Jean-Louis Aubert en solo mais à plusieurs

Retour sur le concert de Jean-Louis Aubert au Zénith de Saint-Etienne ce jeudi 25 novembre, dans la cadre de sa tournée ‘Olo tour’.

Il fallait y penser !

J’avais chroniqué son dernier album pour franceinfo il y a deux ans. Sa tournée devait suivre mais a bien évidemment été reportée plusieurs fois. C’est finalement dans ma ville de naissance que j’ai pu aller le voir. Ou devrais-je dire LES voir ? Car oui, il y avait bien plusieurs Jean-Louis Aubert sur scène…

Le procédé des boucles audio n’est pas nouveau. Plusieurs musiciens utilisent des loopers depuis des années, voire décennies. -M- par exemple s’amusait avec son Jam-Man sur scène dès la fin des années 90. Les projections d’hologrammes sont également connues du public, notamment dernièrement pour des meetings politiques ou des concerts virtuels de stars décédées. Mais il fallait avoir l’idée de combiner les deux !

Un rendu bluffant

Le chanteur-multi-instrumentiste propose ainsi un spectacle où il se démultiplie à loisirs, aussi bien musicalement que visuellement. Il enregistre des boucles sur divers instruments (guitares, percussions, claviers, harmonica…) et celles-ci sont filmées puis projetées, pendant qu’il continue à improviser par-dessus. Au court du concert il utilisera trois guitares (une Takamine 12 cordes, une mini-Martin, et une électrique Custom) mais aussi des instruments plus singuliers comme un steel drum, typique de la musique caraïbéenne.

Sur certains morceaux, il n’utilise uniquement que les boucles sonores. Sur d’autres, des animations visuelles viennent illustrer ses interprétations solo (sans boucle). Et enfin, plusieurs chansons sont jouées « naturellement », accompagnées seulement d’une guitare ou d’un piano. Un éventail de configurations qui rend le concert vivant, diversifié, et ne verse pas dans la démonstration technique.

Bonne humeur et ambiance détendue

D’ailleurs pour démystifier le dispositif, Jean-Louis Aubert le présente dès la fin du premier morceau. Il s’amuse à enregistrer des mots en les prononçant à l’envers pour ensuite les repasser à l’endroit. Il s’est ainsi entrainé à dire son prénom à l’envers ! et un T-shirt du stand de merchandising affiche « ICREM » (« merci » à l’envers).

Une photo nous montre son immense pédalier qu’il a surnommé « le dragon » en référence à Jean-Sébastien Bach qui appelait son orgue (pourvu de pédales) de la même manière. L’ex-leader de Téléphone en profite au passage pour une blague avec son bac qu’il dit ne pas avoir alors qu’en fait si… Le concert ne sera pas avare de plaisanteries et d’interactions chaleureuses avec le public. Adepte de l’auto-dérision il rétorque même à un moment aux injonctions de rappel :

« si vous continuez, vous n’êtes pas sortis de l’Aubert ! »

C’est une des forces de Jean-Louis Aubert : alors qu’on aurait pu craindre qu’il s’abrite derrière son dispositif technique, et qu’il s’en trouve limité à devoir gérer tant de manipulations, il joue au contraire la carte du concert convivial et humain. Au point que le chanteur-guitariste descend un moment dans l’assistance et fait le tour de la salle, tout en chantant. En revenant sur scène, il interprète magnifiquement Dis, quand reviendras-tu ? de Barbara.

Un concert humain

Le reste de la setlist offre un bel équilibre entre ses années solo et les incontournables de Téléphone : Au cœur de la nuit, Le jour s’est levé, New York avec toi, Ça (c’est vraiment toi) côtoient les inévitables Juste une illusion, Alter Ego, Les plages, Temps à nouveau, les singles du dernier album Ne m’enferme pas, Bien sûr… Le tout dernier rappel clôt le concert sur le bien-nommé Voilà, c’est fini, après avoir entonné le premier couplet d’Un autre monde.

Et après avoir plaisanté sur les masques pour la photo traditionnelle, Jean-Louis conclut sur cette belle phrase :

« Notre point G c’est le présent. Et même avec le meilleur appareil photo du monde ca ne sera jamais aussi beau qu’un cerveau qui se souvient »

Effectivement, une maxime qui tend à rappeler la prépondérance de la technologie sur nos rapports humains. Car finalement, c’était bien là le propos du concert : l’imposant dispositif technique n’était pas une finalité en soi, mais bien qu’un moyen de passer un bon moment ensemble. Et Jean-Louis Aubert précise en remerciant son équipe : « il y a 90 personnes en coulisses sur cette tournée, juste pour un petit bonhomme de 1,70m comme moi ! »

Ça tombe bien, je mesure la même taille… alors qui sait, peut-être qu’avec mon (ultra) modeste dispositif de boucles, effets, et boite à rythmes, j’ai moi aussi ma chance ! 😄😄😄 Merci Jean-Louis de m’avoir donné espoir 😁, et plus sérieusement merci pour cette soirée !

© Jean-François Convert – Novembre 2021

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