‘Harvest Moon’ de Neil Young a 30 ans

Le 2 novembre 1992 arrivait dans les bacs ce 19e album studio solo de Neil Young. 20 ans après ‘Harvest’, le Loner lui donnait une suite et signait un retour au country-folk.

Un retour aux sources

En 1989, Neil Young avait déjà opéré un retour en force avec Freedom, mêlant douceurs folk et rugosités grunge-rock. Puis dans la foulée, il avait enchainé le très électrique Ragged Glory avec Crazy Horse, suivi du live Weld et du Noisy ARC. Aussi, en 1992, c’est après 3 ans de rock rageur (et suite aux expérimentations des eighties) qu’il revient à un folk-country-rock dans la lignée de son disque culte Harvest, sorti 20 ans plus tôt.

En intitulant son nouvel album Harvest Moon, on peut même le voir comme une suite à son best seller des seventies. Le songwriter canadien est d’ailleurs accompagné du même groupe qu’à l’époque : les Stray Gators. Et les arrangements sont aussi de Jack Nitzsche, comme sur Harvest. Les chœurs sont assurés par Linda Ronstadt et James Taylor. Et parmi les nombreux artistes ayant collaboré à cet album, on peut remarquer la présence dans les chœurs de la demi-sœur de Neil, Astrid Young.

Un des plus beaux titres de Neil Young

La chanson-titre est à mon goût une des plus belles composées par le Loner, et ma préférée avec Birds. Le riff ternaire joué en Dropped D serait inspiré de Walk Right Back, composée en 1961 par Sonny Curtis et interprétée la même année par les Everly Brothers. Mais pour ma part, il me fait à chaque fois penser à celui de And You And I sur Close to the Edge de Yes. Les chœurs sont chantés par Linda Ronstadt.

Neil Young rend hommage à sa femme Pegi (de son vrai nom Margaret Mary Morton) et le couple danse ensemble dans le clip vidéo qui a pour décor un bar on ne peut plus country :

Une ambiance americana

L’atmosphère du bar country se retrouve dans plusieurs morceaux, tels From Hank to Hendrix et son harmonica, One of These Days et sa Pedal Steel, Old King et son banjo (joué par Neil), Dreamin’ Man et ses harmonies vocales, ou encore l’ouverture Unknown Legend qui raconte la vie d’une serveuse, mère de famille, aux « longs cheveux blonds », chevauchant une Harley-Davidson, et qui « a passé la moitié de sa vie à courir » pour suivre son père jamais établi quelque part.

« Le chrome et l’acier qu’elle chevauche Entrent en collision avec l’air qu’elle respire »

Neil Young – Unknown Legend

© Denys Legros

Long final et mélancolie

Parmi les autres chansons, You and Me et War of Man ont un son plus « sec », moins « coulant » que celles avec la Pedal Steel, tandis que l’album se clôt sur un long morceau de plus de dix minutes, enregistré en public : Natural Beauty évoque à la fois un appel à préserver la beauté de la nature et l’amour pour une femme.

Mais personnellement, c’est l’atmosphère solennelle de Such a Woman qui me touche encore plus. Seul titre du disque à faire appel à un orchestre de cordes, il était interprété en live par Neil seul au piano et à l’harmonica :

Une configuration dans laquelle j’avais vu le songwriter lors de son concert à Lyon en juin 2016. Mais de cet album Harvest Moon, il n’avait joué que From Hank to Hendrix. J’avoue que le morceau-titre m’avait manqué tant je l’attendais. Je me console en réécoutant inlassablement la version studio qui reste pour moi la plus belle. Et cet album lui offre un écrin très agréable à écouter. Un album sorti il y a tout juste 30 ans aujourd’hui.

© Jean-François Convert – Novembre 2022

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