Mô’ti Tëi sort son premier album

‘Well Dressed Exile : Second Humming’ est annoncé pour le 18 juin. Un premier album au style affirmé.

Le folk-rock peut prendre plusieurs couleurs : mélodique et aérien, entrainant et rythmé, doux et harmonique… celui de Mô’ti Tëi (« maudite teigne ») serait plutôt puissant et incantatoire. Chaque morceau est souvent bâti sur un leitmotiv lancinant et entêtant. Dès le titre d’ouverture Leopard’s Roam, on a le sentiment de rentrer dans un état de transe, qui culmine sur l’avant-dernière chanson A Brand New Start (« un nouveau départ »), avec ce son qui ressemble à une vielle à roue (il s’agit en fait d’un harmonium). Pas étonnant quand on sait que notre homme est breton, et qu’il marie à merveille l’esprit des musiques celtes avec le blues. Un cocktail qui fait penser à Muddy Gurdy et son récent album Homecoming.

Les ritournelles tournent la plupart du temps autour d’un seul accord, avec cette façon de scander le chant qui évoque des parfois des ambiances amérindiennes (les chœurs sur Distant Madness par exemple). Plusieurs instruments à cordes se côtoient pour tisser un tapis sonore à la fois massif et plein d’espaces. Des guitares bien sûr (acoustiques et électriques), mais aussi du banjo par exemple dans Gently Kissing, ou cet harmonium dans A Brand New Start.

C’est surtout la voix qui marque les esprits. Ou plutôt LES voix, car à l’instar des instruments, l’organe vocal est aussi utilisé au pluriel, et à travers une large palette sonore. Des harmonies, du percussif, du parlé-chanté dans l’esprit pur blues, et un phrasé qui par moment nous emmènerait presque vers le shamanisme. Une ambiance rompue sur le dernier titre de l’album, et paru en single, Travel Through Ecuador (« Voyage à travers l’Équateur »). Un morceau solaire, qui invite naturellement au voyage, par ses paroles et son atmosphère lumineuse. Une atmosphère finale qui tranche avec le reste du disque, parfois limite oppressant. Comme une délivrance en guise de conclusion.

Un album qui invite au voyage autant intérieur qu’extérieur.

© Jean-François Convert – Juin 2021

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