Laura Cox & Jack Bon au Festival Les Grosses Guitares

Chouette concert hier soir pour les 20 ans du festival, avec 2 générations blues-rock : Jack Bon et Laura Cox.

Jack Bon & Laura Cox
Jack Bon & Laura Cox © Jean-François Convert

Le président des Grosses Guitares est monté sur la scène de L’intervalle à Vaugneray dans le Rhône hier soir pour présenter les deux générations qui symbolisent bien l’esprit du festival : Jack Bon, ex-leader de Ganafoul, qui avait fait l’ouverture de la première édition en 2001, digne représentant hexagonal d’un blues-rock des seventies. Et Laura Cox, chanteuse-guitariste au succès indéniable ces dernières années, tête de file française du ‘southern-hard-blues’ actuel, et déjà présente aux Grosses Guitares en 2017.

Deux générations, mais un même amour du riff, du groove, des 12 mesures, et de la gamme pentatonique. Du rock énergique, fiévreux, biberonné aux grands classiques, des Stones à Led zep, de Canned Heat à Hendrix, en passant par Chuck Berry, Joe Bonamassa, ou Joan Jett.

Un cadre bucolique

© Jean-François Convert

A une demi-heure de Lyon, la commune de Vaugneray accueille le festival Les Grosses Guitares depuis 20 ans au cœur des Monts du Lyonnais. La salle ‘L’intervalle’ située en marge du village constitue un cadre idéal pour monter les amplis à 11 sans risquer de gêner les voisins.

L’ambiance est bon enfant, la moyenne d’âge plus vraiment toute jeune, mais on croise tout de même quelques enfants (avec protections auditives) venus écouter la musique de leurs parents, voire grands-parents. L’équipe de bénévoles est au top, avec des personnes toujours disponibles, affables et bienveillantes, tout en étant grandement efficaces dans la gestion logistique.

© Jean-François Convert

Rencontres avec les musicien-nes

Arrivé pendant les balances de Laura Cox, j’ai revu avec plaisir Jack Bon, Luc Blackstone, et Antoine Piedoz. mais quelle surprise de découvrir Yves Rothacher en train d’apporter ses fûts ! L’ex-batteur de Ganafoul a également exercé la profession d’ingénieur du son et je l’ai eu comme collègue pendant une quinzaine d’années. Je savais déjà que Ganafoul va se reformer en début d’année prochaine pour partager la scène avec Bijou, autre groupe mythique du rock français, mais je ne me m’attendais pas à retrouver ce soir ce bon vieux Popy (ou ‘Rotach’ pour les musiciens). J’ai appris malheureusement quelques heures plus tard que le batteur Alain Babois est récemment décédé, et que Jack Bon a appelle à la rescousse son vieil ami de Ganafoul pour le remplacer. Je l’avais vu au concert des Buzzmen en juin, mais un infarctus l’a emporté il y a quelques semaines.

Et puis quelque mots échangés avec Laura Cox sur le plaisir de rejouer enfin sur scène, car « les livestreams ça ne remplace pas les vrais concerts », ainsi que sur l’évidence pour elle d’écrire en anglais. « La musique que j’écoute est anglo-saxonne, donc je ne me suis jamais posée la question. Pour moi le rock c’est naturel de le chanter en anglais ».

Jack Bon : le plaisir communicatif

Place au concert avec tout d’abord Jack Bon qui visiblement prend un plaisir énorme à jouer. Les quatre musiciens prennent leur pied et cela transpire sur scène. Le public ne s’y trompe pas, et même derrière les masques obligatoires, on devine des sourires béats de plaisir partagé.

On démarre avec Not Fade Away de Buddy Holly. Beau clin d’œil que de débuter le show par cette chanson connue aussi pour sa reprise par les Rolling Stones. Et durant le concert, outre Stop Breaking down de Robert Johnson (mais également repris par les Stones), Jack Bon ne manquera pas de rendre hommage à Charlie Watts avec une excellente version de Crazy Mama. Le batteur des Stones décédé a été rejoint par celui des Buzzmen, Alain Babois, auquel Jack adresse un affectueux « bisou » en se disant « sûr que chaque soir qu’on joue, il est avec nous ».

