Du jazz bluesy avec Thom and the Tonemasters

Le groupe Thom and the Tonemasters emmené par le guitariste Thomas Hirsch sort son nouvel album ‘Time Will Heal You’ en septembre. Une musique entre swing blues et jazz west coast.

© Sophie Le Roux

La frontière entre le jazz et le blues peut parfois être ténue, comme j’en parle dans cette chronique. Le guitariste Thomas Hirsch a choisi de complètement l’abolir. Avec son groupe Thom and the Tonemasters, il propose une musique entièrement instrumentale qui emprunte aux deux styles : au jazz les solos de trompette et saxophone, un piano virevoltant, et une contrebasse à la sonorité bien ronde, au blues la guitare râpeuse souvent matinée de tremolo et à la forme inspirée des modèles Mustang et Jaguar de chez Fender, plus souvent utilisés dans la surf music des sixties.

La formation guitare-contrebasse-batterie-claviers-trompette-saxophone sort un nouvel album le 18 septembre prochain, et qui s’inscrit dans une série comme l’explique Thomas Hirsch : « J’ai décidé de travailler en sessions d’enregistrement, en épisodes et de développer la composition, la première session ou épisode s’appellera « TIME WILL HEAL YOU » : il faut savoir être patient et prendre son temps pour que les choses se fassent et aller mieux, c’est un peu une histoire de résilience (même si ce terme est un peu mis à toutes les sauces en ce moment) c’est un peu le message…« 

Dès l’ouverture Cleo’s Mood on a ce mélange qui va parcourir tout l’album. Un riff qui fait penser au classique All your love d’Otis Rush, popularisé par les Bluesbreakers de John Mayall, mais très rapidement une trompette bouchée puis un piano on ne peut plus jazzy. Le solo de guitare vient apporter une légère touche blues-rock qui donne tout sa saveur à la musique du groupe. Idem sur le titre suivant Make a Doozy, shuffle rapide qui alterne cuivres dynamiques et guitare nerveuse. Cette dernière clôt le morceau sur un accord qui n’est pas sans rappeler celui qui termine le mythique James Bond Theme, comme on l’entend à la fin de ce teaser :

Cette référence n’est sans doute pas innocente, car le style de Thom and the Tonemasters pourrait être qualifié de « jazz-blues cinématographique », tant sa musique suscite des images. On imagine parfaitement ces sept morceaux en bande sonore de films des années soixante. L’ambiance exotique entre rumba et samba de Strange Farewell et Pale Rider accompagnerait bien des aventures d’espionnage à Rio, La Havane, ou au Mexique.

Blues for P.C. berce nettement plus dans le swing avec son thème aux cuivres, son clavier typé Fender Rhodes et son solo de contrebasse, tandis que 71.2° procure une sensation mêlée de tension et de relâchement avec son climat on ne peut plus laid-back, et un superbe solo de guitare très bluesy, cette fois affranchie du tremolo.

Le dernier morceau Jealousy fait se succéder rythmes rumba et ternaire, un peu comme on le fait avec le Kurt Blues Band dans Jimmy, mais ici en mode majeur, et toujours avec ce swing qui fait pencher la musique Thom and the Tonemasters bien plus vers le jazz. C’est d’ailleurs le titre le plus jazzy de l’album qui est sorti dernièrment en single (ironiquement intitulé « blues ») :

Blues ou jazz, l’important est le discours musical, la narration sonore, ce que Thom and the Tonemasters maitrisent totalement en racontant de réelles histoires à travers chaque morceau. On a hâte de les entendre sur scène :

CONCERTS

  • 15 Septembre : Jazz En Nord Festival @ Marcq-en Baroeul
  • 04 Octobre : Théâtre du Blanc Mesnil @ Le Blanc Mesnil
  • 26 + 27 Novembre : Le Caveau de la Huchette @ Paris

© Jean-François Convert – Juillet 2026

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