John Mayall “Nobody told me”

Aujourd’hui est sorti Nobody told me, le dernier album de la légende du british blues, Mister John Mayall. Plusieurs titres sont en ligne sur les chaines YouTube officielles de l’artiste et du label.

Une légende vivante

On ne présente plus John Mayall : le père du blues anglais qui a découvert des musiciens hors-pair au sein de son groupe, les Bluesbreakers. Parmi les plus célèbres : Eric Clapton, juste avant qu’il ne fonde l’un des premiers power trios de l’histoire du rock, Cream, ensuite Peter Green, avant qu’il ne donne naissance à Fletwood Mac, qui dans sa première mouture était l’un des meilleurs représentants du blues en Angleterre, et enfin Mick Taylor, juste avant qu’il ne rejoigne le plus grand groupe de rock’n’roll du monde.

Excusez du peu !

Et bien ce monsieur de 85 ans, bientôt 86 cette année, continue enregistrer et vient de sortir aujourd’hui même son dernier album Nobody Told me. Le label et le chanteur nous offrent quelques avant-goûts, à déguster tranquillement en soirée avec une bonne bière, ou un whisky, au choix.

Le morceau titre, blues lent classieux, avec Carolyn Wonderland à la guitare, nouvellement arrivée dans le groupe :

L’album regorge de pointures en invités

Quand on a cette notoriété et qu’on a défriché le blues-rock pour plusieurs générations, autant se faire plaisir à jouer avec des musiciens de renom, qui ont perpétué le genre :

Stevie Van Zandt

sur It’s So Tough, le clavier de Mayall et la guitare de Steve se répondent sur un shuffle so groovy :

Joe Bonamassa

apporte sa touche heavy sur What Have I Done Wrong qui baigne dans des cuivres chaleureux :

et fait monter encore un peu plus la température sur Delta Hurricane, morceau où Mayall exprime sa dévotion au blues :

“blues is in my veins”

Todd Rundgren

détourne l’ensemble vers un R’nB funky subtil et racé, qu’une guitare abrasive vient trancher et tenter ramener dans des contrées plus punchy :

Larry McCray

fait revivre les modèles de la guitare blues à travers son jeu chargé d’influences des plus grands sur The Hurt Inside :

et se montre plus volubile sur The Moon Is Full :

Alex Lifeson (du groupe prog-rock RUSH)

fait rugir sa six-cordes comme personne sur Evil and Here to Stay :

Carolyn Wonderland

Et la “petite dernière” Carolyn Wonderland n’a pas à rougir à côté de ses illustres aînés, tant ses interventions sont élégantes, jamais trop bavardes, juste ce qu’il faut, comme par exemple sur Like it like you do :

ou sauvages et sentant la poussière, à l’instar de ce Distant Lonesome Train :

Au final un album qui confirme que même octogénaire (et cette année basculant du côté de la décennie plus proche des 90 !), John Mayall en a encore sous le capot, et il compte d’ailleurs bien le prouver lors de la tournée à venir, dont 3 dates en France : Lille, Strasbourg et Paris.

© Jean-François Convert – Février 2019

Étiqueté , ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.