Il y a tout juste 50 ans sortait l’album éponyme du super-groupe Blind Faith

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Curieux destin que celui de ce groupe :

Sortant quelque peu désabusé de l’expérience Cream (1966-1968), Eric Clapton souhaite se retirer des projecteurs, et aspire à un peu de tranquillité en se recentrant sur la musique, et en laissant de côté tous les affres de la célébrité.
Le côté “Clapton is God”, il n’en peut plus.

C’est ainsi qu’il se retrouve au début de l’année 1969 à jammer avec son ami Stevie Winwood, lui aussi en vacances de son groupe Traffic. Pas de projet précis, juste la bonne humeur, et l’envie de jouer ensemble, avec pourquoi pas l’idée d’enregistrer un disque…
A l’initiative de Winwood, Ginger Baker (batteur de Cream) se joint au duo, et le trio ainsi constitué va étoffer les jams, avant de s’adjoindre le renfort de Ric Grech (ex-Family).
Le quatuor devient alors ce que Clapton ne voulait surtout pas : un « supergroupe », que les foules vont venir acclamer en concert, mais à la condition d’y entendre des titres de Cream et Traffic…
Bien que cédant à cette pression pour apaiser les attentes du public, Blind Faith ne durera que le temps d’une courte tournée, et d’un unique album. C’est durant cette tournée que Clapton se lie d’amitié avec le duo Delaney & Bonnie, qui assure la première partie. Il se fondera dans l’anonymat, au sein de leur groupe à la fin de l’année 1969, et il en sortira un album live : Delaney & Bonnie & Friends : On Tour with Eric Clapton. Une parenthèse dans la carrière du guitariste, avant son prochain projet, sans aucun doute le meilleur album de sa discographie : Derek & The Dominos – Layla and other assorted love songs, qui sortira en 1970.

Il n’en reste pas moins que l’album de Blind Faith est aussi un must, et contient d’excellents moments :

  • Les guitares croisées de Clapton et Winwood sur le riff de Had a cry Today

qui a d’ailleurs été reprise de nombreuses fois par Eric Clapton en tournée, notamment sur son live de 1975 EC was here, avec Yvonne Elliman au chœurs : 

Un titre qui restera dans le répertoire de “Dieu” de nombreuses années, aussi bien avec les Dominos, qu’en solo (Yvonne Elliman au chant).

Les 3 autres titres sont moins marquants, mais ne déméritent pas pour autant :

  • Sea of joy offre un beau solo de violon par Ric Grech
  • Do What You Like permet surtout à Baker d’exhiber ses talents de batteur, comme il le faisait sur Toad avec Cream, mais les 3 autres ont quand même leur mot à dire, et prennent chacun à leur tour le solo, pour ce qui se révèle être plus une jam qu’une véritable chanson.

Ce sont d’ailleurs des jams qui avaient donné naissance au projet, et on peut les écouter sur l’Edition deluxe, sortie en 2001 :

1.Jam No.1: Very Long & Good Jam14:01
2.Jam No.2: Slow Jam #115:06
3.Jam No.3: Change Of Address Jam12:06
4.Jam No.4: Slow Jam #216:06

Acoustic jam : Part1 & Part 2

Cette édition offre aussi d’autres bonus, dont une version électrique de Can’t find my way home, un instrumental nommé Time winds, et deux déclinaisons du blues Sleeping in the ground : rapide et lent.
Toutes ces chutes de studio témoignent d’un plaisir évident à jouer ensemble, et donnent un aperçu de ce qu’aurait pu être Blind Faith sur la durée.

Mais durée il n’y pas eu, et c’est aussi un peu ce qui confère au groupe un statut “culte”.
Pendant sa courte existence (moins d’un an), le quatuor a quand même eu l’occasion d’être filmé lors de son concert à Hyde Park le 7 juin 1969.
Blind Faith y interprète les 6 titres de leur album, avec un Do what you like étonnamment raccourci
Ils y ajoutent un titre de Traffic Means to an End, et une reprise des Stones, Under my thumb….quasiment 1 mois avant le concert légendaire donné par les pierres qui roulent.

A noter pour les guitar-freaks, Clapton joue sur une Telecaster avec un manche de Stratocaster ! pas courant…..(J.J. Cale faisait l’inverse : un manche de Tele sur une Strat)

Au final, un groupe plus qu’éphémère qui reste quand même dans les annales du rock, et une étape importante dans les carrières respectives de Clapton et Winwood, qui se sont d’ailleurs retrouvés à plusieurs reprises, et notamment lors des éditions du festival Crossroads : 2007 et 2010.

Un disque incontournable et qu’il faut avoir écouté, ne serait-ce qu’une fois !

Enfin, à noter que la pochette originale avec la jeune femme nue (qui était la petite amie de Ginger Baker) avait été censurée et remplacée par celle-ci :

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