‘Amigos’ de Santana fête son demi-siècle

Le 26 mars 1976 sortait ce 7ème album studio de Santana. Un retour à la fièvre rock latino des débuts.

Santana s’est fait connaitre avec un rock fortement influencé par la musique latine. Les trois premiers albums sont empreints d’ambiances mexicaines, cubaines, ou sud-américaines. Puis en 1972, avec Caravanserai, Carlos s’est affranchi de son groupe est a migré vers le jazz-rock, tout en se convertissant à la méditation et a été rebaptisé « Devadip » par le guru Sri Chinmoy.

Après Welcome en 1973 et Borboletta en 1974, il revient à ses premières amours sur cet opus Amigos.

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Carlos Santana en 1976 avec sa guitare Yamaha SG 2000

Dès l’ouverture Dance Sister Dance (Baila Mi Hermana), la fièvre latino s’installe et invite à danser, avant un final du morceau tendant plus vers le jazz-rock planant. Même ambiance festive avec Gitano et son refrain qui scande les noms du percussionniste Armando et du batteur Ndugu et invite tous les « amigos » à rejoindre le bal. L’instrumental Take Me With You et les deux chansons Let Me et Tell Are You Tired baignent dans un groove funk-fusion bien dans l’air du temps, et l’album se referme sur un Let It Shine très disco, genre musical lui aussi très à la mode en cette deuxième moitié des seventies. Mais, si ce dernier titre parait en single, c’est surtout Europa qui va devenir LE tube de ce disque, si ce n’est celui le plus connu de toute la carrière de Santana.

J’ai découvert la musique de Santana par ce morceau, comme beaucoup sans doute. C’était en 1989, quand j’étais en terminale. Europa (Earth’s Cry Heaven’s Smile) était inclus dans une compilation sur les seventies, intitulée 70s les années pop et regroupant Isaac Hayes, Carly Simon, Joe Cocker, Ram Jam, Toto, Redbone, Christie, Deep Purple, T. Rex, Springsteen, Boston, Kansas, Earth, Wind & Fire, Kate Bush, Leonard Cohen, Kinks et MSFB…

J’ai immédiatement été captivé par cette mélodie à l’aura mystique. Cette guitare qui s’envole dans les éthers, cette façon de faire durer les notes avec un sustain qui semblait infini, cette sensation d’éternité…. J’ai écouté la version studio en boucle, mais il existe moult enregistrements en live, notamment à l’époque de la tournée suivant l’album en 1976, ainsi qu’un de l’année suivante (1977) avec la participation du saxophoniste argentin Gato Barbieri. On peut bien sûr en trouver également de nombreux autres ultérieurs, tant ce morceau a été joué sur scène par Santana… mais à mon grand regret pas au concert auquel j’ai assisté en 1993.

Parmi les musiciens sur cet album, le batteur Leon ‘Ndugu’ Chancler déjà présent sur deux titres de Borboletta devient pleinement titulaire dans le groupe, le claviériste Tom Coster confirme son importance en co-signant cinq morceaux sur les sept, le chanteur Greg Walker fait sa première apparition sur un disque de Santana, et on retrouve les fidèles Armando Peraza (percussions) et David Brown (basse), ce dernier jouant pour la dernière fois au sein de la formation. Quant à Carlos Santana, bien que cet album marque la sortie de la période Jazz-rock, le guitariste reste toujours nommé ‘Devadip’ sur les notes de pochette.

Une pochette aux couleurs chamarrées qui rappelle celles d’Abraxas ou du troisième opus. Un mélange de psychédélisme et d’iconographie africaine et asiatique avec des animaux issus de la savane ou de la jungle. L’illustration intérieure mélange des images de Jésus, Bouddha et Kali sur fond cosmique, avec une sorte de combat d’animaux. Réalisé par l’artiste japonais Tadanori Yokoo, ce design quelque peu ésotérique affiche un clin d’œil sur la face avant en y insérant la pochette du premier album, en haut à droite :

Un indice qui confirme ce retour aux sources ? En tous les cas, Amigos figure en bonne place dans la discographie de Santana, ne serait-ce que pour Europa. Un album sorti il y a tout juste 50 ans aujourd’hui.

© Jean-François Convert – Mars 2026

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