Les Ogres de Barback ont enfin pu jouer à Lyon

Maintes fois reporté depuis 2 ans, le concert des Ogres de Barback a pu avoir lieu ce jeudi 14 octobre à Lyon. Au programme : interview et soirée festive.

© Jean-François Convert

Une première partie rigolote et singulière

Avant de rentrer dans le cœur du concert des Ogres de Barback, la salle du Radiant-Bellevue à Caluire (Lyon) accueillait Sarah Mikovski en première partie ce jeudi 14 octobre. La jeune chanteuse a proposé un surprenant cocktail : d’un côté, des morceaux rythmés tendance electro avec samples, loopers, et effet type vocoder, et de l’autre des chansons accompagnées simplement au clavier.

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Gouaille malicieuse et humour sarcastique à travers une interaction conviviale avec le public et des textes aux titres aussi improbables que Les mauvais garçons ou Mon mec d’extrême-droite. Rires nourris dans l’assistance lorsque Sarah demande «Y’a des gens d’extrême-droite dans la salle ?»

Après cette prestation sympathique d’une demi-heure, et un court intermède d’installations techniques au son des chansons de Boby Lapointe, on est entré dans le vif du sujet avec un concert tant attendu depuis le printemps 2020…

Une tournée qui aurait dû se terminer il y a 2 ans

15 mars 2019 : sortie de l’album Amours grises & colères rouges. Puis tout naturellement, une tournée dans la foulée… qui bien évidemment ne se passe pas comme prévue.

Ce n’est pas un virus qui allait arrêter les Ogres de Barback ! Concerts reportés pour cause de crise sanitaire ? Et bien soit. On repousse, on reporte, on reprogramme, on déplace…. mais en aucun cas on annule. Les Ogres aiment trop la scène pour pouvoir s’en passer.

« On ne s’était jamais arrêtés aussi longtemps » nous a confié Alice avant le concert. Un plaisir d’avoir pu échanger avec elle et Sam, principalement au sujet du disque La Commune refleurira, sorti le 8 octobre (chronique à venir sur franceinfo culture ).

© Jean-François Convert

Un concert festif…

Et effectivement, le mot joie est un euphémisme, le public est littéralement en liesse ! Il faut dire que la musique des Ogres De Barback invite spontanément à la fête, à la joie, au partage. Le chanteur Fredo l’annonce dés le début : le groupe va nous embarquer dans un « voyage musical ».

Influences diverses et variées de l’Europe Centrale aux continents africain et américain, en passant par les iles de l’Océanie… rien ne résiste aux Ogres de Barback. L’atmosphère musicale évoque aussi bien les régions de France que n’importe quel petit bout de terre à l’autre côté de la planète. Une ambiance festive et bigarrée à laquelle la la fanfare et chorale béninoise Eyo’nlé n’est pas étrangère.

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… mais chargé de sens

Là où les Ogres de Barback sont singuliers et immédiatement reconnaissables, c’est que leurs chansons ne se limitent bien évidemment pas à ce côté festif. Leurs paroles sont autant ciselées que les mélodies, et les textes évoquent aussi bien les travers de notre société, que les préoccupations personnelles. Ce voyage musical débute justement sur Pas ma haine, inspiré par le livre d’Antoine Leiris, journaliste qui a perdu son épouse lors de la fusillade du Bataclan.

Pendant plus de 2 heures, et toujours avec un humour bienveillant, les paroles brocardent en vrac : le chauvinisme régional, les interrogations métaphysiques de nos bambins, les « cons » et réacs de tout poil, les ennemis de la démocratie, les machos et misogynes… toutes celles et ceux à qui on a envie de dire « si vous pensez autrement, vous m’emmerdez »

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De très beaux moments intimistes

Et parfois, les préoccupations sociales ou solidaires peuvent rejoindre les histoires personnelles du groupe. C’est le cas avec la maladie de Crohn dont est atteint Fred Burguière. Il en parle en toute simplicité… juste avant de marcher sur les mains.

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De l’engagement, du militantisme même, de la contestation, de la révolution, de la fête, oui il y a tout cela dans un concert des Ogres de Barback. Mais il y a aussi de l’émotion, de la tendresse, et des instants où les 4 frères et sœurs semblent jouer dans notre salon et nous chanter à l’oreille. Mélancolie sur P’tit coeur, ou lyrisme à la scie musicale sur le final de N.L.T, des moments suspendus où les Ogres montrent toute leur musicalité et leur maitrise des instruments les plus divers.

© Jean-François Convert

Une performance scénique et musicale

Divers instruments… le mot est faible. Qualifier les Ogres de Barback de multi-instrumentistes ne suffirait pas à rendre justice au dixième de leurs talents de musiciens. Le plus simple serait de leur demander de quel instrument ils ne jouent pas !

Sam est principalement l’artisan des guitares (électriques ou acoustiques) et autres instruments à cordes (banjo et sorte de Oud électrique), mais ça ne l’empêche pas de débuter le concert au violon, puis à la trompette… et il nous donne même un numéro de claquettes !

Alice navigue aussi bien de la contrebasse au trombone à coulisse, en passant par la basse électrique ou le violoncelle, tout en chantant et parfois en assurant la grosse caisse simultanément ! Et surtout, elle maitrise des instruments pas courants comme la scie musicale ou le Thérémine.

Sa sœur jumelle Mathilde est la pianiste de la famille, mais joue également de la flûte traversière, de l’accordéon, de la clarinette, et du tuba !

Enfin, Fredo qui mène la danse en tant que chanteur principal, n’est pas en reste pour prendre la guitare, l’accordéon, et même l’harmonica, qu’il présente ironiquement en introduction du savoureux Je ne sais pas :

© Jean-François Convert

A croire que c’est la condition pour pouvoir jouer avec les Ogres de Barback, car même les musiciens additionnels passent avec une facilité déconcertante d’un rôle à l’autre : percussions, batterie, cuivres, chant, chœurs… personne n’est attitré à un poste dans l’orchestre des Ogres de Barback !

Pour assurer tous ces changements, la scène est une valse incessante d’instruments et de micros, un tourbillon de machins à produire des sons. Un grand coup de chapeau au passage à l’équipe technique qui relève le défi d’avoir le bon dispositif à chaque chanson, quand ce n’est pas en milieu de morceau !

Plus qu’un groupe, on peut réellement parler de compagnie, de troupe, de collectif musical. Cet esprit transpire littéralement sur scène, et on peut le confirmer : on a véritablement été emmené dans un « voyage musical ». Bravo et merci Les Ogres de Barback.

© Jean-François Convert

© Jean-François Convert – Octobre 2021

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