Les Who sortaient leur premier album il y a 55 ans

Le 3 décembre 1965, “My Generation” arrivait dans les bacs. Le même jour que “Rubber souldes Beatles.

Un titre phare

Un premier album, mais quel album ! Après quelques singles publiés sous le nom des High Numbers, Les Who entrent par la grande porte. Dès ce premier opus, ils frappent fort, très fort. La chanson-titre devient rapidement un manifeste de la jeune génération des sixties. Un bégaiement devenu culte, et un vers qui retranscrit l’état d’esprit des ados et jeunes adultes :

« je préfère mourir plutôt que devenir vieux »

Pete Tonwshend – My generation

Un adage que son auteur ne mettra pas en pratique, puisque le duo Daltrey-Townshend continue d’enregistrer et tourner 55 ans après ! Le morceau reste néanmoins un titre-phare de l’histoire du rock avec ses paroles uppercut, son riff implacable, ses roulements de batterie, et son solo de basse exécuté de main de maître par un John Entwistle stoïque et impassible. Je l’ai découvert par la version culte à l’émission Smoother Brothers en 1967 :

Maximum R’n’B

Mais on ne saurait réduire ce disque à son morceau emblématique. Le reste de l’album est tout aussi bon, mêlant compositions originales et reprises de Rhythm and Blues. Le groupe ne va pas tarder à devenir la tête de file du mouvement MOD qui s’appuie entre autres sur une admiration sans bornes du R’n’B. D’où les reprises de James Brown (I Don’t Mind et Please, Please, Please) ou Bo Diddley (dont I’m a man sera retiré de la version américaine à cause de ses allusions sexuelles). C’est la période du groupe communément appelée Maximum R’n’B.

Les chansons de Townshend témoignent déjà d’une écriture exigeante et contiennent presque tous les ingrédients qui feront la recette des albums suivants : des paroles en phase avec sa génération, des parties de guitare entre arpèges cristallins et riffs sauvages, une maîtrise évidente de l’harmonie, et des chœurs qui n’ont rien à envier aux Beatles ou aux Beach Boys

De leur côté, Daltrey, Entwistle et Moon affinent leurs rôles respectifs : la voix puissante qui peut sonner bluesy ou s’envoler dans les mélodies pop éthérées, la basse virtuose et novatrice qui sort de sa simple utilité d’accompagnement, et un jeu de batterie révolutionnaire, virevoltant, et qui va inspirer nombre de batteurs, notamment par l’utilisation de la double grosse caisse.

Toute la folie du swinging London mêlée aux influences américaines. Un disque qui marquait le début d’une discographie riche et dense, comme allait en témoigner par exemple Tommy, quatre ans plus tard. My generation était vraiment un très bon premier album. Un premier album sorti il y a 55 ans aujourd’hui.

© Jean-François Convert – Décembre 2020

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