Il y a 35 ans, Dinosaur Jr. sortait ‘Green Mind’

Le 19 février 1991 arrivait dans les bacs ce quatrième album studio du groupe américain Dinosaur Jr. Un style musical qui ne m’était pas familier et que je découvrais à la fac.

En 1991 j’étais à fond dans le blues-rock, le classic-rock, les références pop-rock… je dois avouer que le grunge et le rock dit « alternatif » me laissaient assez indifférent. Mais c’était sans compter sur l’insistance d’un camarade de fac qui tenait à me faire écouter cet album Green Mind fraichement sorti. De plus, en lisant une interview du leader Jay Mascis, j’apprends qu’il se réclame de Neil Young. Une raison de plus pour y jeter une oreille. Forcément c’est l’influence du Neil Young électrique et saturé, pas du Neil Young folk et mélodique. Mais ça me plait bien aussi. Un son crade, des solos écorchés pas techniques du tout et parfois pas très justes, mais c’est justement l’effet recherché : une attitude punk hardcore revendiquée en même temps qu’un attrait pour les solos de guitare, même si Mascis admet que « les solos trop longs ça emmerde les filles ! »

Je me souviens également que dans cette interview, Mascis affichait délibérément une philosophie du glandeur type : le cliché de l’ado ou post-ado tel qu’on se l’imagine, affalé dans son canapé toute la journée à jouer à la console. C’est vraiment l’image qu’il souhaitait renvoyer lors de la promo de cet album, qui pouvait d’ailleurs être considéré presque comme un opus solo, vu qu’il y joue sur la plupart des titres les parties de basse et de batterie en plus de celles de guitare et du chant. On note quand même quelques musiciens additionnels sur certains morceaux, notamment le single The Wagon qui ouvre le disque.

Un démarrage en trombe qui laisse ensuite place à des rythmes plus modérés, souvent syncopés légèrement funky qui font parfois penser à du Red Hot Chili Peppers (Puke and Cry, Blowing It / I Live for That Look, Water, Muck). Mais on passe aussi par des ambiances acoustiques (Flying Cloud) ou au contraire résolument punk (How’d You Pin That One on Me). Le morceau-titre clôture l’album de belle manière par une mélodie accrocheuse et un riff entêtant, mais la chanson qui m’a d’abord instantanément plu est Thumb : une intro au mellotron (!), un tempo lent, et un long solo de guitare en guise d’outro.

Même si ce n’est pas le style musical que j’écoute le plus souvent, j’aime bien cette énergie un brin désinvolte, ce son fuzzy en diable et ces chansons qui conservent malgré tout un aspect mélodique au milieu des guitares saturées. Un album que je réécoute de temps en temps avec plaisir et qui sortait il y a tout juste 35 ans aujourd’hui.

© Jean-François Convert – Février 2026

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