L’album de Jeff Beck & Johnny Depp vaut surtout pour le guitariste

L’album ’18’ enregistré par Jeff Beck & Johnny Depp est sorti le 15 juillet. Belles interventions du guitariste mais rien de plus.

Un duo sur scène et en studio

J’admire Jeff Beck depuis au moins 3 décennies quand je l’ai découvert dans mes années fac avec Blow by Blow, puis plus tard le reste de sa discographie. J’ai même eu la chance de le voir en concert en 2018. Quand lors du premier confinement il a sorti la reprise de Lennon, Isolation, en collaboration avec Johnny Depp, j’ai été intrigué. Je savais que Depp jouait du rock avec son groupe Hollywood Vampires, mais je n’y avais pas plus porté attention que ça. Et cette version du morceau de Lennon m’avait bien plu :

Il semble que les deux se soient rencontrés en 2016 et aient commencé à songer sérieusement à enregistrer un album ensemble en 2019. Cette sortie pendant le début de la pandémie était un teaser bien préparé. Jeff Beck et Johnny Depp ont donné plusieurs concerts cette année, dont le Festival Guitare en Scène le 14 juillet et L’Olympia le 25. Je ne pouvais être à ni l’un ni l’autre, notamment parce que j’assistais au concert de Inspector Cluzo le 13 à Mont-De-Marsan.

Mais il fallait que j’écoute cet album pour me faire une idée, indépendamment de l’avis que l’on peut avoir sur l’actualité de Johnny Depp dont les affaires judicaires défraient la chronique.

Beck au top, Depp décevant

J’ai donc écouté ce disque en faisant abstraction du ressenti tentant à l’égard de l’acteur. Mais malgré cela, et après deux écoutes, je ne parviens pas à accrocher à sa voix et encore moins à ses compositions. L’album est en effet constitué de 13 titres dont 11 reprises et 2 morceaux originaux composé par Johnny Depp : Sad Motherfuckin’ Parade et This Is A Song For Miss Hedy Lamarr. Deux chansons qui à mon goût dénotent et ne font pas le poids face aux standards des Beach Boys, du Velvet Underground ou de Marvin Gaye.

Le meilleurs moments pour moi sont sans hésitation les passages instrumentaux ! Le style inimitable de Beck fait merveille dans les reprises de Don’t Talk (Put Your Head On My Shoulder) et Caroline, No des garçons de la plage. Il faut dire que l’immense talent de mélodiste de Brian Wilson n’y est sans doute pas étranger. Le guitariste reprenait d’ailleurs déjà ces morceaux en solo avant de jouer avec Johnny Depp.

On retient également les sublimes parties de guitare sur Let It Be Me des Everly Brothers, What’s Going On de Marvin Gaye, Ooo Baby Baby des Miracles, Stars de Janis Ian, et l’ouverture de l’album Midnight Walker qui rappelle les grandes heures de The Final Peace sur There and Back :

Un toucher sublime, un phrasé solaire, un jeu qui tutoie les étoiles. Jeff Beck est toujours le très grand guitariste qu’il a été depuis les années 60. Un des derniers représentants de la six-cordes des sixties. Son association avec Johnny Depp n’est pas la meilleure idée de sa carrière, mais cet album laisse encore à entendre un immense musicien.

© Jean-François Convert – Août 2022

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1 commentaire sur “L’album de Jeff Beck & Johnny Depp vaut surtout pour le guitariste

  1. Assez d’accord avec la chronique. Belles interventions de Beck.

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