La Soul plus vivante que jamais

Dans la lignée de la période faste des sixties et seventies, de nombreux artistes actuels perpétuent la Soul, en même temps que plusieurs vétérans sont remis à l’honneur, soit par des rééditions, soit parce qu’ils sont toujours en activité. Petit tour d’horizon (non exhaustif) des disques du moment, par ordre de date de sortie.

Marvin Gaye – You’re the man – 29 mars

Vendu comme “l’album perdu de 1972”, cette sortie de “You’re the man” n’est pas vraiment un inédit, mais plutôt une compilation qui regroupe 17 titres de cette période, tous déjà parus sur diverses compilations et coffrets. Il s’agit du 4ème disque posthume du prince de la soul.

Trois morceaux ont été remixés récemment par le producteur SalaAm Rémi, qui a travaillé avec entre autres Amy Winehouse.

Assassiné son père le 1er avril 1984, Marvin Gaye aurait fêté ses 80 ans ce mardi 2 avril.

Lee Fields & The Expressions – It Rains Love – 5 avril

Après 50 ans de carrière, Lee Fields, 68 ans, revient avec It Rains Love, son cinquième album avec les musiciens de The Expressions, fruit d’une nouvelle collaboration avec le producteur new-yorkais Leon Michels (Lana Del Rey, Adele, Beyoncé & Jay-Z, Aloe Blacc)

La sagesse de son inimitable voix déclenche une chaleur intime réconfortante, à l’image du single éponyme – ode au bonheur conjugal inspirée par ses plus de 40 années de mariage. Des cuivres braisillants et chauds aux vigoureux claquements des cymbales, parfois teinté d’exotisme, It Rains Love est l’expression de cette philosophie tournée vers l’amour que prône avec toujours autant de sincérité le nouveau roi de la soul new-yorkaise.

Né à Wilson en Caroline du Nord, Lee Fields déménage à New-York dans les années 60 à l’âge de 17 ans, avec seulement quelques centimes en poche. Depuis, il a enregistré des dizaines d’albums et de singles… Alors que ses disques les plus rares peuvent atteindre des prix à quatre chiffres, il poursuit son impressionnante ascension dans une carrière qui semble sans limite…

Lee Fields & The Expressions seront en concert le 29 avril à l’église de Saint -Eustache et le 30 avril à l’Aéronef de Lille.

Source : Manuel Figueres

Ady Suleiman – Thoughts & Moments – 5 avril

Installé au rang des nouveaux grands représentants de la scène néo-soul UK après le succès de son premier album Memories en 2018, Ady Suleiman revient avec le single « Strange Roses », produit par Grades (NAO, Khalid…), premier extrait de Thoughts & Moments Vol. 1 – une mixtape sur laquelle le joyau de Nottingham parcourt plus largement le spectre R&B, avec une aisance mélodique et une élégance vocale toujours plus distinguables.

Produit par Maths Time Joy (Gallant), Grades (NAO, Dua Lipa, Khalid), Winta James (Nas & Damian Marley) et Family_Time, enregistré à Stockholm, Thoughts & Moments Vol.1 est un recueil de chansons nées à partir des mémos vocaux du téléphone d’Ady, bien souvent en tournée ces derniers mois. « Je ne voulais pas enchaîner tout de suite avec un autre album, je voulais un peu de temps pour expérimenter. J’avais besoin de me sentir totalement libre. Ces chansons ont été conçues à partir de mes idées, mes ambiances et textes enregistrés sur mon téléphone. Nous sommes passés de l’acoustique à l’électrique, les gars ont ajouté leurs ingrédients et ont emmené les morceaux plus loin. Les interludes symbolisent l’esprit de ma démarche sur ce projet, j’ai enregistré mes vibrations sans contraintes » confie le britannique de 26 ans.

Brillant auteur-compositeur à la voix profondément émouvante, Ady Suleiman surprend par sa capacité à adapter sans le moindre filtre ses expériences de vie en chansons. Il se distingue de ses contemporains par un subtil équilibre entre R&B assurément moderne et classicisme néo-soul, des textes aussi sensibles que sincères, ce qui lui vaut l’admiration de fans de renom des deux côtés de l’Atlantique – de Chance the Rapper, Leon Bridges et Joey Bada$$ (avec lequel il a collaboré) à Michael Kiwanuka, Lianne Le Havas ou encore la jeune Mahalia.

