Paolo Nutini signe un album fleuve avec ‘Last Night In The Bittersweet’

Sorti le 1er juillet, le nouvel album de Paolo Nutini ‘Last Night In The Bittersweet’ mixe plusieurs styles musicaux très variés. 16 titres pour un album épique de 70 minutes qui montre l’étendue de sa palette musicale.

L’ouverture Afterneath propose une intro d’album intrigante avec ambiances sonores singulières. La voix évoquerait presque Robert Plant. Puis les titres Radio, Through The Echoes et Acid Eyes nous embarquent dans un univers pop-rock réconfortant.

Stranded Word offre un interlude planant qui rappelle un peu l’esprit du premier titre, mais en plus serein.

Séquence différente : Lose it laisse rugir la guitare sur un tempo enlevé et le disque bascule dans un univers plus rock avec une voix distordue. Petrified In Love emboite le pas sur un riff accrocheur et un refrain qui reste dans la tête.

Puis vient le premier morceau de bravoure : Everywhere commence de façon épurée en mode guitare-voix, se poursuit en long crescendo pour terminer de façon épique sur une superbe ballade soul où la voix a des intonations à la Rod Stewart.

Même tonalité et quasi même rythme qui donnent l’impression de la chanson qui se prolonge, Abigail donne dans l’ambiance valse-folk-country.

Children of the Stars redémarre sur un rythme plus soutenu au parfum folk-rock avec solo de guitare façon road-trip et chœurs emphatiques. Atmosphère rompue par Heart Filled Up et son leitmotiv mélancolique sur fond d’harmonies vocales, puis de crescendo lancinant qui finit par exploser. Shine A light poursuit sur un motif entêtant avec rythmiques bien en avant, voix aérienne et guitares rugueuses pour une nouvelle fois une montée en puissance presque inattendue.

S’ensuit un esprit post-punk avec Desperation. Le musicien navigue entre les différents styles avec une déconcertante facilité.

Si Shine A light était l’homonyme d’un titre des Stones (sur Exile on Main St.), Julianne sonne très Beatles. Mais finalement rien de surprenant pour un prénom qui pourrait faire référence à deux proches de Lennon, ayant donné deux chansons des Fab Four : sa mère Julia, et son fils Julian à l’origine de Hey Jude. Et le morceau de Paolo Nutini se situe vraiment dans ces couleurs de ballades qu’affectionnaient aussi bien John que Paul.

Après Evevrywhere, un autre morceau épique : Take Me Take Mine s’aventure sur des territoires quasi-prog avec une lente progression, une complexité harmonique, et un solo au lyrisme assumé qui tranche avec d’autres passages de l’album à la démarche plus basique.

Enfin, le disque se clôt de façon épurée en mode guitare-voix avec la ballade Writer aux accents dylaniens. Une dernière valse, sobre et pure, avec quelques chœurs sur la fin.

Cette chanson offre un final de toute beauté à cet album fleuve qui explore des styles très variés. En 16 titres et 70 minutes, Paolo Nutini explore aussi bien le classic-rock, le post-punk, la soul-pop, le country-folk-rock que le krautrock. L’artiste sera en concert à la Cigale le 3 octobre prochain, concert d’ores et déjà complet.

© Jean-François Convert – Août 2022

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