Et Yves Rotacher assure parfaitement la succession, surtout quand on sait que le groupe n’a eu que deux répétitions avant ce soir. Le batteur est concentré et guette le moindre signal des autres musiciens.

© Jean-François Convert

Le répertoire des Buzzmen enchaine les classiques de John Lee Hooker ou Chuck Berry avec les compositions originales figurant sur l’album Love, Peace, Rock & Roll sorti en début d’année. Le chanteur-guitariste ironise sur le morceau titre : « notre tube, pas encore entendu à la radio… » Et pour lancer Rolling down the gutter, il explique que que « la traduction française ‘rouler dans le caniveau’ est en souvenir de nos enfances respectives sur les pentes de la Croix-Rousse, à Rillieux ou Givors » (quartiers lyonnais ou communes en périphérie de l’agglomération).

Après la présentation des musiciens, dont « Rotach’ from Givors », le quatuor termine par l’incontournable Saturday night de Ganafoul. Et Jack en profite pour rappeler au public la reformation du groupe prévu en début d’année, pour plusieurs dates partagées avec Bijou (et il m’a confessé après le concert qu’il ressortira sa Strato pour l’occasion…).

Laura Cox : de l’énergie à revendre

Après un petit entracte, Laura Cox et ses musiciens prennent la scène d’assaut. La formule 2 guitares-basse-batterie a fait ses preuves dans le rock, et la quatuor en utilise toutes les possibilités : riffs doublés, solos harmonisés, questions-réponses… les échanges entre les deux guitares sont bien équilibrés, et Laura laisse aussi le champ libre au deuxième guitariste.

Slide, wah-wah, tapping… rien ne résiste à Laura qui enchaine les riffs et les solos avec une facilité déconcertante. J’ai réalisé hier que Laura est gauchère quand je l’ai vue signer les autographes après le concert. Mais elle joue en droitière. Elle n’est pas la seule guitariste dans ce cas. Parmi les les plus connus, on compte notamment Gary Moore Paul Simon, ou Mark Knopfler, une influence revendiquée de Laura.

Mais la maitrise technique ne prend jamais le pas sur le plaisir évident de jouer. Et surtout une énergie communicative qui embarque le public, notamment lorsqu’elle descend littéralement dans la fosse, guitare en mains !

© Jean-François Convert

Le concert a également été l’occasion d’un duo avec la chanteuse Mary Reynaud, originaire de la région. Et le batteur a eu droit à son moment avec un solo, avant de lancer justement le morceau en duo.

Côté instruments, si le deuxième guitariste reste fidèle aux SG, Laura arbore 3 modèles iconiques : principalement une Les Paul, mais aussi une Telecaster (notamment pour la descente dans le public) et une Flying V mais customisée avec une tête inversée type Firebird.

Les chœurs renforcent la dynamique du groupe, la vitalité est constamment présente, et l’échange avec le public fait plaisir à voir, après ces longs mois d’interruption des concerts.

Forcément blues, inévitablement rock, parfois un peu hard, mais jamais metal, la musique de Laura Cox mêle toutes les influences du classic-rock seventies et eighties en les adaptant à des sonorités actuelles. Un style qu’elle résume dans les termes “Southern Hard Blues”.

Et en discutant avec Jack Bon après le concert, ses mots résument bien cette musique : « un mélange mineur et majeur, de la gaité et de la tristesse, comme dans la vie ». Voilà, le blues, le rock, c’est la vie. Vivement samedi prochain de remettre ça au festival de Pérouges…

© Jean-François Convert – Septembre 2021

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2 commentaires sur “Laura Cox & Jack Bon au Festival Les Grosses Guitares

  1. Votre vidéo éditée est absolument superbe !
    MERCI !

    1

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