Jessie Lee débute l’année en live à Villefranche sur Saône

Le Quai 472 à Villefranche sur Saône a accueilli samedi dernier Jessie Lee & The Alchemists pour leur premier concert de l’année, avec Colorkode en première partie.

© Jean-François Convert

Un concert organisé par Froggy Night Live 

Après la découverte du lieu il y a deux semaines pour la jam mensuelle, retour samedi dernier au Quai 472 dont l’affiche de ce 14 janvier programmait deux groupes qui ne m’étaient pas inconnus : Jessie Lee & The Alchemists et Colorkode. Le Quai 472 s’associe régulièrement au collectif Froggy Night Live pour des artistes à plus large notoriété, et donc censés ramener du public.

Mais comme me le confiait son responsable Sébastien Perrin (par ailleurs chanteur de Froggy Style Band), ce type de programmation n’est pas sans risques, et il arrive parfois que le concert ne soit pas rentable pour l’organisme. « Ça a mis longtemps à redémarrer » ajoute-t-il au sujet des concerts post-covid. Mais ce soir-là, le public était au rendez-vous. Salle comble pour deux groupes qui ont mis le feu.

Colorkode

En ouverture de soirée, Colorkode a d’emblée misé sur le gros son. Le quatuor de la région joue un heavy rock façon seventies, avec entre autres le guitariste Edouard ‘Doudou’ Gonzales (un des fondateurs de Ganafoul) et le batteur Arnaud Liatard que je croise souvent en jams. La voix Soul chaude et puissante de Marina Odessa emporte immédiatement l’adhésion du public, et Pascal Garcia joue sur une basse en forme de Telecaster, profil peu courant pour les 4 cordes.

© PIXELPRODUCTION

Le répertoire de Colorkode mêle reprises et compositions originales. Mais même ces dernières offrent des clins d’œil aux classiques, comme par exemple ce blues qui cite la mélodie de Summertime dans le solo. Et dans les reprises, on compte notamment Mickey’s Monkey de Mother’s Finest, morceau qui est lui-même un mix de deux reprises : la version originale était chantée par Smokey Robinson and the Miracles, donc un titre pur soul-Rhythm & blues, mais Mother’s Finest y a ajouté le riff de Custard Pie, qui ouvre Physical Graffiti. Bizarrement, Led Zeppelin n’a jamais rien demandé à Mother’s Finest… faut dire que question plagiat, ils s’y connaissaient les bougres…

© Jean-François Convert

Parmi le reste de la setlist, on retient entre autres Hush de Deep Purple et un final mixant un couplet de Foxy Lady avec le riff de Voodoo Child (Slight Return), avant un rappel avec une reprise de Nutbush City Limits de Tina Turner et Saturday Night de Ganafoul. Une parfaite mise en bouche pour annoncer la suite…

© Jean-François Convert / Martin Corteel

Jessie Lee & The Alchemists

J’ai découvert le groupe Jessie Lee & The Alchemists il y a bientôt deux ans, à l’occasion de la sortie de leur album Let it Shine. Autant dire que j’ai immédiatement accroché à ce combo soul-blues-rock teinté de guitare à la Jeff Beck. Mais en live, c’est une autre dimension…

Pour leur premier concert de l’année, les 5 musiciens (Jessie Lee chant et guitare, Alexis Didier guitare et chœurs, Laurian Daire claviers et choeurs, Laurent Cokelaere basse et Stéphane Miñana-Ripoll batterie) ont dès leur entrée annoncé la couleur : avec The Same, un des titres-phares de l’album Let it Shine, on reçoit en pleine face un riff ravageur, une voix puissante, et deux solos de guitares par Jessie et Alexis. Ça y est on est dans le bain : on sait que ce soir on va avoir la chaleur de la soul, l’énergie du blues-rock, une rythmique qui déménage, et des duos de six-cordes à tomber.

© PIXELPRODUCTION

D’ailleurs, dès le deuxième morceau, on a droit à un solo d’anthologie avec guitares harmonisées sur One Only Thing. Un titre lent qu’on ne s’attend pas à entendre en deuxième position de la setlist. « Ouais, on décide de jouer une ballade dès le début du concert, juste parce qu’on en a envie » m’a avoué Jessie après le show. « C’est pas dans les usages, mais on s’en bat les steaks ! »

© Jean-François Convert

On enchaine avec le morceau-titre de l’album, Let it Shine, groovy à souhait et paré d’une guitare qui sonne comme BB King :

© Jean-François Convert

Avant le rock bien affirmé de Another et son riff harmonisé, c’est d’abord la reprise de Something’s Got a Hold on Me qui rend hommage à Etta James. « Une artiste qui m’a beaucoup influencé » précise Jessie.

© Jean-François Convert

Et puis on assiste à un moment hors du temps. Le groupe reprend le standard C’mon in my Kitchen de Robert Johnson mais dans une version plus que réarrangée. Jessie Lee & The Alchemists se réapproprient complètement ce vieux blues pour en faire un trip musical hallucinant. Ça démarre par une intro à l’orgue à mi-chemin entre psychédélique et progressif, puis le morceau renter dans une forme plus « classique », avec au passage un super solo de guitare joué par Jessie ; s’ensuit un passage planant en forme de « prière pour la pluie », avant de virer presque tribe-house et de se clore en apothéose dans un déluge sonore.

© Jean-François Convert

Le titre suivant But you lie est dédié à Jeff Beck, dont le groupe a assuré la première partie à l’Olympia l’année dernière. Du coup, Alexis empoigne la Strato pour la première fois du concert, mais le final somptueux sera joué essentiellement à l’orgue.

© Jean-François Convert

Après Blow your love away, Jessie remercie l’association du Quai 472, mais aussi Froggy Night live, ainsi que Colorkode. Et le set se termine sur Sometimes qui traite du sujet des crises d’angoisse. Son riff lourd et ternaire offre à Alexis un socle solide sur lequel il peut s’envoler en mode Jeff Beck, à nouveau avec la Strato.

Et en rappel, le groupe entonne Going’ Down, grand classique du rock et entre autres du répertoire de Beck. « Jeff, celle-là elle est pour toi » lance Jessie avant d’entamer le morceau.

Au final une super soirée avec du groove, du swing, du gros son, de la technique, mais surtout un maximum de feeling. Et le plaisir d’avoir pu enfin rencontrer Laurent Cokelaere en vrai (que je suivais depuis les County Jels) et discuter avec Alexis sur ses techniques de jeu, ou avec Jessie sur son parcours, notamment d’apprentissage de la guitare à l’âge de 6 ans avant même de chanter, sur ses influences (« Led Zeppelin, c’est LE groupe pour moi »)… bref tout simplement sur sa passion. Leur passion. Notre passion. La musique.

© Jean-François Convert – Janvier 2023

Merci à Patrick CANNAUX (PIXELPRODUCTION) pour ses vidéos

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2 commentaires sur “Jessie Lee débute l’année en live à Villefranche sur Saône

  1. Superbe concert bien résumé

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    1. Merci 🙂

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