Prisoner et son style « cinématic garage rock »

Le nouvel album éponyme du groupe franco-allemand Prisoner est sorti début août, sur le label de Little Steven, guitariste de Bruce Springsteen. Dix-sept titres qui mélangent garage-rock et inspiration cinématographique.

© Eddie Prot

Prisoner est un groupe franco-allemand formé en 2019 et installé entre Mulhouse, Bordeaux et Munich. Le sextet a sorti son troisième album éponyme début août. Difficile de définir le style de cet OVNI musical. La première impression en écoutant la chanson d’ouverture La femme qui s’était faite toute seule tendrait plutôt vers un esprit punk. Mais assez rapidement, on est surpris par des intonations inattendues comme une voix lyrique par-ci, des cuivres par là, mais aussi des synthés et des longs passages instrumentaux, voire des morceaux entiers sans paroles (Il nous faudrait une bonne guerre, L’enfant qui est en moi parle à l’enfant qui est en toi, Le trouble fête, Le paradis perdu…).

Ce qui frappe surtout, c’est la récurrence de certains thèmes mélodiques qui se répondent entre les différents titres, conférant ainsi un fil conducteur à un album qui prend des couleurs cinématographiques. Du rock qui sonne garage, des textes qui expriment une révolte latente, le tout mixé avec la sensation d’écouter la bande son d’un film. Un melting-pot des genres jouissif où une voix à la Madness (Jeu de main jeu de vilain) se serait égarée dans un long-métrage de Tarantino (l’intro à la guitare façon surf-garage du même morceau), mis en musique par François de Roubaix (Le paradis perdu), Ennio Morricone (Il nous faudrait une bonne guerre) et Rita Mitsouko (Le village olympique).

Mélange des genres, des ambiances, des couleurs… Prisoner aime brouiller les pistes comme par exemple en mixant slam et lyrisme (Le retour de l’homme qui valait mieux) ou electro et intonations westerniennes (Raumpatrouille). Mais malgré le climat général qui peut sembler hétéroclite, une écoute attentive permet de noter qu’on est en présence de ce qui n’est pas loin d’être un concept-album. Plusieurs musiques se répondent en se faisant echo, des chansons sont déclinées en différentes versions (La femme qui s’était faite toute seule et Self made woman), un même morceau figure deux fois mais titré en français puis en anglais (Jeu de main, jeu de vilain et Playful Hands Harmful Ends), un autre se dédouble en se faisant miroir l’un de l’autre (Am I an AI et I’m an AI).

Autant d’éléments qui donnent une parfaite cohésion à l’ensemble et font que Prisoner dépasse largement le cadre du garage-rock. Et le groupe a séduit Little Steven, le guitariste de Springsteen, qui les a signés sur son label Wicked Cool Records. Pour célébrer la sortie de ce troisième opus, Prisoner donnera deux release parties : une le 11 septembre à Strasbourg, l’autre le lendemain à Viechtach, en Allemagne. Retrouvez toutes leurs infos sur les réseaux sociaux :

© Jean-François Convert – Septembre 2026

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