Source : Manuel Figueres

Eli “Paperboy” Reed – 99 Cent Dreams – 12 avril

Le chanteur américain Eli Paperboy Reed est toujours aussi épris de soul. On l’avait découvert en 2004 pour un premier album. Voici « 99 Cent Dreams« , sa 7ème réalisation (la 3ème sur le label Yep Roc) enregistré à Memphis dans le studio de Sam Phillips avec le groupe vocal The Masqueraders.

L’an dernier, il avait déjà sorti en single le titre « 99 Cent Dreams » avec le rappeur Big Daddy Kane

« Je pense qu’en vieillissant, je réalise un peu ce pour quoi je suis bon, ce qui est logique pour moi et aussi ce que mes fans attendent de moi« , a déclaré Reed. « Il n’y a pas de honte à faire cela. C’est incroyablement satisfaisant de faire ce genre de disque, et je pense aussi que je les améliore mieux que jamais. »

Source : Yazid Manou

Alice Clark – 13 avril

En terme de légende, très peu d‘albums rivalisent avec celui d’Alice Clark enregistré pour Mainstream Records. Le disque – l’unique de sa discographie – est passé inaperçu à sa sortie en 1972, mais est devenu au fil du temps un des albums les plus recherchés sur la scène soul-jazz internationale, depuis que les DJs londoniens ont exhumé ce bijou à la fin des années 80.

L’album est à présent considéré comme l’un des grands classiques de l’histoire de la soul. Enregistré « live » en deux jours aux studios Record Plant à New York, il a été produit par le légendaire producteur de jazz Bob Shad et arrangé par le saxophoniste Ernie Wilkins, accompagné des meilleurs musiciens de l’époque en formation big band. Le joyau est un superbe mélange de jazz et de soul servi par la voix incroyable de la mystérieuse chanteuse. En effet, on ne sait que très peu de choses sur Clark, décédée au début des années 2000, et sur cet album culte, qui restera la seule œuvre de sa courte carrière…

Wewantsounds s’est plongé dans les archives du label avec la petite fille de Bob Shad, Mia Apatow, pour percer le mystère Alice Clark. Ils ont ainsi mis la main sur toutes les photos des sessions prises par le célèbre photographe de jazz Raymond Ross. Wewantsounds a également retrouvé la trace du petit fils d’Alice Clark, ainsi que celle de Carmine Rubino, l’ingénieur du son ayant enregistré l’album, pour reconstituer patiemment le puzzle de la vie de la chanteuse et de l’enregistrement du disque. L’histoire est racontée dans un superbe livret de 20 pages, avec les témoignages des intéressés, une introduction par Mia et son frère Judd Apatow, des notes de pochette du journaliste Marcus J. Moore, ainsi que la reconstitution de la formation ayant accompagné Alice Clark. Sans oublier une sélection de photos magnifiques qui voient le jour pour la première fois, rendant hommage à cette étoile filante de la soul.

Source : Manuel Figueres

Shayna Steele – Watch me fly – 26 avril

Connue pour chanter avec Snarky Puppy , Moby .. et bien d’autres stars , Shayna Steele propose un 3ème album et prend véritablement son envol avec ce dernier. Un pur joyau du genre : composé de 6 morceaux originaux et 4 reprises , voici une parfaite conjugaison de blues , gospel , soul et jazz , mettant en avant sa voix et son énergie incomparables.

Shayna Steele est née en Californie , a grandi dans le Mississipi et mais c’est sur la scène newyorkaise qu’elle fait ses vraies premières armes . Son charisme indiscutable et sa voix ne son pas passés inaperçus auprès de multiples stars , auprès desquelles elle a exercé en tant que choriste . C’est derrière Rihanna , Kelly Clarckson , Bette Midler , Steely Dan que Shayna affute sa technique .

Ce n’est qu’assez récemment qu‘elle décide de passer au devant de la scène .

Source : Sophie Louvet

Kelly Finnigan – The Tales People Tell – 26 avril

Le natif de Los Angeles, leader (chanteur / claviériste) du groupe de soul psychédélique Monophonics, fait ses débuts en solo avec The Tales People Tell, sur l’exigeant label défricheur soul-funk Colemine Records (Durand Jones & The Indications, Delvon Lamarr, Black Pumas), basé dans l’Ohio.

