Concert des Supersoul Brothers : quand Memphis s’invite à Paris

Le groupe de Pau les Supersoul Brothers ont donné jeudi soir un concert à Issy-Les-Moulineaux, mais on se serait cru dans un club de Memphis.

© g-m Rock’n’Blues

Un voyage magique de l’autre côté de l’Atlantique

jeudi, rendez-vous à l’auditorium d’Issy-Les-Moulineaux pour un concert des Supersoul Brothers. Ce groupe originaire de Pau vient de sortir son premier album Shadows & Lights chez Dixie Frog. Mais en entrant dans la salle, la téléportation est immédiate : on se retrouve dans un club du sud du Tennessee ou de la Nouvelle Orléans.

Le public a vite oublié les sièges et tout le monde est debout, frappe dans les mains, et répond avec enthousiasme aux injonctions du leader charismatique Feelgood Dave. Les onomatopées sont repris en chœur, et le chanteur arpente même les gradins pour inviter celles et ceux qui seraient trop timides.

© Laurent Sabathé

Un vrai concert de ‘soul’, car plein ‘d’âme’

Côté musique, le terme ‘groove’ est presque trop faible tellement ça swingue, ça remue, ça balance, ça dépote. Rythmique qui donne des fourmis dans les jambes, guitare et claviers au son roots, trombone à coulisse qui apporte la chaleur et le brillant, et les voix de Feelgood Dave et Claire Rousselot-Paillez qui transpirent d’émotion. Car oui, ici le terme de ‘soul’ n’est pas usurpé, bien au contraire : la musique du groupe délivre une âme palpable et le chanteur-leader est littéralement habité.

Car même si tous les musiciens sont très bons, du batteur qui enflamme le public dans un solo de batterie, au claviériste qui place le riff de Misirlou en citation musicale, en passant par le guitariste jouant sur une Strat équipée de P90 en forme de humbuckers et qui insuffle quelques touches de larsen dans ce rhythm & blues (« On s’influence tous dans le groupe » m’a-t-il confié après le concert), c’est bien Feelgood Dave qui mène la danse. Un charisme et une présence scénique indéniable, jusque dans le final a capella avec tous les membres reprenant en chœur le refrain « Take my hand », tandis que le public bat la mesure.

Et surtout une voix qui prend surtout aux tripes, notamment dans la très belle ballade Please forgive my heart. Accompagné par seulement le piano, le chanteur ne peut pas tricher et délivre, après une heure de concert, une version magnifique de cette chanson. C’est d’ailleurs ce morceau qui a décidé François Maincent a signer les Supersoul Brothers chez Dixie Frog.

Un album à l’ancienne

Et cette signature s’est concrétisée par un album sorti ce 24 septembre. Enregistré à l’ancienne en live direct avec un minimum de prises et d’overdub pour garder un maximum d’authenticité, ce premier opus restitue à merveille leur spontanéité et leur envie de perpétuer cette musique aussi festive que libératrice. Tous les musiciens enregistrent en même temps pour saisir la vérité de l’instant. Shadows & Lights est une collection de 12 chansons qui parlent d’amour, d’optimisme, de partage et du triste état de notre société moderne.

En plus des clins d’œil au son analogique qui rappellent la grande époque du disque vinyle, de la danse, des clubs et autres juke-joints, l’esthétique de la pochette du disque semble tout droit sortie des sixties. Photo en noir et blanc, lettrage vintage, et la tracklist divisée en deux faces, comme au bon vieux temps du vinyle. Mais comme pour rappeler la modernité du groupe, ces « ombres et lumières » se terminent par une reprise surprenante de Heroes de Bowie. Le thin white duke version rhythm & blues, il fallait y penser. Et le passage de fin, en forme de morceau caché, ramène aux sources Memphis Soul.

Un album qui donne la banane, et « Feelgood », c’est vraiment la sensation ressentie après ce concert. Le chanteur a bien choisi son nom de scène. Merci les Supersoul brothers !

© Jean-François Convert – Septembre 2021

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