CSNY par Franck Tortiller et Misja Fitzgerald Michel

Dans l’album ‘The open chords of David Crosby’ sorti le 29 mai, le vibraphoniste Franck Tortiller et le guitariste Misja Fitzgerald Michel revisitent en partie le répertoire du trio-quatuor Crosby, Stills & Nash (& Young).

J’avais eu l’occasion d’interviewer Franck Tortiller lors de la sortie de son album Back to heaven – Led Zeppelin Chapter Two en 2022. J’ai le souvenir d’une discussion sympathique et passionnée sur la musique en général et la façon d’adapter un artiste connu dans un style complétement diffèrent. Après Led Zep et d’autres, c’est au tour de David Crobsy d’être revisité, cette fois-ci en version entièrement instrumentale, sur le disque The open chords of David Crosby sorti le 29 mai (MCO-Absilone-Socadisc). Le vibraphoniste est accompagné par le guitariste Misja Fitzgerald Michel, qui officie à l’acoustique, 6 ou 12 cordes selon les morceaux. L’album s’ouvre sur l’iconique Guinnevere qui figurait sur le premier opus de Crosby, Stills & Nash en 1969. La sonorité du vibraphone se marie parfaitement avec les arpèges alambiqués composés par le musicien à la moustache de morse.

Le titre du disque The open chords of David Crosby est ton ne peut mieux choisi, car le chanteur-guitariste des Byrds puis du trio parfois quatuor Crosby, Stills & Nash (& Young) était particulièrement un adepte des accords ouverts. L’accordage des guitares en open tuning offre des possibilités différentes et permet de s’aventurer vers des harmonies inhabituelles. Cette démarche est bien retranscrite dans les interprétations de Franck Tortiller et Misja Fitzgerald Michel, à travers des titres emblématiques tels Déjà Vu (de l’album éponyme du quatuor CNSY en 1970) ou Carry Me (qui ouvrait l’album Wind on the Water du duo Crosby-Nash en 1975).

Malgré le titre de l’album centré autour de David Crosby, on trouve une reprise du magnifique Suite : Judy Blue Eyes, composition de Stephen Stills à la gloire de la chanteuse Judy Collins. L’adaptation est ici raccourcie et assez surprenante. Pourtant fervent admirateur du légendaire trio-quatuor folk-rock, je n’ai pas instantanément reconnu le morceau, contrairement à Guinnevere, Déjà Vu et Carry Me. Le début est un peu déroutant car il me manque l’intro guitare de Stills, mais ensuite la mélodie du chant apparait clairement, avant une impro en ternaire qui sort du périmètre de la chanson d’origine. Le final est quant à lui bien reconnaissable, même s’il est moins long.

En complément de ces adaptations, parmi lesquelles il faut également compter Somebody Other Than You, Tracks In The Dust, et Traction in the Rain (affublé en plus d’Orleans), le duo nous propose deux compositions originales qui s’inspirent de l’univers musical de David Crosby : Look To The Spark et She Says qui referme l’album.

The open chords of David Crosby offre un dialogue à la fois riche et subtil entre le métal du vibraphone et le bois de la guitare. Entre les percussions délicates et la vibration des cordes s’instaure un échange harmonieux, dont l’écoute ne nécessite pas obligatoirement de connaitre le répertoire de David Crosby. Laissez vous porter par ces sons dont on n’a pas forcément l’habitude.

Retrouvez les prochaines dates de concert de Franck Tortiller sur son site web et ses réseaux sociaux :

  • 4 juillet festival jazz à Couches
  • 10 juillet festival Au sud du Nord 
  • 16 octobre festival Oeno jazz de Tourcoing

© Jean-François Convert – Juin 2026

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