‘The Suitcase’ un petit bijou signé Marc Large

Le dessinateur Marc Large a publié fin août, ‘The Suitcase’, un court métrage d’animation qui « rend hommage au cinéma et au rock blues », truffé de clins d’œil jubilatoires.

Marc Large est un auteur, dessinateur de presse, réalisateur dans l’audiovisuel, illustrateur, tatoueur, organisateur de festivals, chroniqueur… Je vous en avais déjà parlé à l’occasion de son projet de court métrage Le retour de la suite, un film avec les personnages des chansons de Renaud qui s’était finalement décliné sous forme de livre.

Le 29 août dernier, il a publié un dessin animé intitulé The Suitcase où selon les mots de l’auteur « un homme solitaire et taciturne, vieux cow-boy au volant de sa Cadillac rouillée, traverse le désert de Monument Valley pour rejoindre Kayenta, une ville navajo. Il doit remettre une mystérieuse valise à deux hommes dans un saloon. L’accueil des habitants est glacial, à l’exception de celui d’une prostituée et d’un joueur de blues. Le serveur lui demande alors un mot de passe. S’ensuit la longue histoire de cette valise, passée entre les mains de Forrest Gump, d’Indiana Jones ou encore d’Hannibal Lecter ». Le court-métrage de six minutes est prétexte à de nombreux clins d’œil savoureux :

D’emblée, ça commence par des références à la pop culture : la mythique route 66, le non moins mythique paysage de Monument Valley, et la vitesse limitée à 88 Miles, celle qu’il faut atteindre avec la DeLorean pour voyager dans le temps. Quant à la plaque d’immatriculation A113, il s’agit bien évidemment du numéro récurrent dans les films de Pixar. Et pour agrémenter le tout, l’illustration sonore est un riff qui évoque instantanément La Grange de ZZ Top.

En parlant de la DeLorean, on la croise peu de temps après, garée aux côtés de la Ford Torino de Starsky & Hutch. A l’entrée dans le saloon, on note plusieurs pochettes d’albums dont The dark side of the moon de Pink Floyd, London Calling de The Clash et Breakfast in America de Supertramp, ainsi que la langue des Stones ou encore le perfecto et le bandana de Renaud. L’ambiance est trés Leonienne, avec ses gueules patibulaires, ses dialogues au compte-goutte, et la musique qui cette fois se fait bluesy. Le décor offre la présence d’Iggy Pop en compagnie d’un iguane (forcément !) devant un portrait d’Amy Winehouse ou un autre du duo des amis The Inspector Cluzo. On remarque entre autres l’as de piques sur un chapeau qui pourrait bien renvoyer au tube de Motorhead Ace of Spades. D’ailleurs Lemy (avec un seul M !) est lui aussi affiché derrière le bar où le serveur a des airs de Sean Connery.

S’ensuit un flashback qui introduit Forrest Gump, puis le même Tom Hanks dans Seul au monde, qui fait le lien avec la scène finale de Seven et le tueur implacable de No country for old men, avant de plonger dans le regard lugubre d’Hannibal Lecter. On rencontre aussi les deux porte-flingues de Pulp Fiction (normal pour la référence à la malette) et Indiana Jones.

Retour dans le présent : Elvis d’un côté et le casque de Peter Fonda dans Easy Rider de l’autre s’affichent sur les mur de l’arrière-boutique où siègent face à face Pacino et De Niro comme dans Heat. Les pinailleurs remarqueront que sur le plan à deux, le grain de beauté de De Niro n’est pas du bon côté.

Pour finir, le générique de fin nous liste toutes les références dans l’ordre d’apparition. J’avoue avoir loupé le bus 142 de Into the wild, le décor de Breaking bad, le chien de Columbo et Better call Saul que j’avais bien vu mais que je ne connaissais pas comme série. Quant à Johnny cash qui est cité, j’ai beau regarder à nouveau, je ne vois pas où il apparait.

En revanche, le personnage principal m’a immédiatement fait penser à mon ami Denys Legros. C’est obligatoirement involontaire de la part de Marc Large car je ne pense pas que les deux dessinateurs se connaissaient. Mais je suis sûr que Denys aurait beaucoup apprécié et se serait reconnu dans ce loup solitaire et peu loquace. Merci Marc pour cet excellent moment empli de nostalgie et de régression jouissive où des vieux souvenirs musico-cinématico-télévisuels se sont mêlés à des plus récents liés à une grande et forte amitié. Bravo Marc et pensées à toi mon ami Denys.

© Jean-François Convert – Octobre 2026

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