Country et Ragtime en provenance du Québec !

Ma fille Flora m’a rapporté deux vinyles vintage du Québec : une compilation de musique country et un album de ragtime.

Etant féru de western depuis l’enfance, j’ai tout naturellement été attiré par la musique country dès mon plus jeune âge. D’abord dans les films eux-mêmes. Que ce soit la ballade accompagnant le « poor lonesome cowboy » au soleil couchant dans les dessins animés de Lucky Luke, la chanson de « feu de camp » chantée par Dean Martin dans Rio Bravo, le clopinement du cheval de Cheyenne dans Il était une fois dans l’ouest, le générique début de Macadam cow-boy chanté par Harry Nilsson, ou encore le duo guitare-banjo dans Délivrance, sans parler de toute la bande son de HonkyTonk Man, film dédié à ce genre musical. Liste non exhaustive bien sûr.

Puis lorsque mon correspondant allemand m’a donné en 1984-85 une casette où il avait copié moult disques de country chez son oncle aux Etats-Unis, j’ai découvert plusieurs références du genre : Willie Nelson (qui venait de sortir l’album City of New Orleans), Johnny Cash, Hank Williams, Charley Pride… Par la suite j’ai forcément aimé les artistes qui insufflaient une dose de country dans leur musique, à des degrés divers : Mark Knopfler bien sûr (même dès le premier album de Dire Straits), mais aussi Crosby, Stills, Nash & Young, Eagles, Cat Stevens, Eric Clapton, Bob Dylan, The Band, Ry Cooder, JJ Cale, Tom Petty, CCR, Elliott Murphy, Marcel Dadi, Joan Baez, Bruce Springsteen… et plus récemment Richard Hawley, Gaelle Buswel, Laura Cox, Mister Goodfaith, Roxane Arnal, Theo Lawrence, Mathis Haug…. sans oublier les français Hugues Aufray, Graeme Allwright, Francis Cabrel, Maxime Le Forestier, Renaud, Baptiste W. Hamon… là aussi la liste est bien trop longue et obligatoirement incomplète.

Alors, un disque « d’époque » de country ne pouvait que me ravir pour venir compléter ma collection de vinyles. Cette compilation regroupant entre autres Buck Owens, George Jones, Patsy Cline, Leroy Van Dyke, Ray Price ou encore Jim Reeeves, s’intitule Country & Western Classics 1961 et est sortie en 1973. Il s’agit vraisemblablement d’un numéro au sein d’une série, car en faisant des recherches j’ai trouvé d’autres disques ayant exactement la même pochette mais avec d’autres années (1964, 1968, 1969, 1971 …) une sorte d’anthologie country donc.

Le deuxième disque est l’album Mister Ragtime de Joe ‘Fingers’ Carr. J’avoue que je ne connaissais pas son nom jusqu’à aujourd’hui. Je découvre que son véritable nom est Lou Busch et qu’il était un producteur de disques, musicien et auteur-compositeur américain, surtout connu pour se produire en tant que pianiste sous le pseudonyme de Joe « Fingers » Carr. (Wikipedia). Sur cet album, il démontre tout sa virtuosité pianistique à travers différents classiques du genre. On retrouve par exemple l’incontournable Maple Leaf Rag de Scott Joplin. Titre qui au passage signifie le rag « feuille d’érable »… la boucle est bouclée avec le Québec !

Même s’il enchaine les classiques, Joe ‘Fingers’ Carr n’hésite pas cependant à sortir un peu du strict cadre ragtime en s’aventurant par exemple vers le bues dans Jelly Roll Blues de Jelly Roll Morton. Et Dans Entertainer‘s Rag il cite brièvement un court extrait d’un marche militaire… sans doute y a-t-il d’autres clins d’œil musicaux, mais c’est d’abord celui-ci que j’ai entendu à la première écoute.

Et finalement quand on y réfléchit, le ragtime c’est un peu la même histoire que la country, en tout cas en ce qui me concerne. Ce genre musical est lui aussi lié aux westerns, car il symbolise bien l’ambiance enfumée de saloons. Quand j’ai appris le piano pendant mes années collège, dès que j’ai pu apprendre autre chose que du classique, j’ai demandé à ma professeure de jouer du ragtime, et j’ai bien sûr commencé par le grand classique The Entertainer. Un morceau que j’ai par la suite savouré dans le film L’Arnaque, dont la bande originale est grande partie composée de ragtime. Cela m’a ouvert au jazz et bien évidemment au blues qui m’a ensuite fait déboucher tout naturellement sur le rock.

Avec ces deux disques, ce sont deux styles musicaux qui me ramènent au début de mon adolescence. Deux vinyles de country et ragtime provenant du Québec où j’étais il y a quelques mois allé voir ma fille, et qui est maintenant revenue. Merci Flora 😘

© Jean-François Convert – Juillet 2026

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