Il y a 35 ans, ZZ top partait à la conquête des charts avec “Afterburner”

Le 28 octobre 1985 sortait cet album qui allait marquer l’apogée du succès de ZZ Top.

ZZ Top au top !

C’est sans doute l’album le plus connu du groupe. En tout cas c’est par celui-là que je les ai découvert. Un énorme succès commercial mais sans trahir leur style. Musicalement on reste dans la lignée du précédent, Eliminator, qui avait amorcé le virage des eighties : production léchée, son moderne, et second degré. Le trio du Texas s’affiche dans des clips où ils ne se prennent pas au sérieux. Jolies filles et grosses cylindrées illustrent le son massif de ZZ Top.

Un son taillé pour la FM

Côté sonorité justement, la production est encore plus « propre » que sur Eliminator. Le son de l’album, au centre de la trilogie qui va se clore sur Recyler, est clairement taillé pour passer à la radio. La mouvance « Rock FM » est à son apogée en ce milieu des années 80. Mais loin d’être péjoratif, ce terme regroupe une gamme très large de groupes, et ZZ Top est indubitablement dans le haut du panier. Les barbus ne renient pas leur style, mais s’adaptent aux eighties : formats courts, clips vidéo à foison, quelques synthés discrets, et une batterie tellement métronomique qu’on croirait parfois entendre une boite à rythmes.

Une image dans l’air du temps

C’est la force de ZZ Top : plutôt que de se cantonner dans leur boogie-blues-rock des années 70, ils ont su se réinventer en soignant leur image, et coller parfaitement à l’époque des années 80. Un look à mi-chemin entre BD et dessin animé avec les fameuses barbes ( Billy Gibbons a raconté qu’elles avaient mis 7 ans à atteindre cette taille !), lunettes noires et costumes colorés, et des guitares avec des formes et coloris tous plus improbables les uns que les autres. Même la Ford Coupé Custom passe au cran supérieur sur la pochette en s’envolant dans l’espace !

L’album enchaîne les tubes et pousse parfois un peu dans le heavy avec la voix puissante du bassiste Dusty Hill sur Can’t stop rocking ou Delirious. On peut noter que la suite d’accords de Dipping Low (In the Lap of Luxury) ressemble comme deux gouttes d’eau à celle de Gimme all your lovin.

Parmi les nombreux hits du disque, Planet of women affiche avec humour l’attrait du groupe pour la gente féminine, dans la lignée de Legs ou Bad girl. Mon ami Denys Legros les a imaginés coincés dans leur bagnole, peut être effrayés :

Planet of women vu par © Denys Legros

Un style de guitare unique

Mais cette image tout en en autodérision n’empêche pas au trio texan d’aligner riffs imparables et solos nerveux. Mais plutôt que la logorrhée guitaristique propre à certains héros de la six-cordes, Billy Gibbons préfère les phrases courtes et incisives. Droit au but, pas de détours en longs solos. Il reste dans un style rapide et efficace. Tranchant, avec beaucoup harmoniques, grâce à son jeu au peso à la place d’un mediator !

Un son instantanément reconnaissable. Et même au milieu des quelques nappes de synthé, la guitare de Billy émerge de façon lumineuse et étincelante. LE tube de l’album Rough boy contient l’un de ses plus beau solos, mélange de roots et de mélodie. La marque d’un grand guitariste.

Avec ce disque, ZZ Top allait exploser les charts. Son album le plus vendu avec Eliminator, et leur dernier très gros succès, pilier central de la trilogie qui se termine 5 ans plus tard avec Recycler. Mais au delà de ses ventes, Afterburner reste un excellent album qui n’a rien perdu de sa force et son efficacité, même 35 ans après.

© Jean-François Convert – Octobre 2020

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