Lee O’Nell Blues Gang sort son deuxième album en septembre

Après ‘Different Shades Of Love’ sorti en septembre 2020, le second opus de Lee O’Nell Blues Gang ‘This is us’ est annoncé pour le 15 septembre 2022.

Gipsy Bacuet (chant) et Lionel Wernert (guitare), le duo central du groupe Lee O’Nell Blues Gang

Un duo à l’expérience solide

L’Est français est décidemment un terreau fertile pour le blues. Après l’Alsace avec Rozedale que j’ai découvert il y a 5 ans, et plus récemment le duo folk acoustique Two Magnets, voici Lee O’Nell Blues Gang, originaire des Vosges, qui s’est créé en 2019 autour du guitariste Lionel Wernert et de la chanteuse Gipsy Bacuet, duo sur scène et à la ville.

Les deux musiciens n’en sont pas à leur coup d’essai et ont déjà un solide parcours derrière eux. Piano classique du conservatoire de Troyes et classe de Jazz menée par le pianiste de Jazz Ludovic de Pressac pour Gipsy, et nombreux groupes ainsi qu’accompagnateur d’artistes divers tous styles confondus pour Lionel. La chanteuse et le guitariste travaillent en duo un répertoire blues depuis 10 ans déjà.

Pris sous l’aile de Fred Chapellier

Lionel Wernert et Fred Chapellier sont amis d’enfance. A près s’être perdus de vue pendant plusieurs années, ce sont leurs retrouvailles en 2017, puis l’invitation par Fred à Lionel et Gipsy de le rejoindre sur scène en février 2019 qui a relancé en quelque sorte la machine, et fait germer cette idée d’un nouveau groupe. Pour le premier album Different Shades Of Love, c’est tout naturellement que le bluesman français est venu apporter sa contribution aux guitares et à la production.

Et il a même ramené dans ses bagages son ami Neal Black, ainsi qu’Alain ‘Leadfoot’ Rivet (bluesman avec de nombreux albums personnels à son actif, mais aussi fondateur du label Dixiefrog entre autres). L’occasion d’un reprise endiablée du classique Walking by myself de Jimmy Rogers avec pas moins de 3 guests !

Mais démarrer un nouveau projet quelques mois avant l’arrivée de la pandémie jouait de malchance et sortir le premier album entre deux vagues de virus était un pari risqué. Different Shades Of Love, sorti en septembre 2020, n’a ainsi guère pu être défendu sur scène. Qu’à cela ne tienne, Lionel et Gipsy ont mis à profit cette période incertaine pour écrire, composer, enregistrer et produire leur deuxième disque This is us qui sortira le 15 septembre.

Deuxième essai transformé

Si Different Shades Of Love explorait déjà plusieurs nuances de blues, c’est ici encore plus flagrant. On entend des couleurs différentes, de l’ouverture bien carrée Come what may à la superbe ballade qui clôt l’album Just need a prayer coécrite avec Jade MacRae (choriste de Joe Bonamassa) pour un morceau tout en émotion et sensualité.

Jade MacRae sur scène à Sydney en janvier 2019 © Wikimedia Commons

Du blues-rock bien charpenté, tantôt purement ternaire (As if it was enough, Be a man…) ou furieusement binaire (Kiss me again, Remember, On the road…), voire funky (Don’t hate me because I’m happy) ou à l’ambiance très soul à travers plusieurs pépites gorgées d’intensité et de finesse mêlées (When you were a child, Of course, Just need a prayer).

Des sonorités globalement modernes mais qui n’empêchent pas de temps à autre de verser dans des tendances Old school comme avec Boogie woogie broke down love, un morceau que le groupe joue déjà en concert depuis quelque temps :

Parfaite complémentarité entre textes et musiques

On note bien plus de chœurs que dans le premier album, mais l’accent de Gipsy est lui toujours aussi parfait, ce qui n’est pas constamment le cas chez les artistes français interprétant en anglais. La chanteuse a signé l’intégralité des paroles des 14 titres (avec l’ajout de quelques vers des amis Neal Black et Leadfoot Rivet). Des textes qui évoquent la difficulté dans certains rapports humains (Don’t hate me because I’m happy), la nostalgie de l’enfance perdue (When you were a child), quelques idées noires fugaces ou quelques dérives (Kiss me again , Come what may), mais aussi et heureusement sagesse et philosophie (As if it was enough).

De son côté, Lionel Wernert a composé toutes les musiques qui s’offrent parfois quelques petits clins d’œil : You don’t know I am mixe un riff dans le style de La Grange avec solo de clavier dans la plus pure tradition de Jon Lord, et The man in the corner (dont le texte rend hommage à la figure paternelle) a la particularité de proposer un solo de guitare débutant par le thème de Grieg Dans l’Antre du Roi de la Montagne (issu de Peer Gynt) ! Un morceau là-aussi interprété par le groupe sur scène depuis plusieurs semaines (la citation musicale est à 2:33 dans la vidéo) :

Enfin, parmi les nombreuses perles de l’album, le petit bijou Let the good times roll rappelle évidemment le titre d’un grand classique, mais il s’agit bien d’une composition originale qui célèbre l’hédonisme parce que « la vie est trop courte ». L’atmosphère est délicieusement roots avec son piano légèrement désaccordé qu’on croirait sorti d’un saloon, et ses deux magnifiques soli de guitare, Fred Chapellier d’abord, suivi de Lionel Wernert. Quant au chant, le duo entre Gipsy Bacuet et Leadfoot Rivet (encore lui) baigne dans une couleur jazzy irrésistible.

Au final, un album maitrisé et foisonnant d’idées, de références, et d’influences bien digérées. Une voix qui vous accroche et ne vous lâche plus, des guitares comme je les aime et qui sonnent comme si on les avaient enregistrés dans les seventies mais avec la pureté de son actuelle. Bref un cocktail auquel on ne peut résister.

Retenez la date du 15 septembre pour la sortie du disque et retrouvez sur les réseaux sociaux les dates des prochains concerts de Lee O’Nell Blues Gang, il y en a forcément un près de chez vous. Aucune hésitation à avoir, foncez !

© Jean-François Convert – Juillet 2022

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