batterie, et non je n’ai pas la voix de Fogerty ! (ou alors à la limite celle du frère Tom peut-être…). Ce morceau a vraiment été symptomatique de mon dilemme dans le choix de la setlist : proposer des morceaux de tous registres en espérant avoir quelqu’un au chant, et prendre le risque de devoir s’y coller sans être adapté, ou assurer le coup et ne choisir que des chansons qu’on est capable de chanter, ce qui dans mon cas restreint énormément le champ des possibles…

Quoiqu’il en soit, j’ai tenté de faire de mon mieux, Bolec a repris les refrains à la bonne octave, celle de Fogerty, tandis que j’étais une en dessous. Il n’y a pas de vidéo disponible de Up around the bend… et c’est tant mieux ! En revanche, il y en a une de Brown Sugar où je me suis égosillé… n’est pas Mick Jagger qui veut…

Pour ma petite madeleine perso The girl is mine, je m’étais préparé à faire la voix de McCartney (après Jagger, Fogerty et presque Stewart, pourquoi s’arrêter ?…) mais Sandra et Franck l’ont chanté merveilleusement. J’ai pianoté quelques notes, mais surtout savouré le moment avec l’impression de me retrouver quelques instants au collège

Je ne me suis pas risqué à m’aventurer sur le registre de Rod Stewart pour People get ready. De toute façon, sans les nappes de clavier, il était difficile d’avoir un rendu satisfaisant.

Les affres du clavier

Ah le clavier, une autre gageure de la soirée ! Aucun claviériste d’inscrit au final… le maitre Andreas indisponible… autant dire qu’il allait falloir se dépatouiller… et heureusement encore une fois, c’est Franck qui est venu à la rescousse ! On a cherché comment transposer avec ce modèle sur Internet, comment modifier les sons… avec aussi l’aide de Karlo.

J’ai joué quelques notes sur I heard it through the grapevine (en Ré, transposé en Mib grâce à notre trouvaille sur Internet), tandis que Franck a pris le clavier sur Cocaine et I’ll be there for you, et Martin sur Come Together.

YouTube a reconnu Come Together

Franck a également fait vrombir le son d’orgue Hammond saturé sur Smoke on the water en deuxième partie de soirée. Un titre chanté par Julia qui assurait en même temps la batterie !

Des interprétations qui m’ont ravi

Je savais que je pouvais compter sur les interventions des chanteurs, chanteuses, musiciens et musiciennes de talent comme à chaque bœuf de la Vache Rouge. Et je n’ai pas été déçu. Lucie a très bien ouvert sur Moonlight Shadow, Géraldine a apporté la touche soul sur I heard it through the grapevine et s’est démenée comme elle a pu sur Piece of my heart. Quant à Vera, elle a superbement chanté (doux euphémisme) I’ll stand by you et One of us.

Franck et Mary ont assuré Come Together à deux voix, et ont emmené tout le monde sur I’ll be there for you, mon petit hommage à Mathew Perry. Guillaume à la guitare, Gégé à la batterie, Martin à la basse (dont j’avais malencontreusement débranché le câble au début en marchant dessus !) et Vera et Rémi aux chœurs. Quoi de plus jouissif qu’un moment entre potes pour interpréter le générique de Friends ?

YouTube a reconnu I’ll be there for you

Pour le deuxième set libre, où les propositions ont été faites sur place, se sont succédés, en plus de Smoke on the water : Another brick in the wall (où j’ai repris le clavier), dans une version qui mêlait Part 1 et Part 2, puis les incontournables Hey Joe et Foxy Lady par Maxime en pleine forme :

Et on a terminé sur Crossroads façon Cream avec à nouveau Franck au chant et à la basse, Guy à la guitare et Francis à la batterie. Pour varier des solos de Guy, j’ai joué en slide :

Pas vu l’heure tourner, et on n’a pas eu le temps de faire passer tout le monde. Mais au final les personnes présentes semblaient avoir apprécié la soirée. J’ai moi aussi passé un très bon moment, été obligé de boire beaucoup d’eau après toute cette logorrhée, et eu le plaisir de voir des collègues, actuels et anciens, dont Francis venu jouer de la batterie pour la première fois à La vache Rouge.

Et puis même si il n’y a pas eu de chant de noël à proprement dit, on a quand même pu placer en fin du premier set la ballade Love is all around qui garde un lien avec la période des fêtes (► ma chronique sur cette chanson).

YouTube a reconnu Love is all around

Grâce à Mary, Bolec et Michael, j’ai pu glisser un clin d’œil à ‘Christmas’, et justement je publie cette chronique aujourd’hui, 24 décembre. Merci à tous-tes les participant-es et bonnes fêtes de fin d’année !

© Jean-François Convert – Décembre 2023

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