Stian Carstensen, le Mike Oldfield norvégien ?

Multi-instrumentiste mêlant les genres musicaux, Stian Carstensen a sorti deux disques en décembre. Sa démarche n’est pas sans rappeler Mike Oldfield.

Stian Carstensen avec le groupe Gammalgrass lors du Oslo Jazz festival le 20/08/2016 © Tore Sætre / Wikimedia Commons

Stian Carstensen est un musicien multi-instrumentiste norvégien qui a joué dans diverses formations et de nombreux instruments : accordéon, banjo, guitare, pedal-steel, basse, claviers…. et s’est autant frotté au jazz, au rock qu’au classique et musiques traditionnelles. Ce mélange des styles musicaux rappelle par moment la démarche d’un Mike Oldfield, notamment dans ses deux derniers disques, sortis en décembre.

Music for a while – ‘Essays’

Au sein de l’ensemble Music for a while, Stian Carstensen fait un peu office de chef d’orchestre tout en assurant accordéon pedal-steel et banjo, tandis que Tora Augestad tient la voix principale… un peu comme Maggie Reilly. Et tout comme Mike Oldfield aimait adapter des pièces classiques (comme on en entend plusieurs dans la compilation The complete), Music for a while en a fait sa spécialité.

Avec ce nouvel album Essays, sorti le 3 décembre 2021 (Grappa Records), l’ensemble Music for a while poursuit son voyage d’interprétation des pièces maîtresses de la chanson classique. Avec les albums Graces that refrain (2012) et Canticles of Winter (2014), Essays complète une trilogie dédiée aux interprétations de la musique classique. Essays est le 4e album studio du groupe, avec des chansons écrites sur trois siècles, entre 1614 et 1911, des maîtres baroques de Monteverdi, Rameau et Charpentier, à l’ère romantique de Schumann, Brahms, Grieg et Fauré. Les chansons de l’album sont chantées en français, italien, allemand et norvégien, ainsi qu’en anglais dans deux chansons d’Elgar et Engel. Le ténor norvégien Magnus Rommetveit Staveland est l’invité sur le duo d’amour Pur ti miro de Monteverdi. Sur le plan thématique, toutes les chansons de cet album tournent autour des thèmes omniprésents de l’amour et du désir.

Tora Augestad: voix
Stian Carstensen: accordéon, guitare pedal-steel, banjo
Trygve Brøske: piano, orgue
Mathias Eick: trompette
Martin Taxt: tuba
Pål Hausken: batterie, percussions
Magnus Staveland: voix (sur Pur ti miro)

Music for a while a débuté en tant qu’ensemble en 2004. Interprétant à l’origine des chansons de Kurt Weill sur des textes de Bertolt Brecht, il s’est rapidement transformé en un groupe vagabondant entre les genres, puisant dans l’héritage culturel européen de la musique classique occidentale. Ce groupe de musiciens est issu du jazz, du rock, du bluegrass, de la musique pop, de la musique classique, contemporaine et expérimentale. Music for a while est un collectif qui aime redécouvrir et revisiter des chansons ayant appartenu aux générations précédentes. Cet album pousse encore plus loin les variations classiques, en ajoutant à l’équation une variété d’instruments, tels que le banjo, la guitare pedal steel, l’orgue à pompe et le piano à queue…

Stian Carstensen – ‘Musical Sanatorium’

Cliquez sur la pochette pour lancer la playlist de l’album

Avec Musical Sanatorium, sorti le 10 décembre 2021 (Grappa Records), Stian Carstensen propose un album conceptuel qui explore le monde des rythmes étranges de la musique des Balkans avec le langage tonal de la musique classique européenne à travers des compositions originales.

Là encore, on peut entendre des influences et surtout une démarche qui rappelle Mike Oldfield. Oh bien sûr, pas celui de Moonlight shadow ou To France, mais plutôt celui des seventies et ses longues pièces instrumentales à la Tubular bells. D’ailleurs, Stian Carstensen joue des cloches tubulaires, parmi une multitude d’autres instruments aussi variés les uns que les autres :

Stian Carstensen: Guitare électrique, guitare acoustique 12-cordes, guitare électrique 12-cordes, guitare bariton, pedal steel, sitar électrique, basse, ocarinas, accordéon, cornemuse, glockenspiel, kavals, banjo, cloches tubulaires, synthétiseurs, orgue, piano électrique
Jacob Collier: voix (sur Thalamus Canticum)
Finn Guttormsen: basse, percussions
Embrik Snerte: Basson, contraforte
Audun Sandvik: violoncelle
Bjarne Magnus Jensen, Ola Kvernberg et Atle Sponberg: cordes
Pål Hausken: percussions
Gabriel Carstensen Øien: timbales, caisse claire
Giani Lincan: cymbalum
Todd Terje: synthétiseurs
Torbjørn Dyrud: voix, orgue hammond, clavecin
Marinette Tonning-Olsen: cor d’harmonie
Jarle Vespestad: batterie, percussions
Sidsel Walstad: harpe

Un parcours éclectique

Accordéoniste de cinquième génération originaire du village constitutionnel d’Eidsvoll en Norvège, Stian y a appris à jouer auprès de violonistes et d’accordéonistes plus âgés dès son enfance. Au cours des 25 dernières années, Stian a voyagé dans de nombreux pays à la recherche de stimuli musicaux, notamment dans les Balkans.

S’inspirant des collines sauvages des Carpates, des forêts sombres et sans fin de l’Hyperborée, des plaines en ruines de la Thrace et du plateau accidenté de l’Anatolie, le musicien et compositeur Stian Carstensen a créé un album remarquable qui reflète véritablement ses talents uniques et sa polyvalence.

Il est activement impliqué dans une variété de genres musicaux et joue un nombre croissant de concerts en solo, de musique classique et jazz, et de musique folklorique dans des festivals partout dans le monde. Il a reçu de nombreux prix de l’industrie musicale et a collaboré avec plusieurs artistes de premier plan sur de nombreux projets. Il a récemment été nommé pour le prestigieux Nordic Council Music Prize 2021. Musicalement, il est reconnu pour son travail novateur mêlant différents styles et traditions.

Son côté multi-instrumentiste, sa façon de mixer les genres musicaux, de s’approprier les musiques traditionnelles pour les rendre modernes, donnent à Stian Carstensen des ressemblances avec l’approche musicale de Mike Oldfield. Un artiste à suivre de très près :

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