Le guitariste Kamil Rustam invite la crème des musiciens soul-funk

Listen Up!‘, le deuxième album de Kamil Rustam est sorti mi-avril. Le guitariste a invité un brillant casting de musiciens haut de gamme pour produire un excellent disque.

Kamil Rustam est un guitariste et arrangeur français de renommée internationale comme en témoignent ses interviews par les Youtubeurs Florent Garcia, Nico Chona ou Pierre Journel. Très demandé dans les séances d’enregistrements, il a accompagné bon nombre de stars des deux côtés de l’Atlantique comme Stevie Wonder, Yaël Naïm, Serge Gainsbourg, Angélique Kidjo, Michel Berger, France Gall, Michel Jonasz… Après un premier album solo Cosmopolitain en 2017, il vient de sortir son deuxième opus Listen Up! en avril dernier (chez Can U Feel It Records).

Il y invite un casting prestigieux : On y retrouve des musiciens ayant façonné le son de légendes telles que Stevie Wonder, D’Angelo, John Mayer ou Joe Bonamassa. Il s’agit de noms pas forcément très connus du grand public, mais pourtant des pointures qu’on a tous un jour ou l’autre déjà entendu : Eddie Brown, Billy Valentine, Amy Keys, Arnold McCuller, Patrice Rushen, Pino Palladino.

L’ambiance musicale oscille entre soul-funk et jazz-lounge. De l’ouverture lumineuse I Wanna Dance au final crépusculaire Relentless Passing of Time, on navigue de l’énergie de Summer Highways aux harmonies vocales langoureuses dans Let’s stay together, en passant par le presque rock We are family.

Kamil Rustam alterne des sons bluesy (I wanna dance, Let’s stay together, Peaceful Place) ou typique jazzy (Summer Highways, Warped Memories), et colore ses sonorités avec différents effets comme le flanger (We are family), le phaser (les deux solos sur Custom Made), ou la wah (la rythmique de Custom Made). Son jeu s’exprime par un phrasé fluide, élégant, jamais trop bavard, juste ce qu’il faut, et toujours de grande classe. Sur Warped Memories, il brode autour d’un leitmotiv obsédant qui se décline et se développe un peu à la manière d’une fugue :

L’ensemble de l’album est plutôt dansant avec des rythmiques qui surfent sur un groove funky-Rn’B, mais il y a tout de même un passage plus lent avec la super ballade soul Peaceful Place. Et les huit titres se referment sur le planant Relentless Passing of Time aux intonations qui pencherait presque vers du progressif.

Kamil Rustam nous dévoile tout son talent, mais sans jamais l’étaler. On entend qu’il sait et peut manifestement jouer tous les styles, mais il ne l’affiche pas ostensiblement, il le distille de façon naturelle en toute simplicité. Un très bel album à écouter et réécouter pour le savourer pleinement.

© Jean-François Convert – Juin 2026

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