“Bop till you drop” de Ry Cooder

Il y a tout juste 4 décennies paraissait le premier album à enregistrement numérique réalisé par une grande compagnie de disques : Bop till you drop de Ry Cooder

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Mais ce disque ne serait être réduit à son statut de curiosité dans l’histoire de l’enregistrement audio au 20ème siècle.

Avec cet opus, Ry Cooder accédait à une certaine notoriété, jusque là plutôt discrète malgré une discographie déjà bien remplie. C’est en effet son huitième album, mais c’est celui qui va le faire connaitre au plus grand nombre, quelques années avant la BO de Paris, Texas.

Il y démontre de façon magistrale sa maîtrise de tous les domaines : la guitare bien sûr, mais aussi le chant, ainsi que les arrangements, et sa capacité à s’approprier une reprise pour en faire un morceau qu’on croirait de lui.

1. Little sister

Ainsi cette version de Little sister passée en mode majeur, et complètement transformée par rapport à celle d’Elvis

2. Go home, girl

Idem pour Go home, girl qui prend ici un côté chaloupé créole/hawaïen à faire littéralement oublier la version originelle d’Arthur Alexander

3. The Very Thing That Makes You Rich

Vient ensuite sans doute le titre le plus connu de l’album avec The Very Thing That Makes You Rich

Ry Cooder en donnera une version dantesque, avec une rythmique époustouflante, lors de son concert à Santa Cruz, le 25 mars 1987 :

4. I think It’s Gonna Work Out Fine

Le morceau suivant s’éloigne encore plus de l’original. A la base, It’s Gonna Work Out Fine a été un tube d’Ike & Tina turner, et du Spencer Davis Group. Tina Turner l’a repris lors de sa carrière en solo. Mais aucune de ces versions ne ressemble de près ou de loin à l’instrumental raffiné qu’en a fait Ry Cooder, qu’il renomme ironiquement I THINK It’s Gonna Work Out Fine. Des parties de guitare feutrées, dont une slide aérienne et subtile, à l’opposé de toute démonstration technique. La grâce personnifiée.

5. Down in Hollywood

Down in Hollywood est le seul titre de l’album à ne pas être une reprise. Il est co-signé par Cooder et le bassiste Tim Drumond. Un groove imparable et un trio vocal gorgé de soul, formé par Chaka Khan, Bobby King et Ry Cooder.

6. Look at Granny Run Run

Look at Granny Run Run, standard soul popularisé en 1966 par Howard Tate se métamorphose ici en folk-country-rock avec mandoline, slide et chœurs haut perchés.

7. Trouble

Encore un morceau issu du répertoire soul avec Trouble de Frédéric Knight. C’est peut-être la reprise de l’album la plus proche de la version originale, avec un renforcement de l’aspect gospel/negro spiritual.

8. Don’t mess up a good thing

Don’t mess up a good thing est le deuxième titre funky de l’album avec encore le duo Chaka Khan – Ry Cooder au top, leurs voix se marient à merveille. A l’origine, il s’agit d’un morceau de Fontella Bass et Bobby McClure en 1965

9. I can’t win

Enfin, le disque se clôt sur un superbe blues aux teintes negro spiritual I can’t win des Invincibles.

Un album à la diversité musicale qui reflète bien la carrière discographique de Ry Cooder, et qui 40 ans après, a encore gardé toute sa fraîcheur.

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