‘Violins’, l’album de la maturité pour Blondshell

Sabrina Mae Teitelbaum alias Blondshell a sorti son troisième album ‘Violins‘ le 25 septembre dernier.

Blondshell, de son vrai nom Sabrina Mae Teitelbaum, est un artiste basée à Los Angeles. Elle s’est imposée comme une nouvelle voix incontournable de la scène rock alternative avec Blondshell en 2023 et If You Asked for a Picture en 2025. Son troisième album Violins paru le 25 septembre (Partisan Records) explore des horizons plus profonds. L’autrice y délaisse les relations amoureuses toxiques pour aborder les thèmes de la violence du monde et sa beauté, les amitiés tourmentées, la religion, le corps et le long et ingrat travail de guérison.

© Reese Layton

Sur le plan musical, les guitares saturées rivalisent avec la voix mélodieuse de la chanteuse aux intonations se situant quelque part entre Alanis Morissette et les Cranberries. Si l’ouverture du morceau-titre nous plonge d’emblée dans un rock puissant et énergique, prolongé par le deuxième morceau Heart Has To Work So Hard, et plus tard les chansons Stone Fruit, Two Fried, ou le refrain pop accrocheur de New Age Trojan Horse.

L’album est imprégné d’une tension constante entre le corps et l’esprit et cela ressort particulièrement dans le titre Stone Fruit. Sabrina Teitelbaum explique « Ma façon d’envisager les choses passe souvent par le corps », en faisant référence aux paroles : « I care to stick to you like a clot. » Elle ajoute : « Tout ce concept, la frontière entre ma vie physique et ma vie émotionnelle, est une question à laquelle je réfléchis beaucoup en général. Du coup, dans les chansons, il n’y a pas de séparation. »

L’atmosphère générale s’adoucit grâce aux ballades Lucky, Sea Legs, New Shape, Knotted, Reinstall, même si cette dernière gagne en intensité sur sa deuxième partie après un démarrage calme. C’est d’ailleurs souvent un schéma renouvelé au travers des 11 titres : l’alternance en passages doux et d’autres plus écorchés, une façon musicale de faire surgir la rage contenue au tréfonds de soi, un peu comme si Sabrina Teitelbaum nous invitait à nous méfier de l’eau qui dort.

Cette caractéristique de la musique de Blondshell se cristallise sur la chanson qui referme L’album en apothéose : Fur Elise raconte la complexité de grandir sans savoir exactement comment. La chanson s’articule autour d’une métaphore centrale : remonter l’allée au son du simple morceau de piano classique Fur Elise (la célèbre Lettre à Elise de Beethoven), tout en sachant parfaitement que personne ne se marierait réellement sur cette musique.

Lucky et Fur Elise sont mes deux morceaux préférés de l’album, et ce n’est peut-être pas un hasard si on considère leur proximité harmonique, notamment dans les couplets.

Si vous aussi vous appréciez ces chansons et souhaitez les entendre sur scène, Blondshell sera en concert à Paris le 10 décembre à la Gaîté Lyrique.

© Jean-François Convert – Octobre 2026

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