Gauvain Sers hier soir à Lyon : émotion et bonne humeur

Gauvain Sers était hier soir en concert à Caluire, dans l’agglomération lyonnaise. Une nouvelle tournée qui vient juste de débuter. Attention spoilers !

Première partie : Frédéric Bobin

En ouverture de la soirée, le lyonnais Frédéric Bobin a donné le ton : des chansons folk aux textes inspirés, dans la même veine que Gauvain Sers. Des portraits, comme Tatiana venue d’Ukraine et se retrouvant à Paris “sur le périph”, des souvenirs comme celui de la maison de son grand-père, de sa ville natale du Creusot, la vieille ouvrière, ou encore du début des années 2000 dans ce siècle avait 2 ans, mais aussi des constats amers comme la délocalisation d’une usine à Singapour

Et puis ce morceau qui commence désabusé, mais finit plein d’espoir : Tant qu’il y aura des hommes. La version studio est chantée en duo avec Kent, bien connu du public lyonnais, et qui bien que ne pouvant pas être présent, avait tenu à faire dire par le chanteur : “je vous embrasse”

La setlist

  1. Super 8
  2. La vieille ouvrière
  3. Tant qu’il y aura des hommes
  4. La maison de mon grand-père
  5. Singapour
  6. Tatiana sur le périph’ 
  7. Ce siècle avait 2 ans

Seul en scène avec sa guitare, Frédéric Bobin occupe pleinement l’espace sonore. Son instrument assure à la fois les arpèges, la mélodie et même un côté percussif qui donne l’impression d’avoir une section rythmique. Que ce soit sur acoustique ou électrique, l’accompagnement offre une grande dynamique et diverses couleurs musicales. Le public ne s’y est pas trompé et a grandement apprécié la prestation du lyonnais d’adoption.

Gauvain Sers : un nouveau spectacle

C’est ensuite en authentique creusois d’origine, et multi-régionnal d’adoption, qui a mis la salle du Radiant “dans sa poche” . Pour l’avoir vu à 4 reprises (première partie de Renaud, première tournée solo, première tournée en groupe, et enfin hier soir), le moins que l’on puisse dire est que Gauvain renouvelle son spectacle : setlist, arrangements, décor, projections, lumières…. j’ai connu les chansons sous un jour nouveau à chaque tournée.

Et cette tournée qui vient de débuter, pour se prolonger toute l’année 2020, tient ses promesses. A part le batteur, ce sont les mêmes musiciens que l’année dernière, mais les arrangements ont fait peau neuve. Le virage rock entrepris en 2018 s’accentue sur quelques titres où Gauvain prend même une guitare électrique ! Notamment sur Hénin-Beaumont, illustré par les murs de briques du nord

Des projections animées

Les écrans derrière la scène apportent un vrai plus : que ce soit pour l’introduction du show où on cherche quelle silhouette est le vrai Gauvain, les images du clip Dans mes poches, les bibliothèques de la langue de Prévert, les images d’enfance (réelles) du chanteur pour Dans la bagnole de mon père, ou les visages des dessinateurs de Charlie Hebdo sur Entre république et Nation.

Un public enthousiaste

Le groupe donne plaisir à voir et offre une bonne humeur communicative, entre blagues clin d’œils et entrain énergique, auquel le public emboîte le pas, bien volontiers.

Le batteur est qualifié de viking, le bassiste, un gône, joue ce soir dans sa ville natale. Quant à Martial Bort, surnommé “Marty”, il joue toujours aussi bien de la guitare, des guitares devrait-on dire : acoustique, électrique, slide, 12 cordes, rien ne lui résiste ! Enfin Léo aux claviers (dont tout le monde aura bien retenu que son père était dans la salle) passe de l’orgue pur son Hammond B3 au piano typé Fender Rhodes avec une déconcertante facilité.

Des moments forts… et drôles

Mais Gauvain nous rappelle qu’avant de les jouer en groupe, il a écrit et composé ses chansons “dans son salon”, et il tient à nous en jouer deux dans cette même configuration. L’occasion de découvrir le jeune creusois sans casquette !

Et Mon fils est parti au Djihad prend alors une autre dimension, toute dépouillée, nue, épurée… la voix d’une mère seule face à la douleur et l’incompréhension…. sans rien autour pour enrober. Juste les mots qui tentent de décrire l’indescriptible. Un moment très fort du concert.

Le deuxième morceau en solo est un inédit, que le chanteur demande au public “de ne pas filmer”, et qu’on entendra peut-être sur le troisième album….

On retient également d’autres très beaux moments, notamment L’épaule d’un copain, jouée en duo par Gauvain et Martial, comme à leurs débuts, ou le public applaudissant chaque fin de couplet d’Excuse-moi mon amour, ode féministe on ne peut plus actuelle, ou bien encore les paroles de Pourvu remaniées pour railler Jean-Michel Blanquer et Christine Angot. Rires nourris dans l’assistance.

Car Gauvain n’est pas avare en plaisanteries. C’est aussi ce qui fait sa proximité avec le public. De l’histoire du grand-père au quizz sur la Creuse, en passant par les taquineries sur les stéphanois, chaque intermède entre les chansons est l’occasion de surprises sympathiques… et il y a même un certain Gérard en invité surprise…

Un final émouvant

Mais le plus beau moment de la soirée reste incontestablement le final avec Les oubliés, repris en chœur par le public. L’émotion est palpable dans les rangs de l’audience, et la musique est tout simplement belle, avec un superbe solo à la slide de Martial. Un final de toute beauté

A l’issue du concert, les spectateurs n’ont pas hésité à faire une longue queue pour un autographe, ou une photo. Un souvenir, pour ne pas “oublier” cette soirée.

La setlist

  1. Ton jean bleu
  2. La langue de Prévert
  3. Hénin-Beaumont
  4. Dans la bagnole de mon père
  5. Dans mes poches
  6. L’épaule d’un copain
  7. Excuse-moi mon amour
  8. L’étudiante
  9. Mon fils est parti au Djihad
  10. Inédit
  11. Pourvu
  12. Au pays des Lumières
  13. Y’a plus de saisons
  14. Entre République et Nation
  15. Changement de programme
  16. Y’a pas de retraite pour les artistes
  17. Les escrocs
  18. Les oubliés
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