Il y a 50 ans sortait ‘l’album à l’orange’ du Jeff Beck Group

Le 1er mai 1972 arrivait dans les bacs ce deuxième opus sans titre du Jeff Beck Group deuxième formule.

Un album sans titre

Après avoir tenté de rivaliser avec Led Zeppelin à la fin des sixties au sein du premier Jeff Beck Group (avec Rod Stewart, Ron Wood et Aynsley Dunbar) et avant de fonder le trio culte Beck-Boggert-Appice puis de passer au jazz-rock, Jeff Beck a enregistré deux albums avec une autre formation baptisée elle aussi Jeff Beck Group : Rough and Ready en 1971 et ce disque éponyme en 1972.

En référence à sa pochette, celui-ci et parfois dénommé « The Orange Album ». Un fruit juteux et sucré comme les titres de deux morceaux : Ice cream cakes et Sugar cane. Le premier ouvre le disque avec un groove irrésistible et la voix terriblement soul de Bob Tench, sur une composition de Beck. Le deuxième est co-signé par Bec et Steve Cropper, le magicien des studios Stax

© Denys Legros

De la Soul, du Rhythm and Blues…

L’ensemble de l’album a d’ailleurs des rythmes et sonorités que n’auraient pas reniées Stax ou Motown. Une ambiance qu’on ressent à travers les syncopes de Glad all over, le standard Going down en version énergique et effrénée (chanson que j’ai entendue en live lors du concert de juillet 2018), les chœurs très gospel sur I got have a song de Stevie Wonder, ainsi que sur le dernier refrain de la reprise langoureuse de Dylan Tonight I’ll Be Staying Here with You.

Chœurs qui ne figuraient pas en live du fait de la formule resserrée du groupe, mais ça n’empêchait nullement Bob Tench de délivrer une performance vocal digne d’Otis Redding ou Marvin Gaye :

…et du Jeff Beck

Mais loin de se cantonner à ce style soul-RnB, cette version du Jeff Beck Group embellit sa musique d’ingrédients qui feront plus tard le succès du guitariste : mix de slide et wah-wah sur plusieurs morceaux, utilisation d’un sitar électrique sur Highways et I Can’t Give Back the Love I Feel for You, mélange de jeu aux doigts et au mediator, sonorités extra-terrestres… pas de doute c’est bien un disque de Jeff Beck !

À cette époque il n’utilise pas encore son style de jeu particulier qu’il adoptera dans les années 80, mais il combine déjà le vibrato, le bottleneck, et l’alternance doigts-mediator avec une déconcertante facilité. Lors de cette apparition à l’émission Beat Club en juin 1972, on le voit jouer sur une Stratocaster finition naturelle avec une plaque bizarrement tronquée sur la corne du bas :

Un son bluesy et aérien en même temps, mélodique et nerveux à la fois. Superbe final que ce Definitely Maybe qui clôt l’album. Un album que j’aime beaucoup et où Jeff Beck exprime toute sa palette de guitariste hors-norme. Un album sorti il y a tout juste 50 ans aujourd’hui.

© Jean-François Convert – Mai 2022

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