Kelly a pensé, écrit et composé cet album durant ses deux dernières années. Bien qu’il ait lui-même joué/enregistré près de 10 instruments, il a aussi fait appel à quelques pointures de son entourage, tels que le mythique batteur James Gadson (Bill Withers, Marvin Gaye, Beck, Herbie Hancock), des membres des Monophonics, ainsi que son père – Mike Finnigan, génie de l’orgue Hammond B3, éminent sideman que l’on a pu entendre au côté d’Etta James ou encore Jimi Hendrix, notamment sur l’album Electric Ladyland. Une affaire de famille qui donne naissance à un bijou symphonique intemporel, riche, audacieux, au ton émotif.

Bobby Oroza – This Love – 3 mai

Bobby Oroza est né et a grandi à Helsinki (Finlande) dans une famille d’artistes, s’exposant à un large éventail de genres musicaux dès son plus jeune âge. Les fêtes de famille s’improvisaient autour de son grand-père bolivien, qui interprétait des classiques latins/cubains à la guitare, ou de la collection de disques de ses parents, riche en artistes de la Motown, en jazz, blues, gospel, doo-wop, mais qui faisait aussi la part belle aux chansons folkloriques brésiliennes, africaines, nord-américaines, sud-américaines, ou encore aux albums de salsa nuyoricains.

Avant la fin de ses études secondaires, Bobby décide de se rapprocher de la source rythmique qui influence le plus son travail et se rend ainsi à Santiago de Cuba. Là-bas, il étudie intensément les percussions et le chant durant des mois. Depuis son retour, il fait vivre sa famille en enchaînant les concerts et en enregistrant sans relâche.

Pour accompagner sa vision artistique, Bobby s’est associé aux rois de la soul en Finlande, le groupe de producteurs & backing band du label Timmion Records aka Cold Diamond & Mink (Nicole Willis, Myron & E…), composé de Jukka Sarapää, Sami Kantelinen et du guitariste/compositeur Seppo Salmi. La voix de ténor au grain enfumé de Oroza flotte sur une orchestration lo-fi pour un résultat à faire fondre le moindre cœur. La chanson « Your Love Is Too Cold » est un stomp qui associe la percussion soul de la Motown des débuts à un riff de guitare sorti tout droit d’une BO de James Bond.

Bobby ravit les amoureux de northern soul avec « Lonely Girl » et « Falling In Love », et nous transporte dans le meilleur du jazz-funk des années 70 sur « Keep On Believing ». Le jeune homme s’épanouit dans ce lit de sensualité sombre et intime que l’on ressent particulièrement sur des titres tels que « Alone Again », « Down On My Knees » et « Deja Vu ».

Bobby Oroza se produira au Le Printemps de Bourges le 18 avril, à Les Nuits Zébrées de Radio Nova le 19 avril à Nantes, ainsi qu’en première partie de Lee Fields le 30 avril à Lille.

Source : Manuel Figueres

Tanika Charles – The Gumption – 10 mai

La star soul canadienne Tanika Charles, nommée aux Junos awards et au prix Polaris, présente son nouvel album studio « The Gumption ». Le teaser vidéo réalisé par l’Allemande Aline Helmcke sur le morceau extrait de l’album « Cadillac Moon » :

Avec « the Gumption », Tanika reprend où nous l’avions laissée avec « Soul run », son premier album qui lui a valu le prestigieux prix Polaris et une nomination aux Junos (les Grammy canadiens) comme disque R&B/Soul de l’année face à The Weeknd.

Après la sortie de son premier album « Soul Run » en 2017, Tanika Charles s’est retrouvée sous le feu des projecteurs de la scène mondiale. « Je suis partie en tournée, ce qui est synonyme de découvertes : nouveaux endroits et nouvelles personnes. En parallèle, je n’ai jamais cessé de travailler à ce nouvel album et la conciliation des deux était parfois loin d’être évidente. »

Si vous vous demandiez ce que pourraient donner Diana Ross & The Supremes produits par Drake, « The Gumption » pourrait être la réponse.

Source : Record Kicks

Largement de quoi trouver son bonheur pour tous les amateurs de Soul dans cette sélection, entre classique et modernité.

© Jean-François Convert – Mars 2019

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