Le batteur de Dire Straits durant la période 1977-1982 du groupe est né le 4 avril 1948.
Sur les quatre albums de Dire Straits entre 1978 et 1982, mais surtout sur les deux premiers, le jeu de batterie de Pick Withers a apporté une touche unique au son du groupe, complétant parfaitement les sonorités fluides et cristallines de la guitare de Mark Knopfler. Un toucher jazzy et subtil qui s’est accordé on ne peut mieux avec la couleur laidback des compositions du songwriter-guitariste.
Les deux musiciens s’étaient déjà croisés lors des sessions avec le groupe Brewers Droop en 1973. Et c’est Mark Knopfler qui a eu l’idée de le contacter en 1977 pour former le quatuor qui allait déferler en pleine vague punk avec des chansons ciselées, des mélodies limpides et des guitares à mi-chemin entre JJ Cale et Hank Marvin, notamment avec le single Sultans of swing.
Son rythme lancinant toutes en percussion sur Water of love, son groove funky-reggae sur In the Gallery, son intro telle une vague provoquant le roulis sur Once upon a time n the west, sa frappe métronomique à la fin de News qui inspirera à Mark le final de Private Investigations, ses doubles croches au charley sur le break de Tunnel of love ou les couplets de Skateaway… autant de petits détails qui attestent de sa marque de fabrique, et sans lesquels la musique de Dire Straits n’aurait pas été la même. On peut aussi l’entendre sur l’album Slow train coming de Bob Dylan, auquel il participe avec Mark Knopfler en 1979.
D’un naturel plutôt discret, Pick Withers pouvait parfois se montrer enjoué et farceur comme on peut le voir par exemple lors du concert à Werchter en 1981 où il fait le pitre au début de Expresso Love :
Il a quitté l’aventure en 1982, à la fin des sessions de Love over gold, quatrième album du groupe. Une des raisons invoquées était les trop longues tournées qui le tenaient éloigné de sa famille. D’autres sources évoquent également des divergences quant à la direction musicale prise par Dire Straits au début des années 80, entre autres la trop grande prédominance des claviers à son goût (livre Dire Straits de Michael Oldfield paru en 1984 chez Albin Michel).
Il sera remplacé par Terry Williams pour la tournée à suivre l’album. Mais pendant quelques semaines, Dire Straits s’est retrouvé sans batteur et c’est sans doute à cette courte période qu’a été tournée le clip de Private Investigations où on voit une cymbale charley posée dans un coin :
Par la suite, Pick Withers est resté de longues années silencieux et totalement hors de la sphère médiatique. Récemment, il a néanmoins participé à plusieurs interviews, parlant de son expérience dans Dire Straits, mais pas uniquement. Il a également posté des tutoriels sur son jeu, notamment dans Sultans of swing.
Un grand batteur, fin et subtil, qui ne cherche pas à épater la galerie, mais au contraire à instaurer un climat et qui restera a jamais associé au son de la première mouture de Dire Straits. Happy Birthday Pick !
© Jean-François Convert – Avril 2025
Merci encore pour ces postes. Son départ avait mis le groupe sur une orbite plus rock, qui allait précipité sa fin. Les multitudes de projets/expérimentations de MK avaient eu raison de sa passion pour la musique. Dommage.