En vacances au Québec, j’ai profité de ma journée à Montréal pour y visiter des lieux liés à la musique.

Sommaire
Chanson française et répertoire anglophone
Quand on cite la ville de Montréal, et qu’on cherche à y associer une référence musicale, une des premières chansons qui vient à l’esprit est sans doute Je reviendrai à Montréal de Robert Charlebois, sortie en 1976. Ce même Robert Charlebois qui a chanté en 1974 avec Félix Leclerc et Gilles Vigneault, le célèbre Quand les hommes vivront d’amour, signé Raymond Lévesque. Un disque que j’ai écouté en boucle durant mon adolescence… alors, quand j’ai vu l’adresse de l’hôtel situé Boulevard Levesque, j’ai cru un moment à un signe du destin, mais non, il s’agit ici de René Levesque, ancien Premier ministre du Québec, à ne pas confondre donc avec l’auteur-compositeur prénommé Raymond. Sans doute un nom courant chez nos cousins d’outre-Atlantique.
Mais si la chanson francophone occupe forcément une place importante dans la culture québécoise, il est également évident que le répertoire anglo-saxon fait partie intégrante du Québec, qui est avant tout une province du Canada. Le premier artiste qui m’est venu en tête a d’abord été Neil Young, de surcroit américano-canadien depuis quelques temps. Le Loner a en effet demandé la double nationalité, tout simplement pour pouvoir voter contre Trump, après l’avoir raillé dans ses chansons !
Leonard Cohen
Mais un autre songwriter, tout aussi primordial dans l’histoire du folk-rock est Leonard Cohen. Et lui est carrément né à Montréal (plus précisément à Westmont, intégré à l’agglomération montréalaise). Donc bien plus que Neil Young (originaire de Toronto), Cohen était vraiment LE chanteur-auteur-compositeur que je me devais d’évoquer à l’occasion de ce voyage au Québec. J’ai déjà eu l’occasion d’écrire sur le songwriter canadien, que ce soit à travers sa chanson Hallelujah, le décès de Graeme Allwright qui a adapté en français une grande partie de sa discographie, l’hommage rendu par H Burns, ou encore le livre de Belkacem Bahlouli.
En arrivant à Montréal samedi après-midi, le guide nous a fait passer non loin de l’immense portrait de Leonard Cohen, peint sur un mur de la ville. Une image que j’ai revue dans le hall de l’hôtel !

Il fallait que j’aille voir ça de plus près… programme prévu durant le temps libre de cet après-midi …
Sauf que, tête de linotte que je suis, j’ai oublié mon téléphone dans le bus ! Me voilà donc devant le fameux mur, sans pouvoir immortaliser l’instant. Qu’à cela ne tienne, les québécois étant réputés pour être extrêmement avenants, c’était l’occasion de le vérifier. Je remercie donc chaleureusement (surtout par cette température oscillant entre -20° et -30° !) Francis Côté qui m’a très gentiment pris en photo avec son smartphone et m’a envoyé le cliché par Messenger, que j’ai pu retrouver à l’hôtel sur mon ordinateur.

Et cette bienveillance québécoise a pu se confirmer à nouveau pour un autre site célèbre dans l’histoire du rock, ici aussi à Montréal…
John Lennon
En mars 1969, John Lennon et Yoko Ono profitent de la médiatisation de leur mariage pour promouvoir la paix dans le monde. Ils passent leur lune de miel dans la suite présidentielle (chambre 702) à l’hôtel Hilton d’Amsterdam aux Pays-Bas pour une semaine, entre le 25 et le 31 mars 1969. Le couple invite les journalistes du monde dans sa chambre tous les jours de 9h à 21h.
Leur deuxième « bed-in » doit avoir lieu à New York, mais Lennon n’est pas autorisé à entrer aux États-Unis en raison de sa condamnation pour possession de cannabis en 1968. Le couple décide alors de tenir l’événement à l’hôtel Sheraton Oceanus dans les Bahamas. Cependant, à cause de la chaleur et sur invitation d’Allan Rock, alors président de l’association étudiante de l’Université d’Ottawa, le couple Lennon-Ono décide plutôt de se rendre à Montréal après une seule nuit au Sheraton Oceanus (source : Wikipedia).

Ce deuxième Bed-in dans la chambre 1742 de l’hôtel Reine Élizabeth prend une dimension supplémentaire lorsque s’y enregistre en live la chanson Give Peace a Chance, Lennon et Ono étant accompagnés par les invités et les journalistes. L’enregistrement sera toutefois remixé avec des nouveaux chœurs. (source : Wikipedia).
L’hôtel Reine Elizabeth étant situé à quelques rues du mien, je ne pouvais pas ne pas y aller…
Me voyant faire les cent pas devant l’hôtel, un des employés vient me demander s’il peut quelque chose pour moi. Je lui demande s’il y a une plaque ou quelque chose commémorant l’évènement. Après m’avoir montré la fenêtre de la chambre 1742, où figure toujours l’inscription Give Peace a Chance, il me demande « vous êtes un un fan ? » je réponds « oui » bien sûr, « un fan fini ? » insiste-t-il. J’acquiesce. Il me dit « venez avec moi »… Je renchéris « j’adore les Beatles et Lennon », il rétorque « Moi c’est McCartney », j’enchaine en lui disant que j’ai vu Macca en concert il y a un peu plus d’un an, je vois des étoiles dans ses yeux, et on se met à parler du concert dans l’ascenseur.
Il m’amène jusque devant la chambre 1742, les murs du couloir sont ornementés d’immenses photos prises le jour de enregistrement de Give Peace a Chance. Je demande à l’employé s’il peut me prendre en photo dans ce lieu mythique pour tout fan de rock, malheureusement il n’a pas son téléphone sur lui…
► Pour s’en donner une idée, lire l’article d’Andy-Riwan

Un peu plus tard dans l’après-midi (après avoir fait la photo devant le mur de Leonard Cohen), je reviens à l’hôtel Reine Élizabeth où je demande à un autre employé de me prendre en photo devant le bâtiment. Il s’est exécuté bien volontiers et me l’a envoyée par mail ! Et tout comme son collègue et le passant, leur seule réponse à mes remerciements a été « ça fait plaisir ». Imaginerait-on une attitude similaire de la part de parisiens envers des touristes étrangers ?…


Un tout petit regret : ne pas avoir immortalisé le fait d’avoir foulé le seuil de la chambre 1742. Mais finalement ça m’a un peu rappelé lorsque j’avais assisté aux balances du concert des Insus sans avoir eu le droit ni de filmer, enregistrer ou photographier. Au bout du compte, les meilleurs souvenirs ne sont pas ceux que l’on imprime sur une pellicule, un disque dur, ou une publication de réseaux sociaux, ce sont ceux qui restent gravés dans la tête.
© Jean-François Convert – Janvier 2026



