Billy Gibbons sans ZZ TOP pour un 2ème album solo : “The big bad blues”

Le barbu le plus célèbre du rock a délaissé ses deux acolytes pour un album pur-blues qui sort ce vendredi 21 septembre. S’affranchissant parfois des classiques 12 mesures, il distille quelques petites variations entre reprises et nouvelles compositions, sans toutefois révolutionner le genre.

© Blain Clausen

William Frederick Gibbons : pas très rock’n’roll comme prénom(s). Pour se lancer dans la musique à la fin des années 60 (notamment en première partie de Jimi Hendrix), le guitariste pas encore barbu remplace le premier par son diminutif naturel “Billy” et occulte le deuxième. 50 ans plus tard, après une carrière bien remplie avec son trio ZZ Top, il revient à ses premières amours, le blues, et comme un clin d’œil, ré-affiche fièrement le “F” de Frederick : Billy F Gibbons sort son deuxième album The Big Bad Blues.

La pochette de l’album © Blain Clausen

Le titre ne laisse aucune place au doute. Alors que son premier opus en solitaire Perfectamundo (2015) était clairement orienté latino et plus précisément cubain, celui-ci est une plongée au cœur d’un blues âpre et rugueux. Ici, pas de synthés ou sons électroniques comme dans les albums de ZZ Top depuis les années 80, seulement un combo basique guitare(s)-basse-batterie avec quelques incursions de piano (Mo’ slower blues et Crackin’ up), et surtout un harmonica proéminent, assuré en alternance par Billy lui-même, et James Harman. Et pour donner un côté “heavy” à l’ensemble, la batterie est assurée par Matt Sorum, ancien de Guns N’ Roses.

Dès le premier titre Missin’ Yo’ Kissin’ et son riff voisin de La Grange, on est dans l’ambiance : ça fleure bon le deep south, les grosses cylindrées et la route ui défile :

Keith Richards aime à dire que ce qu’il y a de plus important dans le Rock’n’roll, c’est le roll. Un adage qui colle parfaitement à cet album. Mis à part 2 titres (sur une totalité de 11), Second Line et Crackin’ up, tous les morceaux sont en ternaire, ce rythme caractéristique du blues. Qu’il soit lent ou rapide, le “shuffle” est tout l’opposé du binaire du rock : chaloupé, sinueux, tournoyant. Et quand il ne se fait pas “balancé”, il est lourd et pesant, comme dans ce Standing Around crying, reprise de Muddy Waters, avec son solo de guitare tranchant :

Certes, pas de surprise. Gibbons ne s’aventure guère loin des schémas classiques. Quelques “turn’ arounds” légèrement différents par rapport aux figures classiques, quelques accords un peu outsiders, mais rien de révolutionnaire.

Comme pour enfoncer le clou et appuyer l’hommage, c’est encore Muddy Waters qui est repris avec le grand classique Rollin’ and Tumblin’ :

Mais ne boudons pas notre plaisir. Avec ou sans ZZ Top, Billy Gibbons n’a jamais prétendu faire de la musique avant-gardiste. Du bon vieux blues-boogie-rock, voilà ce qu’on attend de celui qu’on surnomme “le Révérend”, et ce “grand méchant blues” remplit parfaitement le contrat.

© Blain Clausen

© Jean-François Convert – Septembre 2018

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