Deep Purple sortait ‘Fireball’ il y a 50 ans

Le 9 juillet 1971, ce 5ème album de Deep Purple arrivait dans les bacs américains, avant une sortie européenne le 1er septembre.

Un album moins exposé

Coincé entre les deux monuments In Rock (1970) et Machine head (1972), Fireball est un peu moins connu du grand public, mais n’en demeure pas moins un excellent millésime. Peut-être pas autant de grands classiques que sur les deux autres, mais Strange kind of woman, sorti en single en février 71, fait incontestablement partie des tubes de Deep Purple. Pour la sortie de l’album outre-Atlantique début juillet, Demon’s Eye est remplacé par Strange kind of woman, les deux morceaux tournant sur un shuffle ternaire un peu similaire. On peut supposer que c’est pour cette raison qu’aucune des deux éditions originales ne comportait els deux titres. Il faut attendre le remaster de 1996 pour les avoir ensemble, ainsi que plusieurs bonus issus des sessions.

Un album moins homogène

Des sessions qui justement s’étalent sur près d’un an (de septembre 1970 à juin 1971). Bien que la préparation et composition de l’album se soit déroulée fait en partie dans le manoir The Hermitage, la plupart des enregistrements du mix final ont eu lieu aux studios Olympic à Londres.

Entrecoupés par les tournées, les enregistrements souffrent légèrement d’un manque d’unité qu’on peut au contraire ressentir sur In Rock et Machine head. D’où quelques disparités entre les titres : L’excellent riff funky de No No No, qui vire ensuite sur un solo planant de Blackmore, tranche avec Anyone’s Daughter surprenant par sa couleur country, tandis que Fools lorgne clairement du coté psychédélique, comme aux tous débuts du groupe.

Les 5 membres de Deep Purple devant le studio Olympic © Denys Legros

Le morceau-titre ouvre le disque sur un rythme effréné et constitue l’une des deux seules du groupe à comprendre un (court) solo de basse, la deuxième étant Pictures of home. Autre focus instrumental, The Mule donnera l’occasion à Ian Paice de briller en concert. Le morceau deviendra en effet son moment, un long solo de batterie, tout comme Ginger Baker avait Toad et John Bonham Moby Dick. L’album se clôt sur le rythme obsédant de No One Came et ses solos de guitare et d’orgue, ce dernier rivalisant d’originalité dans les sonorités du final (partie jouée à l’envers).

Même si on le nuance en comparaison de ses deux illustres prédécesseur et successeur, il s’agit quand même du deuxième opus de la formation dite « Mark II », la plus appréciée de toute la carrière de Deep Purple : Ian Gillian (chant), Roger Glover (basse), Ian Paice (batterie), John Lord (claviers), et Ritchie Blackmore (guitare),

La Stratocaster définitivement adoptée

Le guitariste ténébreux et taciturne abandonne définitivement sa Gibson ES-335 à partir de cet album. Dans In rock elle apparaissait encore sur Child in time. Avec Fireball, Blackmore va jouer uniquement sur une Fender Stratocaster, guitare qui restera son instrument de prédilection pour toute la suite de sa carrière.

Au cours des seventies, le guitariste de Deep Purple utilisera différentes stratos de finition sunburst (comme sur la vidéo ci-dessus), noire, ou bois naturel, mais quasiment toujours avec des manches à touche érable. Ce n’est qu’à partir de sa période au sein de Rainbow, qu’il optera pour un manche à touche palissandre. Puis il customisera sa guitare avec des micros à capots noirs et des boutons également noirs, et c’est ce modèle qui lui sera définitivement associé, au point que Fender en sortira un modèle signature.

Mais dans les années 70, les guitares de Ritchie Blackmore ne faisaient guère long feu (sans mauvais jeu de mots), le musicien leur réservant souvent un traitement digne de Townshend et Hendrix réunis ! Le groupe gardait néanmoins ces extravagances scéniques pour les véritables concerts en tournées, et leurs apparitions télé de l’époque restent somme toute très sages.

Sages sur le plan scénique. Mais côté musique, le feeling live est bien là et les musiciens ne se contentent pas de reproduire scrupuleusement les versions du disque. C’était l’époque où jouer en live à la télévision était monnaie courante. C’était il y a cinquante ans. Tout comme la sortie de cet album, Fireball, un album d’un groupe majeur de l’histoire du rock, mais qu’on cite moins souvent, en regard des deux autres pièces monumentales de leur discographie. Un album à redécouvrir, justement pour son demi-siècle.

© Jean-François Convert – Juillet 2021

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