The La’s sortaient leur unique album il y a tout juste 30 ans

L’album du groupe culte de Liverpool paraissait dans les bacs le 1er octobre 1990.

Un groupe culte

Avant Blur et Oasis, la « Brit-Pop » a connu un groupe qui est peut-être moins célèbre aujourd’hui, mais a accédé au statut de culte, sans doute pour deux raisons : ses origines liverpuldiennes on vite fait de comparer les La’s aux Beatles, et n’avoir sorti qu’un seul et unique album a parachevé la légende.

Le groupe a été fondé en 1983 par entre autres Mike Badgers. Le nom lui est venu en rêve, et correspond au terme lads (« gars »), prononcé avec l’accent de Liverpool. Mais c’est surtout Lee Mavers qui va devenir le principal auteur-compositeur et la figure de proue du groupe. Le bassiste John Power sera également un élément important du quatuor.

Pendant la deuxième moitié des eighties, The La’s jouent en concert et enregistrent plusieurs singles : Way out en 1987, et There she goes en 1988. Timeless Melody, devait paraître en 1989, mais il a été annulé au dernier moment.

Un seul et unique album

Le 1er octobre 1990 sort leur premier album éponyme. Ce sera aussi leur dernier. Je me souviens l’avoir écouté en boucle dans années fac entre 1991 et 1992. le souvenir d’un véritable vent de fraîcheur au sortir des années 80. Un son et un style qui rappelait indéniablement les Beatles, les Who des sixties, les Kinks. Ce mélange de mélodies pop, et de guitares énergiques. Des rythmes entraînants, des harmonies vocales subtiles, et cette voix de Mavers si particulière, un brin nasillarde.

De l’ouverture très pop Son of a gun à l’épique final Looking Glass, en passant par les rock limite punk I Can’t Sleep et Failure, les jazzy Liberty Ship et Doledrum, le très Beatlesien Feelin’ et son riff à mi-chemin entre Paperpack writer et I feel fine, le ternaire tournoyant Way Out, ou encore la ballade à consonance folklorique Freedom Song, l’écriture de Mavers et les arrangements musicaux témoignent d’une maîtrise parfaite des influences majeures du rock anglais.

Le groupe connait son plus grand succès avec le single There she goes. Ses arpèges cristallins et sa mélodie accrocheuse, entre voix mi-éthérée mi-rocailleuse en font le tube des La’s. Cette version sur l’album est un mix différent du single paru en 1988, qui avait moyennement marché. Cette nouvelle sortie consacre le groupe qui semble promis à un bel avenir…

Des reformations décevantes

Mais contre toute attente, The La’s se séparent à la fin de l’année 1991. Quelques reformations ponctuelles ont lieu dans les années 1990 et 2000. Parallèlement sortent des compilations de démos et d’enregistrements maison, sur le label Viper, créé par Badger et Hemmings (deux des membres originles) : Lost La’s 1984–1986: Breakloose (1999) et Lost La’s 1986–1987: Callin’ All (2001).

Mavers et Power reforment les La’s en 2005 pour donner des concerts dans les îles Britanniques et au Japon (Summer Sonic Festival). Sur scène, ils interprètent leur ancien répertoire, agrémenté de quelques chansons inédites. En 2011, Mavers s’associe au bassiste Gary Murphy pour relancer à nouveau le groupe, qui se produit notamment au festival Rock en Seine. Mais la formule en duo manque cruellement des arrangements musicaux qui ont forgé le style du groupe, comme le décrit cet article de Télérama.

Pour ma part, je préfère garder en mémoire cet unique opus que j’ai écouté encore aujourd’hui, tout à fait par hasard, et en découvrant après coup qu’il était sorti il y a tout juste 30 ans. Il y a des signes qui ne trompent pas. The La’s reste le groupe d’un seul album, mais quel album !

The La's Vinyle

© Jean-François Convert – Octobre 2020

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