AC/DC : “Back in black” fête ses 40 ans

Le 25 juillet 1980 sortait le deuxième disque le plus vendu de tous les temps.

Le premier album d’AC/DC sans Bon Scott

Alors que le groupe australien vient de connaitre son plus grand succès depuis ses débuts avec Highway to hell, sorti en 1979 (► chronique de l’album), un drame survient le 19 février 1980 : le chanteur Bon Scott meurt, suite à une énième soirée trop arrosée. En accord avec sa famille, et notamment à la demande de sa mère, le quatuor de musiciens décide de continuer l’aventure en sa mémoire, et engage le « geordie » (anglais du nord) Brian Johnson pour tenir le micro. Ce dernier officiait au sein d’un groupe justement baptisé Geordie.

A noter qu’il aurait été recruté sur la recommandation de Bon Scott lui même! Car il l’avait vu lors d’un concert de Geordie et avait été impressionné par la prestation de ce dernier. Il en parla aux autres membres qui s’en souvinrent. Cette anecdote a été raconté par Angus lors d’un documentaire sur AC/DC (Wikipedia)

Dès le premier titre, l’ambiance se veut sombre, presque lugubre, avec cette cloche de l’enfer qui résonne d’outre-tombe

« Chanson basée sur une allégorie de l’enfer et de la mort qui parle à la première personne. La cloche utilisée au début de la chanson est une réplique de la Denison Bell du carillon du mémorial de guerre de Loughborough. Elle pèse 2,000-pound (910 kg) et fut construite par John Taylor Bellfounders. L’original ne pouvait être utilisé à cause des pigeons qui parasitaient les enregistrements. Elle sonne 13 fois. » (Wikipedia)

Du fait du contexte, la mort rôde sur cet album, et notamment sur le morceau-titre, au riff typiquement Zeppelinien, et que le guitariste Angus Young a souvent qualifié de son préféré à jouer sur scène. Back in black a récemment connu à nouveau le succès grâce à sa diffusion dans la B.O du film Iron man en 2008, à la demande de l’acteur Robert Downey Jr., fan du groupe. Le deuxième volet en 2010 offre carrément une compilation de 15 morceaux d’ACDC, dont Shoot to Thrill et Have a Drink on Me, issus de cet album.

Les guitar-freaks noteront que le guitariste rythmique Malcolm Young (véritable pilier musical d’AC/DC) joue sur une Gretsch White Falcon au lieu de sa légendaire G6131, surnommée « The Beast ». Cette White Falcon, visible sur tous les clips de 1980 a été utilisée sur l’enregistrement de l’album.

« C’est l’histoire d’un homme au fond du trou qui remonte la pente après l’échec. Vraisemblable allusion à la mort de Bon Scott et à la reconquête que le groupe est en train de vivre » (Wikipedia)

Enfin, un troisième texte peut-être considéré également comme un hommage à Bon Scott : Have a drink on me (« prenez un verre à ma santé »). Le groupe a toujours été convaincu que le chanteur aurait voulu qu’ils continuent à jouer, qu’ils ne soient pas tristes, et qu’ils trinquent en pensant à lui.

Album hommage à la tonalité sombre (la maison de disques craignait que la pochette entièrement noire passe inaperçue dans les bacs), mais aussi à l’esprit de vivacité survoltée. Vivre coûte que coûte, continuer à jouer et à tourner, sans relâche.

Florilège de tubes, sexe and rock’n’roll

Si Hells Bells et Back in Black sont devenus des incontournables d’ACDC et même du rock tout court, c’est surtout You Shook Me All Night Long qui propulse l’album sur les ondes. Un titre à caractère ouvertement sexuel qui pourtant devient un hit pour radio FM ! Un riff qui donne envie de secouer la tête et de se déhancher, un refrain aux chœurs puissants et à la mélodie facilement imprégnable, et un solo qui puise dans les racines typiques blues-rock : une recette qui a déjà fait ses preuves, et que le groupe renouvelle avec un succès énorme.

Le morceau devient une de leurs plus grands tubes, un des plus abordables par le « grand public » par son côté un peu moins heavy que le reste du répertoire. En 1986, il bénéficie d’un nouveau clip vidéo, pour la sortie de la semi-compilation Who Made Who (B.O du film Maximum Overdrive de Stephen King):

Les paroles à caractère sexuel sont très présentes dans l’album, comme avec le titre explicite Let Me Put My Love Into You

Et les textes peuvent parfois afficher un penchant sexiste, voire misogyne, thème récurrent dans l’univers du hard-rock. « Qu’est-ce que tu fais pour du pognon, poupée ? » les rockeurs machos…. pas qu’un cliché

Enfin, le disque se referme sur un autre tube au riff imparable et qui rappelle le dévouement indéfectible du groupe à son genre musical de prédilection : Rock and Roll Ain’t Noise Pollution. Non le rock ce n’est pas du bruit, ni de la nuisance sonore ! A l’instar des Stones qui chantaient It’s only rock’n roll but I like it, ACDC réaffirme sa foi inébranlable dans cette musique :

