Le trio The Animeros sort son premier album

Paru le 28 août dernier, ‘!Que Barbaro!’ est le premier opus du groupe américano-mexicano-colombien The Animeros, produit par Dan Auerbach des Black Keys.

Fondé à Austin en 2024, le trio The Animeros revendique un riche héritage culturel et musical qui se situe à mi-chemin entre les musiques traditionnelles latines (salsa, cumbia, bolero) et des influences de surf-rock et soul psychédélique des sixties et seventies. Leur localisation au Texas inciterait facilement à qualifier leur style de Tex-Mex, mais à l’écoute de ce premier album !Que Barbaro! sorti le 28 aout, c’est plutôt le terme de rock latino qui vient instantanément à l’esprit.

L’influence évidente de Santana se ressent particulièrement dans les titres Gozalo qui ouvre le disque, Que Barbaro qui donne son nom à l’album, Mamba Mambo ou encore La Camita, dernier single-clip en date paru au début de l’été. La rythmique et les refrains scandés à l’esprit festif évoquent indubitablement la musique du célèbre guitariste moustachu, mais el son de la six-cordes est ici différent, avec plus d’effets et moins de saturation. Le trio est rejoint par un percussionniste et un claviériste (et aussi parfois de cuivres) afin d’obtenir plus d’ampleur sonore.

Mais ce mariage typique de rock et de couleur mariachi n’est pas l’unique climat proposé par The Animeros. L’album explore aussi d’autres influences avec des intonations arabo-andalouses (Terlingua, Cumbia de Magdalena) ou d’Amérique du Sud qui m’ont rappelé mon voyage au Pérou et en Bolivie à l’été 1997. Certains morceaux lorgnent vers des mélodies andino-colombiennes (Danza de Los Saguaros , El Caminante) tandis que d’autres empruntent à la samba (Descarga Royal) ou à l’esprit de Besame Mucho mâtiné de tango (Uvas Negras). Et pour pimenter le tout, un soupçon de psyché rock planant (Ponchote de Ritmo) et d’ambiance surf-music pour refermer l’album sur une atmosphère très cinématographique (Al Final del Camino).

L’album !Que Barbaro! est distribué par Easy Eye Sound, le label de Dan Auerbach, leader des Black Keys. Le guitariste des Animeros Mauro Lopez confie : « La première fois que nous avons rencontré Dan, nous avons été éblouis par sa connaissance et son amour des musiques latines. Dès le départ, nous savions que nous étions entre de bonnes mains ».

Le terme Animeros est issu du nom des shamans colombiens chargés d’apaiser les âmes perdues. Mais la musique du groupe s’adresse bien au monde entier, dans une démarche cosmopolite où le rock se pare des atours latino en réunissant la fièvre d’Amérique du Sud et la poussière texane.

© Jean-François Convert – Septembre 2026

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