Vendredi dernier j’ai assisté à un concert de tributes d’artistes français avec notamment deux superbes interprétations des répertoires d’Edith Piaf et Renaud par Sophie Jaconelli et Jean-Daniel Fontaine.
Depuis le concert de Sophie Jaconelli en juin dernier, j’espérais vivement pouvoir l’entendre interpréter les chansons d’Edith Piaf, un des spectacles qu’elle propose parmi ses nombreuses activités. L’occasion s’est présentée ce vendredi 24 juillet où elle chantait au sein d’un podium produit par Art’prod-Scenes à Sury-le-Comtal dans la Loire, et réunissant quatre tributes de stars françaises. Quand en plus j’ai su que l’un des quatre reprenait Renaud, je ne pouvais qu’être partant !
Sommaire
Joe Dassin par Michel Monaco
Rien de tel pour mettre l’ambiance en débutant la soirée avec des tubes tels Le Petit Pain au chocolat, Dans les yeux D’Émilie, Siffler sur la colline ou L’Amérique (adaptation française de Yellow River de Christie) qui a clôt ce premier set dans la joie et la bonne humeur. Et cela n’a pas empêché d’avoir un medley de slows avec entre autres les incontournables L’été indien ou Et si tu n’existais pas.
Edith Piaf par Sophie Jaconelli
Après le romantisme teinté d’Americana, place au lyrisme d’une très grande dame de la chanson française. Malgré sa petite taille, Edith Piaf était une immense artiste, et Sophie Jaconelli as su parfaitement l’incarner, autant vocalement que visuellement. Dès le premier morceau L’Accordéoniste, on a été saisi par les attitudes et la gestuelle propres à la môme. Le second titre, un grand classique signé Piaf elle-même, La vie en rose, a bénéficié d’un arrangement à la Django Reinhardt concocté par le guitariste Christophe Roche, véritable chef d’orchestre du groupe, et qui a délivré ici un solo purement jazzy.
Entre chaque chanson, Sophie en a expliqué l’histoire et le contexte, comme cet Hymne à l’amour écrit pour Marcel Cerdan et interprété sur scène le jour même du terrible accident d’avion qui a coûté la vie au boxeur, ou La foule qui tire son origine en Amérique du Sud. Et pour inviter le public à danser, le morceau a été enchainé à l’entêtant Padam, padam.
Pour tous les titres, Sophie n’a pas manqué d’en citer les auteurs, notamment Georges Moustaki et Marguerite Monnot qui ont écrit et composé le grand succès Milord, ou Michel Vaucaire et Charles Dumont, auteur et compositeur de Mon Dieu, que Sophie a présenté comme « une chanson un peu solennelle », et « qui nous fait toujours penser à quelqu’un en particulier ».
Et avant de terminer son passage, Sophie a invité Michel Monaco à chanter avec elle À quoi ça sert l’amour, un duo qu’Edith Piaf interprétait avec son dernier mari Théo Sarapo. Suivi du très beau final Non, je ne regrette rien.
SETLIST :
- L’Accordéoniste
- La vie en rose
- Hymne à l’amour
- La foule / Padam, padam
- Milord
- Mon dieu
- À quoi ça sert l’amour ? (en duo avec Michel Monaco)
- Non, je ne regrette rien
Cette première partie de soirée a laissé place à un entracte et un feu d’artifice :

Avant de reprendre avec un style totalement différent :
Renaud par Jean-Daniel Fontaine
Ça a commencé fort avec le brûlot Hexagone, raccourci de quelques couplets et agrémenté d’un « gouvernés par Macron », enchainé au non moins acide Société tu m’auras pas. A suivi Laisse béton, là aussi un peu écourté, couplé à Marche à l’ombre, deux morceaux à la fibre country. Non seulement par les intonations vocales, mais aussi avec la tenue en jeans, les santiags, le T-shirt à l’effigie du Che, et l’inévitable bandana rouge, Jean-Daniel Fontaine s’est littéralement glissé dans la peau de Renaud et n’a pas hésité parfois à tirer sur sa clope entre les strophes.
Lui aussi a expliqué les coulisses derrière la naissance des chansons, comme par exemple les rêves de navigation de Renaud qui ont coupé court avant que ça lui inspire l’un de ses plus grands tubes Dès que le vent soufflera. Les chœurs ont été parfaitement interprétés, de même que les changements de tonalité propres à ce morceau qui se voulait également un hommage au Santiano d’Hugues Aufray. Même année, même album éponyme, Morgane de toi a été repris à l’unisson par le public.
Est venu le tant attendu Mistral gagnant, morceau élu en 1995 «chanson française de tous les temps» devant Ne me quitte pas de Jacques Brel et L’aigle noir de Barbara, et ici impeccablement accompagné par le pianiste Olivier Castan, avec qui j’avais déjà eu le plaisir de jouer à la Vache Rouge. Puis, un souci de lumière a donné l’occasion à Jean-Daniel de meubler seul en scène avec le tendre et intimiste Son bleu, issu de À la Belle de Mai, l’album préféré de Renaud. Un très beau moment.
C’est Sophie cette fois qui a été invitée pour recréer le duo du chanteur énervant ave Axelle Red Manhattan-Kaboul. Le guitariste Christophe Roche a repris sans bottleneck le fameux thème joué originellement en slide par Jean-Pierre Buccolo. Et quoi de mieux que l’hymne humaniste La Ballade irlandaise (adapté du traditionnel O’Waly, Waly / The water is wide) pour refermer ce set où transpirait vraiment la présence de Renaud.
SETLIST :
- Hexagone / Société tu m’auras pas
- Laisse béton / Marche à l’ombre
- Dès que le vent soufflera
- Morgane de toi
- Mistral gagnant
- Son bleu
- Manhattan-Kaboul (en duo avec Sophie Jaconelli)
- La Ballade irlandaise
Michel Sardou par Hervé Michel
La soirée s’est terminée sur les reprises d’un chanteur que j’avoue ne pas écouter et qui ne fait pas partie de mon univers musical. Mais je dois reconnaitre que Hervé Michel adopte plutôt fidèlement les mimiques de Sardou (notamment sa façon de tenir le micro), et même lui ressemble un peu ! En guise de final, le maire de la commune est monté sur scène interpréter La Java de Broadway, entouré des quatre artistes qui ont assuré le spectacle. Ambiance bon enfant, et un public visiblement ravi.
Sûr qu’après ce concert, je ne manquerai pas de retourner voir Jean-Daniel Fontaine, et bien évidemment Sophie avec qui je compte bien un jour jouer à l’occasion. Bravo à tous les quatre, et à Art’prod-Scenes pour la production et l’organisation de ce podium.
















© Jean-François Convert – Juillet 2026