« Cette chanson a été écrite en réponse au gouvernement néo-zélandais qui avait comparé la musique d’AC/DC à une « pollution sonore ». Il s’agit d’une des nombreuses chansons du groupe faisant directement référence à la musique rock. » (Wikipedia)

Le 2ème album le plus vendu de l’histoire

Avec ses plus de 50 millions d’exemplaires, Back in Black est le deuxième album le plus vendu de tous les temps, juste derrière Thriller de Michael Jackson (66 millions) et avant Dark side of the moon de Pink Floyd (entre 45 et 50 millions). La RIAA (Recording Industry Association of America) le classe en quatrième position, les chiffres de ces classements étant toujours difficiles à estimer avec précision.

Il est en tout cas l’album le plus vendu dans la catégorie rock. Il est devenu Platine (1 million d’exemplaires) en octobre 1980, puis 22 fois Platine en 2007, et enfin certifié officiellement 25 fois Platine en décembre 2019.

Produit par Robert « Mutt » Lange (tout comme Highway to hell), Back in Black offre un son légèrement plus dur que son prédécesseur. Le timbre de Brian Johnson passe un cran au dessus de celui de Bon Scott et fait entrer AC/DC dans un registre un peu plus heavy, qui se confirmera dans les eighties.

Les enregistrements ont lieu aux studios Compass Point de Nassau (Bahamas) et aux studios Electric Lady de New York (ceux-là mêmes conçus par Jimi Hendrix et Eddie Kramer), où l’album a également été mixé. Le climat orageux des Bahamas aurait inspiré à Brian Johnson le premier couplet de Hells Bells :

« A rolling thunder, a pouring rain / I’m coming on like an hurricane » que l’on peut traduire par « Un grondement du tonnerre, une pluie torrentielle / Je déferle tel un ouragan »

C’est avec cet album qu’AC/DC va définitivement s’imposer aux Etats-Unis, et devenir LA référence hard-rock sur tout le globe pendant les décennies suivantes.

Tournée à guichets fermés

Ce succès est une énorme surprise pour le groupe, notamment Brian Johnson qui trouvait sa voix trop aiguë et ne s’attendait pas à une telle réception du public.

« Je ne savais pas si c’était bon ou mauvais. C’était la première fois que j’allais aux Bahamas, ou près de l’Amérique, vous savez, et vous devez vous rappeler que j’étais fasciné par toute cette culture et tout ça, et je n’avais aucune idée de ce que je faisais ! [rires] J’ai eu de la chance, vraiment »

Brian Johnson

La tournée qui suit l’album parcourt tous les continents, comme par exemple ici au Japon :

Le nouveau chanteur ne trouve aucun mal à endosser le costume de son illustre prédécesseur, et la nouvelle formule d’AC/DC s’affirme déjà comme le mastodonte qui va dominer le hard-rock pendant quasiment 40 ans.

Un quarantenaire fêté comme il se doit

Et justement, 40 ans après, Back in black reste toujours l’album de référence du groupe, sa pierre angulaire, véritable jonction entre la période Bon Scott et celle qui a perduré jusqu’à aujourd’hui.

Le line-up d’AC/DC de Back in black, réuni au début des années 2010

Pour célébrer ce quarantenaire, les membres du groupe nous en racontent la genèse des titres emblématiques :

Sur le site officiel d’AC/DC, on trouve des produits dérivés dédiés à cet anniversaire :

Enfin, Consequence of Sound avec Gibson Guitars, a diffusé hier, vendredi 24 juillet, une « célébration virtuelle » de l’album : ‘Back in Black 40th Anniversary: ​​A Virtual Celebration‘. L’événement en streaming a été animé par le virtuose de la guitare Jared James Nichols. On y découvre des témoignages d’AC/DC, des tutoriels de Slash, Dee Snider et de membres de Cage the Elephant, Anthrax, Lamb of God, Refused, Airbourne, GWAR…

Les fans pouvaient participer à la préparation de l’événement en utilisant le hashtag # backinblack40, et certains contenus sont présentés sur CE LIEN

Album qui fermait un cycle et en ouvrait un autre, Back in Black se voulait à la fois un testament-hommage à Bon Scott, et une véritable résurrection qui annonçait une seconde vie au groupe, comme si le rock avait le pouvoir de conjurer la mort, revenir des enfers. 40 ans après, un disque qui garde toujours autant sa force évocatrice.

© Jean-François Convert – Juillet 2020

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2 commentaires sur “AC/DC : “Back in black” fête ses 40 ans

  1. Ouais heureusement qu’il y a Wikipedia sinon il ni aurait pas beaucoup te texte

    1. J’avoue ne pas avoir la science infuse, et il faut bien trouver les infos quelque part. C’est pourquoi je cite toujours mes sources, surtout quand je reprends un texte tel quel. J’ai tout de même essayé d’apporter mon ressenti sur l’album.
      Il est vrai que pour d’autres chroniques il m’arrive d’écrire plus

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